ASTRID DALAIS : « La culture est aussi vitale que la santé, c'est la santé de l'esprit ! »

Astrid Dalais prépare actuellement avec Guillaume Jauffret Porlwi by Nature, la troisième édition de ce rendez-vous des arts qui draine chaque année des dizaines de milliers de personnes sur la capitale. Elle revient ici sur cet événement, ce que nous enseigne son succès populaire, et plus généralement sur ce qui pourrait contribuer à faire des arts et de la culture un nouveau pilier économique et un ferment de développement pour le pays.

Comment définiriez-vous la fonction de l'art et de la culture dans le développement de la société  ?
L'art comme la culture en général est vital dans le développement humain parce qu'ils nous aident à réfléchir, à ressentir, à aller au-delà des choses figées et nous aident à créer. L'être humain ne peut pas vivre dans des schémas tout établis. On a besoin d'aller au-delà pour répondre à l'évolution de la vie et de l'histoire et pour ça, il faut être ouvert. L'art et la culture aident beaucoup à l'ouverture d'esprit. La culture est aussi vitale que la santé, c'est la santé de l'esprit  ! Plus les gens apprennent de leur histoire, plus ils réfléchissent à leurs traditions, plus ils peuvent être ouverts aux autres, aux créations, plus le pays va s'enrichir de contenu. Il y a tellement de génie dans l'homme en général, que quand on l'encourage à s'exprimer, il vient illustrer un moment de notre histoire dans ses créations, il exprime aussi son potentiel et, ce faisant, des talents se révèlent et font rayonner le pays à l'étranger.
La culture est aussi vitale que le sport, car ce sont les athlètes et les artistes qui font rayonner les pays à l'étranger. Je pense par exemple à des gens comme l'archéologue Krish Seetah qui nous emmène très loin dans ses réflexions scientifiques, des écrivains comme Shenaz Patel, Ananda Devi, ou encore à Salim Currimjee dans le domaine artistique. En musique, je pense à Triton ou encore pour la pensée et la peinture à Malcolm de Chazal. La liste est longue  ! On a aussi aujourd'hui une génération de jeunes danseurs dans de grands ballets. L'art et la culture permettent de valoriser les savoirs, ça amène de la vie, de la passion et de l'émotion dans le quotidien. Quelle que soit notre situation sociale, on a besoin d'émotion et celle-ci peut être ressentie par tous.

Quand l'art est accessible… ce qui n'est pas toujours le cas.
C'est l'objectif de Porlwi by Light, mais on a encore du chemin à faire. Nous menons un gros travail pour que, quel que soit le background culturel de la personne, elle puisse comprendre ce qu'elle voit. Ces deux dernières années, le festival a accueilli toutes sortes de publics, dont beaucoup n'ont jamais été confrontés à l'art vivant, à des sculptures, des tableaux ou des réflexions artistiques. Mais tous s'arrêtaient et se posaient des questions devant les œuvres. Plus on comprend la démarche de l'artiste, plus on apprécie l'œuvre. Deux collaborateurs sont chargés de la médiation culturelle, pour accompagner l'enfant, l'adulte, l'amateur, en diffusant des explications sur les démarches artistiques avant le festival, à travers les réseaux sociaux par exemple, puis sur les cartels placés à côté des œuvres. Après le festival, cela consiste à mettre les artistes en valeur.

Ce festival demande un long travail de création et de mise en œuvre aux artistes, et en trois jours, c'est fini. C'est dur pour les plasticiens qui doivent tout remballer…
Oui, mais même si ce festival est court, il attire énormément de monde. Par exemple, en temps ordinaire, une exposition dans Port-Louis accueillera peut-être 100 à 150 visiteurs par jour, alors qu'en trois jours de Porlwi by Light, 61 000 personnes ont visité l'exposition sur les savoir-faire, au Grenier l'année dernière  ! Quels que soient leur éducation, leur âge, etc, les gens s'arrêtent devant l'installation de Florence Drachsler qui, avec ses brosses cocos, évoque des souvenirs à tout le monde, pour ne prendre que cet exemple. Cette année, on passe de trois à cinq jours pour permettre à encore plus de gens de venir.
J'aime bien les pays nordiques, où la culture intervient de manière transversale dans tous les départements, l'éducation, la jeunesse, l'économie, etc, avec de vraies interactions entre les ministères. D'après ce que je comprends, le ministère de l'Éducation mauricien affiche la volonté d'avoir une approche plus holistique et de ramener l'art dans les écoles. Si dès l'école, on pouvait en effet apprendre l'histoire, les enjeux du patrimoine, réfléchir aux mêmes processus artistiques que les artistes, cela ouvrirait beaucoup de portes, parce que l'art permet aussi d'aborder tous les sujets.

