Accusé sous la Dangerous Drugs Act pour l’importation de 360,2 grammes d’héroïne, le passeur malgache Loharanovelona Randrianambininy a été condamné à 25 ans de servitude pénale devant la cour d’assises, où il a plaidé coupable.
Loharanovelona Randrianambininy a plaidé coupable devant la cour d’assises pour avoir le 19 septembre 2008 importé à Maurice 360,2 grammes d’héroïne contenus dans quarante-cinq boulettes qu’il avait ingurgitées. Il a été jugé coupable sous les  articles 30 (1) (b) (ii), 41 (3), 41 (4), 45 (1), 47 (2) et 47 (5) (a) de la Dangerous Drugs Act (DDA). Il était défendu par Me Nawshad Malleck.
Selon la preuve de la poursuite représentée par les State Counsels Mes Shakeel Bhoyroo et Noël Antoine Thomasoo, le prévenu est arrivé à Maurice par un vol de Madagascar. Les limiers de l’Anti Drug and Smuggling Unit (Adsu) avaient déjà recueilli des informations indiquant que l’accusé était en possession de drogue.
Les officiers de la brigade des stups ont fouillé Loharanovelona Randrianambininy mais rien d’incriminant avait été trouvé sur lui. Il a ensuite été accompagné par la police à son hôtel où les limiers ont passé à la loupe ses vêtements. Les enquêteurs ont mis la main sur une carte SIM dissimulée dans une paire de jeans.
Loharanovelona Randrianambininy a été placé en garde à vue et interrogé sur cette puce électronique. Le Malgache, qui a une connaissance rudimentaire du français, a expliqué à la police qu’il avait avalé des boulettes de drogue et que la carte SIM devait être utilisée pour appeler un certain James, celui qui lui aurait fait avaler les 45 boulettes. L’accusé a régurgité une partie des boulettes à l’hôtel et a dû être transporté à l’hôpital Nehru pour lui faire rejeter le reste. La police a soutenu que le prévenu n’a pas coopéré.
Interrogé à l’aéroport, il a nié avoir de la drogue dans son corps. L’accusé, qui a reçu l’autorisation de téléphoner à son contact, a déclaré qu’il avait déjà purgé 21 pastilles, alors qu’en fait il n’en avait régurgité aucune. La police pense que cette « misinformation to the contact given by the accused must have helped to prevent the success of the controlled delivery ».
Le controlled delivery exercise n’a pu aboutir parce que le contact avait téléphoné au prévenu (alors que celui-ci était à l’hôpital), l’informant qu’il savait que la police l’avait intercepté.
Dans sa déclaration à la police, l’accusé a expliqué qu’il était à Tamatave et travaillait comme cuisinier sur un bateau de pêche depuis 1994. Il a rencontré un certain James en 2008, qui lui a dit qu’il avait du travail pour lui. James l’a alors dit qu’il serait envoyé à Maurice pour la livraison d’un colis. Loharanovelona Randrianambininy aurait obtenu USD 900 pour son voyage et aurait dû recevoir USD 2 500 à la livraison. Aux enquêteurs, il a affirmé qu’il ne voulait pas le faire mais James aurait menacé de le tuer s’il n’exécutait pas ses ordres.
Les conclusions du rapport du Forensic Science Laboratory ont révélé que la drogue est d’une pureté de 30 %. Sa valeur marchande est évaluée à Rs 3,6 millions. L’Acting Senior Puisne Judge Saheeda Peeroo a soutenu que  la DDA prévoit maintenant une peine de 60 ans de réclusion criminelle pour le délit mais que celui-ci a été commis antérieurement à l’amendement. Elle a condamné Loharanovelona Randrianambininy à 25 ans de servitude pénale.