ASSISES—SAISIE DE RS 4 M DE DROGUES: Gimenez et un homme d'affaires écopent de 10 et 28 ans de prison

Reconnus coupables de possession et de trafic de drogue, le ressortissant français Fréderick Philippe Fernandez Gimenez et son complice, l'homme d'affaires mauricien Walter Wang Teh, ont été condamnés hier à 10 et 28 ans de prison par la cour d'Assises. Le juge Benjamin Marie-Joseph, qui a présidé le procès, est revenu sur l'ampleur que prend le trafic de drogue à Maurice ainsi que le besoin de « punition sévère ».
L'homme d'affaires mauricien avait pour sa part plaidé non coupable. Au contraire de Fréderick Philippe Fernandez Gimenez, un coiffeur français ayant élu domicile à Madagascar, qui avait, lui, plaidé coupable d'importation de drogue. À noter que les avocats avaient fait leur plaidoirie le 26 septembre dernier.
Les faits remontent au 12 février 2013. Des douaniers de l’aéroport SSR ainsi que des membres de l’ADSU avaient alors interpellé Fréderick Fernandez en provenance de Madagascar avec 278 g d’héroïne, 4,7 g de cocaïne et une tablette de Subutex, le tout représentant une valeur marchande de Rs 4 251 000. Questionné par des officiers de l’ADSU, le Français avait indiqué être venu à Maurice sous les instructions d’un Malgache du nom de Ayed Abdou avant de préciser que son contact local avait pour nom « Jet ».
L’ADSU avait alors mis sur pied une opération de surveillance afin d’interpeller ledit contact lors de la livraison. La transaction s’était déroulée à l’hôtel Voila, à Bagatelle. Le passeur français, qui avait déjà une chambre réservée, aurait ainsi attendu que son contact mauricien arrive, l'exercice se déroulant sous la supervision de la police. Ce n’est que le lendemain matin qu'une femme de chambre avait remis une enveloppe au passeur, laquelle contenait une somme d’argent et une note qui lui était adressée. Et c'est ainsi qu'en visionnant les images des caméras de surveillance de l’hôtel, les policiers ont réussi à intercepter l’homme d’affaires tentant de glisser un colis sous la porte de la chambre du passeur français. Arrêté, Walter Wang Teh a admis avoir importé de la drogue car ayant « des difficultés financières ».
Le ressortissant français a plaidé coupable de deux charges d'importation de drogue alors que Walter Wang Teh a, lui, plaidé non coupable de trafic de drogue. Il lui est reproché d'avoir commandité l'importation de drogue par l'intermédiaire du ressortissant français. Fréderick Philippe Fernandez Gimenez a, lui, soutenu, dans ses dépositions à l’ADSU, qu’il n’a été qu'un « pion qui a été manipulé » car on lui aurait fait croire « qu’on allait l’embaucher dans un salon de coiffure dans un hôtel 5 étoiles à Maurice ».
Dans son jugement, le juge Benjamin Marie-Joseph devait confirmer les accusations portées contre les deux accusés, soutenant que Walter Wang Teh avait usé d'un « subterfuge » afin de tenter de dissimuler le fait qu'il importait de la drogue à Maurice. Le juge a reconnu qu'il a « utilisé » le ressortissant français et qu'il avait tout organisé « avec précaution » pour ne pas éveiller les soupçons. Le Français était représenté par Me Ali Hajee Abdoula et Walter Wang Teh par Me Samad Golamaully.