Comme Porlwi est financé à majorité par le secteur privé, comment faites-vous pour que l'expression artistique ne soit pas assujettie aux fins publicitaires ou promotionnelles  ?
C'est un risque, tout à fait. Déjà, convaincre les partenaires privés ou publics de cet événement a été un long processus, et Porlwi n'aurait pas vu le jour sans eux. Dès le départ, il est très important quand nous approchons un partenaire de lui expliquer les valeurs du festival, comme l'indépendance dans la création. Le partenaire soutient un sujet qui lui tient à cœur, mais il n'intervient à aucun moment dans la création. Le comité artistique qui choisit les créations est différent et séparé du comité en charge des partenaires.

Mais après, comment les partenaires associent-ils leur publicité à la création  ?
La frontière est fine. Le responsable des partenariats doit toujours s'assurer que l'image du sponsor (j'aimerais dire mécène, mais nous n'en sommes pas là), ne vienne pas obstruer la création. On a des contrats qui nous lient à nos partenaires, qui spécifient clairement quels sont les usages possibles et impossibles par rapport au respect des droits d'auteurs par exemple. Tout s'est généralement très bien passé. On a eu un seul débordement. Le festival encourage l'artiste à présenter de nouvelles pistes de création, l'œuvre lui appartient toujours après, et il est libre de l'utiliser autant qu'il veut, comme il veut, et bien sûr, il peut la vendre. Installations éphémères mises à part, les œuvres présentées ne meurent pas.

Porlwi by Light met en valeur et, même, transforme la capitale pendant quelques jours. Qu'en reste-t-il ensuite dans le quotidien de la ville  ? Quel impact cela a-t-il  ?
Aujourd'hui, l'impact du festival est bien plus important que ce qu'on imaginait. Il est culturel en premier lieu, parce que des emplois sont créés qui permettent à des métiers du secteur ou des artistes de travailler toute une partie de l'année. Le processus de création de l'artiste dure de deux à huit mois selon les œuvres. Des emplois ont été créés dans de nouveaux métiers tels le design lumière, l'ingénierie du son, l'ingénierie artistique en général, des métiers de freelance dans la production, l'accompagnement de projets… Nous avons listé au total 60 compétences dans le collectif de Porlwi  ! Nous croyons fermement que le secteur culturel peut devenir un pilier économique à Maurice, et nous voulons encourager de nouvelles initiatives, la formation, les opportunités d'emploi. L'impact est aussi social, car l'émotion et ce qu'on y découvre restent dans les esprits. Il est également touristique car au moment du festival, des places d'avions sont ajoutées sur les vols réguliers. Il attire des touristes de la région et amène de la notoriété auprès des touristes à l'international. Cela apporte du contenu à la destination Maurice autre que le traditionnel concept plages/cocotiers grâce à ses lieux revisités, au dynamisme créatif, à la jeunesse qui s'exprime, etc.

