L’Insurance Institute of Mauritius (IIM), corps regroupant des professionnels de l’assurance à Maurice, a fait un plaidoyer en faveur de l’éthique et de l’intégrité au sein de la profession à l’occasion de sa 22e assemblée générale annuelle, tenue hier à l’hôtel Le Labourdonnais. Le président sortant de l’IIM, Jean-Yves Violette, faisant allusion aux séquelles de l’affaire BAI, a déclaré que toute l’industrie est concernée, d’où son appel pour que les professionnels fassent preuve de rigueur et se conforment aux règlements au niveau des opérations journalières de leurs entreprises et surtout en matière de reporting et d’audit.
Devant un parterre composé du directeur par intérim de la Financial Services Commission (FSC), le régulateur du secteur des services financiers non bancaires, du président en exercice de l’Insurers Association, de directeurs de sociétés d’assurance, de réassurance et de courtiers d’assurance, entre autres, Jean-Yves Violette n’a pas manqué de faire état des turbulences traversées par l’industrie de l’assurance à Maurice l’année dernière. Sans mentionner spécifiquement le nom du groupe BAI, le président sortant de l’IIM a souligné que plusieurs membres de l’Institut travaillant pour le groupe en question ont été affectés par les événements survenus depuis l’éclatement de l’affaire. Tout en réitérant le soutien de l’IIM et de son conseil de direction aux membres concernés et tout en prenant note des moments difficiles que ces derniers ont eus à subir, Jean-Yves Violette a observé que toute l’industrie de l’assurance est concernée par l’affaire BAI.
Pour l’intervenant, la préoccupation majeure demeure la conformité aux lois et règlements et cela implique de la rigueur en matière de reporting des informations, d’audit des comptes et un professionnalisme très pointu dans les opérations quotidiennes de toute société d’assurance ou de réassurance. « Cela nous préoccupe individuellement et collectivement », a déclaré le président sortant de l’IIM qui, dans la foulée, a lancé un appel au professionnalisme et à l’éthique.
Jean-Yves Violette a fait état des initiatives de l’IIM pour rehausser le niveau des compétences et le développement des aptitudes des professionnels de l’industrie, notamment à travers les examens menés sous la supervision du Chartered Insurance Institute de l’Angleterre. Fondé en 1994 suite à un besoin ressenti par les professionnels en assurance d’avoir une instance pour regrouper les personnes travaillant dans le secteur, l’IIM a pour objectif majeur le relèvement du niveau professionnel dans la pratique de l’assurance à travers la formation et le partage de connaissances techniques. L’IIM est ainsi enregistré auprès de la Mauritius Qualifications Authority en tant qu’instance de formation de par ses activités dans l’organisation de cours techniques en assurance. Il est responsable de l’organisation et la tenue des examens professionnels en assurance de cette prestigieuse institution.
Jean-Yves Violette est revenu sur les activités de formation organisées dans le courant de l’année 2015-2016 et de la contribution de l’IIM aux comités d’études de la FSC dans le cadre de l’élaboration des textes de loi et règlements touchant le secteur de l’assurance et des pensions à Maurice. Ce fait a, d’ailleurs, été reconnu par le directeur par intérim de la FSC, P. K. Kuriachen, qui a salué le rôle joué par l’IIM dans la promotion des compétences chez les professionnels du secteur de l’assurance. P. K. Kuriachen a parlé de la contribution de l’IIM à la préparation des normes de compétence pour le secteur ainsi que dans la préparation du texte de loi sur l’assurance captive, qui est entré en vigueur il y a quelques mois. Il a annoncé que les règlements concernant l’assurance captive sont plus ou moins prêts et pourraient être promulgués le mois prochain.
L’industrie de l’assurance et des pensions enregistre une croissance annuelle de l’ordre de 5 % est continue de croître à un rythme satisfaisant, a indiqué le directeur par intérim de la FSC, qui a réitéré l’objectif de l’autorité régulatrice de soutenir la création plus d’activités de substance dans le secteur des services financiers non bancaires. Maurice, dit-il, compte plusieurs sociétés de grande taille dans le secteur de l’assurance aussi bien que dans la réassurance. D’autres groupes étrangers, notamment d’Europe, veulent s’y implanter.