FREEZING ORDER SUR SON ARGENT: La motion de Dawood Rawat débattue
L’ancien patron du groupe BAI avait fait une demande pour un variation order du freezing order sur ses biens. L’affaire a été appelée en chambre devant la juge Gaytree Jugessur-Manna. Dawood Rawat demande l’accès à son argent pour faire appel d’une décision de l’Assessment Review Committee (ARC). Pour rappel, les comptes bancaires de Dawood Rawat avaient été bloqués le samedi 18 avril 2015, à la suite d’un ordre du juge siégeant en chambre.
Pendant ce temps, la State Bank of Mauritius (SBM) a déposé une action contre la FIU, affirmant qu’elle a la priorité pour récupérer son argent, avancé plus tôt à Dawood Rawat. La SBM a réclamé dans une plainte la somme de Rs 94,6 millions de l’ancien chef du groupe BAI, montant représentant des facilités bancaires accordées à Dawood Rawat. La plainte a été déposée auprès de la division commerciale de la Cour suprême. L’avoué de Dawood Rawat, Me Ayesha Jeewa, a objecté et demandé que la requête de Dawood Rawat contre la FIU et la SBM soit entendue simultanément comme une seule et même affaire. Les deux motions seront débattues le 13 octobre 2017. La SBM est représentée par Me Robin Mardemootoo. La FIU est représentée par Me Jean-Christophe Ohsan-Bellepeau.

STOP ORDER: Les explications de l’hôtel St-Géran attendues
La contestation menée par une quinzaine d’habitants et de pêcheurs de la région de Poste-de-Flacq, et assistés par le porte-parole du Forum Citoyens Libres, George Ah Yan, pour s’opposer au dragage pour la construction d’un pont sera appelée ce lundi devant le juge Asraf Caunhye. Mardi dernier, le juge en référé avait ordonné l’arrêt temporaire des travaux en attendant que les parties concernées viennent s’expliquer en Cour. Les explications du One and Only Le Saint-Géran Hotel sont attendues pour démontrer pourquoi l’ordre intérimaire ne doit pas être transformé en ordre interlocutoire. Outre l’établissement hôtelier One and Only Le Saint-Géran, les ministères de l’Environnement, de l’Économie océanique, des Terres ainsi que le Conseil de district de Flacq ont été assignés comme co-défendeurs face à cette action juridique. Les pêcheurs de la région de Poste-de-Flacq affirment dans la foulée que l’hôtel aurait « illégalement » autorisé « a Caterpillar to proceed onto Ilot Banane » en utilisant des sacs de sable comme pont pour y arriver, et ce « en présence de membres de la force policière ».

RECLAMATIONS: La plainte de New Mauritius Hotels devant le Chef Juge
La réclamation de Rs 200 millions de dommages logée par la New Mauritius Hotels contre le Special Investigator de la FSC Kriti Udaysingh Taukoordass sera appelée le 9 octobre devant le chef juge. La compagnie hôtelière réclame Rs 200 millions à l’expert-comptable pour préjudices subis après un rapport qu’il a publié sur l’acquisition de ses actions par trois compagnies privées. A noter que Kriti Udaysingh Taukoordass fait aussi face à une réclamation conjointe de Rs 500 millions de dommages d’ENL Land Ltd et de Rogers and Company Ltd. Les groupes ENL Land et Rogers ont engagé une contre-offensive avec des réclamations de Rs 500 millions, soit Rs 250 millions chacun, contre le Special Investigator de la Financial Services Commission (FSC), Kriti Taukoordass. Ces deux conglomérats, au centre de cette controverse, estiment en effet avoir subi de graves préjudices en raison de la manière dont l’enquête spéciale sur l’augmentation de leur participation dans New Mauritius Hotels (NMH) a été menée.

CHÈQUE SANS PROVISION: Marjorie Bazerque devra se trouver un autre avocat
Le nouveau procès intenté à Marjorie Bazerque pour chèque sans provision sera appelé ce lundi en Cour intermédiaire. A l’appel de l’affaire la dernière fois, les avocats Mes Yatin Varma et Sidharta Hawoldar avaient signifié leur intention de se retirer de l’affaire. Marjorie Bazerque devra se trouver un autre homme de loi. Elle est en effet poursuivie sous 12 charges pour avoir émis, à plusieurs reprises, des chèques en bois à différentes personnes. Les chèques émis, totalisant une somme de Rs 7 millions, n’ont en effet pas été honorés et ont été renvoyés. Raison pour laquelle les plaignants ont porté plainte contre Marjorie Bazerque. Elle plaide non coupable.