Vous avez lancé un appel à candidatures sur des projets durables pour Porlwi by Nature…
Porlwi vise le long terme. On estime avoir réussi un grand challenge déjà en réalisant ce festival, en faisant collaborer le public et le privé, en ayant créé une plate-forme pour les artistes locaux, en encourageant l'échange culturel entre artistes d'ici et de l'étranger. On veut aussi permettre le transfert de compétences à travers le Port-Louis Lab, à travers les conférences qu'on organise et par la professionnalisation des métiers. Pour la troisième édition, l'appel à participation pour des projets artistiques durables a déjà récolté un très bon taux de réponse avec de beaux projets, développés, réfléchis, plus élaborés que les années précédentes, dont beaucoup viennent de la région et de l'étranger. Notre jury est en train de les étudier, l'objectif étant de montrer comment la ville pourrait être à l'avenir. Mais le développement culturel de la ville passe aussi par beaucoup d'autres acteurs, par les initiatives citoyennes par exemple. Le festival ne peut être responsable de toutes les activités pendant toute l'année…
Dans la ville, concrètement, nous avons laissé 23 murs qui agrémentent le quotidien des habitants et de ceux qui y travaillent. On a aussi cinq portraits durables, associés à des noms de célébrités historiques que portent certaines rues. L'artiste Corinne Dalle, qui porte ce projet, a fait les portraits d'Édith Cavell et de Sookdeo Bissoondoyal par exemple. Le festival a beaucoup contribué à cet esprit de régénération qu'on voit aujourd'hui. Et puis, entre chaque événement, nous poursuivons la réflexion avec les acteurs de la capitale pour qu'ils intègrent une partie culturelle à leurs projets immobiliers. Par exemple, nous avons offert notre expertise pour le développement du Waterfront, à propos des œuvres et espaces artistiques qui pourraient s'y trouver.
Nous pensons aussi ailleurs à un ancien hangar qui pourrait proposer des expositions. Nous travaillons avec toutes les institutions privées ou publiques dans l'idée de pousser la culture, notamment avec la municipalité, pour le théâtre de Port-Louis. On n'a pas le droit de laisser disparaître ce joyau de la vie culturelle et de l'architecture. Avec un vrai projet de développement pour le théâtre, les fonds ne seraient pas un problème. S'il y avait une politique culturelle pour la ville, et pour le pays bien sûr (sourire), ce théâtre s'y inscrirait obligatoirement.

Y verriez-vous un musée de la musique comme René Le Clézio, le promoteur du futur « Art centre » du Caudan  ?
Surtout pas ! De toute façon, dans une ville de l'importance de Port-Louis, il est évident qu'il y a de la place pour deux salles de théâtre avec des programmations complémentaires…

En quoi le patrimoine matériel et naturel d'une ville est-il indissociable de son développement  ? Comment les lieux peuvent-ils devenir des moteurs de créativité et l'innovation culturelle  ?
J'ai beaucoup apprécié le rapport des spécialistes de l'Unesco pour l'Aapravasi Ghat sur le potentiel économique du patrimoine à Port-Louis. Ils utilisaient une métaphore en disant que si aujourd'hui on regarde une carte postale de Port-Louis, elle se différencie encore des autres villes du monde parce qu'elle a des particularités, et ce sont elles qui font notre identité. Ses citoyens, les mœurs des habitants, leurs habitudes, leurs traditions, le patrimoine matériel, l'urbanisme de la ville y participent. En donnant toute leur place à ces éléments de patrimoine, de nature, à ses citoyens, la ville peut recommencer à vivre dans ses imperfections et ses atouts. Aujourd'hui, si elle est administrée de manière exclusivement politique, judiciaire et administrative, il manque une balance : là où la vie sociale se développe, là où les gens peuvent se rencontrer, où les initiatives individuelles naissent. Tellement de choses pourraient être mises en valeur à Port-Louis, ne serait-ce que les vieux métiers, les savoir-faire ancestraux, ceux qui travaillent le bois, la pierre, les ferblantiers. Tous ces lieux de patrimoine qui existent encore pourraient abriter des projets créatifs qui apporteraient de la valeur aux lieux, aux quartiers, à la ville, à l'humain  ! Il faut des lieux où les jeunes se rencontrent, des lieux pour la connaissance et les loisirs, qui les éloigneraient des tentations malsaines. Ces lieux leur permettraient de développer leurs propres compétences, plutôt que de traîner et prendre de la drogue. Des lieux dédiés à la culture et à l'expression artistique sont indispensables pour ramener de la vie dans la ville. On ne peut pas limiter son quotidien aux malls  !
Pour moi, les priorités vont au Théâtre de Port-Louis, le plus vieux théâtre à l'italienne de l'hémisphère Sud, au Grenier, qui serait fabuleux comme temple de l'art contemporain, et à toutes ces vieilles maisons en bois notamment qu'il faut absolument préserver, car si elles disparaissent, la ville n'aura plus d'identité. On a envie de voir de la vie dans la ville en dehors des heures de bureau  ! Dans le temps, les Portlouisiens se voyaient dans la rue le soir. Les problèmes de sécurité pourraient sans problème être éradiqués si on amenait des activités dans les quartiers. Nous organisons actuellement dans dix écoles port-louisiennes des ateliers de “street art”, de “street music” ou encore de “street performance”. Les enfants sont très intéressés et je suis certaine qu'il existe parmi eux des artistes en herbe qui vont se révéler. Nous organisons aussi des fêtes des voisins et au cours de l'une d'entre elles, le mime Jamel Colin a découvert un jeune tellement excellent qu'il l'a formé et amené à la dernière édition du festival. Nous organiserons aussi cette année des sessions de travail avec les enseignants pour qu'ils découvrent le processus de création chez l'artiste. Il va aussi y avoir, de septembre 2017 à mai 2018,  des conférences et des ateliers pour le grand public sur l'art et la culture, sur la nature et la ville.

Vous avez relevé à plusieurs reprises, dans les médias, une évolution positive de la qualité de la créativité artistique à Maurice. À quoi la reconnaissez-vous  ?
Il y a une sorte d'ébullition créative dont on m'a dit qu'elle avait existé puis s'était arrêtée… Je constate qu'il existe de plus en plus d'entrepreneurs culturels et que la programmation tout au long de l'année est plus riche. Il y a de plus en plus de festivals, tels la Kaz'out ou Île Courts. On voit davantage d'expositions grâce à Imaaya, The Third dot, Wall'art, l'IFM, et puis des espaces s'ouvrent aux initiatives artistiques. Je crois qu'il y a aussi un plus grand accès à la formation. Il existe aussi plus de volonté de la part des entreprises à financer la culture. Avant, elles faisaient essentiellement du sponsoring sportif, mais maintenant elles dégagent aussi des budgets pour cela. Il existe plus d'associations qui militent et mènent des actions culturelles aussi.

Qu'en est-il de l'encadrement professionnel et des infrastructures  ? Qu'est-ce qui manque pour favoriser cette créativité  ?
Il y a encore beaucoup à faire. Déjà, premièrement, en établissant une politique culturelle pour laquelle on réunirait tous les acteurs du secteur afin qu'enfin tous les métiers de la culture soient reconnus. Il faut réformer tout le système afin qu'il réponde mieux aux pratiques culturelles actuelles et aux besoins des créateurs. Pour cela, il faut se concerter et travailler de manière collaborative. Sans entrer dans les subventions liées au CSR, on pourrait encourager la création à travers des déductions fiscales. J'aime beaucoup cette idée de consacrer un pourcentage de l'investissement immobilier à la culture. Il faudrait donner une place à la culture dans les projets pour que la jeunesse s'exprime. Pour le patrimoine, il faut un organisme plus puissant pour empêcher que le peu de bâtiments qui reste disparaisse, et pour vraiment valoriser leur potentiel. Il est vital aussi de mettre en place un programme de formation professionnelle et semi-professionnelle pour les arts. Il faut allouer des lieux à cela, qui pourraient être par exemple d'anciennes usines reconverties, qui engendreraient cette nouvelle économie. Les secteurs publics et privés doivent s'unir pour cela.

Justement, comment avez-vous réussi à faire travailler ensemble les secteurs privé et public  ? De tels partenariats ont souvent du mal à exister dans le domaine culturel, comme le montre l'échec du Théâtre de Port-Louis…
Il faut les mobiliser sur des projets fédérateurs et collaboratifs, qui bénéficient à tout un quartier, toute une ville. Nous avons mis deux ans à concevoir Porlwi by Light. Nous avons fait un travail de fond pendant cinq ans et demi sur le potentiel de la culture, pour éduquer les publics auxquels on a affaire. Le fait que ce soit un projet fédérateur, qui porte des valeurs positives, a permis de réussir à les convaincre.

Sur le lieu le plus stratégique du pays aussi…
Et qu'on n'a pas envie de laisser comme ça. C'est un lieu phare qu'on a envie de voir évoluer dans ses projets d'urbanisme. On veut voir la ville s'épanouir, attirer de plus en plus de jeunes. On gagnerait certainement à développer plus de synergies entre le public et le privé. Chacun a ses politiques et si on arrivait à une politique commune, on irait plus loin. Il faudrait réunir certains acteurs du secteur privé, du public et du culturel, pour mener une vraie réflexion de fond. Dans le cadre du festival, ces acteurs du privé et du public se rencontrent dans des réunions et quand les projets arrivent à se mettre en place, cela porte ses fruits. Il y a beaucoup de potentiel créatif à Maurice et cette politique commune permettrait de le mettre en valeur et l'aider à se développer.
Plus de 50% des festivaliers de Porlwi ont entre 18 et 35 ans. Cet événement attire beaucoup de jeunes et montre qu'il existe un grand besoin de loisirs et d'activités culturelles. Ce festival invite à une grande cohésion sociale en réunissant des gens de tous les âges, de toutes les communautés, sur des valeurs communes. À ce moment-là, on est tous vraiment ensemble, on partage les mêmes émotions au même instant. Ce partage aide vraiment à ressentir la fierté d'être Mauricien. La magie de l'art réside dans l'émotion qu'il provoque et la cohésion qu'il apporte. Maurice a toujours été une terre d'accueil dans le passé, dans l'histoire. Aujourd'hui, nous sommes un mélange de peuples, de croyances, de traditions, et cette ouverture que nous avons eue dans le passé, nous devons continuer à l'avoir. Les échanges culturels permettent notamment de s'enrichir en apprenant des autres, en découvrant de nouvelles techniques. L'histoire, le passé, le patrimoine dispensent des connaissances sur lesquelles on devrait s'appuyer pour les projets urbains. On n'a pas le droit par exemple aujourd'hui de dire qu'on ne sait pas comment et pourquoi ces maisons et bâtiments anciens ont été construits de cette manière.

Quelle est la place de la région dans le festival et comment pourrait-elle accentuer le développement culturel  ?
Plusieurs artistes et participants viennent de la région. Cette année, on a un accord avec la Cité des Arts à La Réunion, à Saint-Denis, qui montrera deux ou trois œuvres de Porlwi, le 9 décembre, lors de son événement intitulé Cité by Night. C'est fondamental de voir Maurice comme une île ouverte sur le monde  ! Toutes ces îles de la région pourraient être des endroits d'où on pourrait apprendre des mœurs, de l'histoire, des richesses intellectuelles…
Nous avons certainement une identité commune, nous pouvons aussi apprendre des erreurs des uns et des autres. Le conservateur du musée Léon Dierx de La Réunion, Bernard Leveneur, me disait qu'en détruisant le patrimoine mauricien, c'est en fait le patrimoine de l'océan Indien qu'on détruit parce que l'architecture réunionnaise s'est beaucoup inspirée de l'architecture mauricienne  ! L'échange avec la région favorise le transfert et l'échange de compétences et permet à l'artiste de s'exporter. Des organismes comme l'IFM, l'Union européenne, le FRAC (Fonds régional d'art contemporain) et la Cité des Arts à La Réunion poussent à ça. Ces échanges amènent une grande vitalité. Les Réunionnais sont très forts dans la formation et dans l'accompagnement de créations. Nous aurions beaucoup à apprendre sur ces plans. Malgré le peu de moyens disponibles, nous avons énormément de créations et une envie extraordinaire qu'il importe d'encourager.

Commentaires

'Culture is a word for people's 'way of life', meaning the way groups do things. Different groups of people may have different cultures' .source: Wikipedia.

My opinion: Port Louis 4 fun

I would have imagined, a capital city: with different painted building colors, different areas promoting the cultural aspects of the 4 corners of the world ( asian, african, european, arabic), as we initially came from different parts of the globe, to live in

Arts & nature, would share a mere, slice of the cake, as an overall cultural scope

Street lives ( or areas dedicated to asian, african, culture promotion etc), with plans like pedestrians walks, street shows, gastromonic food, music, fashion, traditions amongst other factors might render mauritian cultural traits, traditions live and promote a multi-cultural island, or 'islands of Mauritius'.

Thinking inbound, this not only limits us to thinking about private sector funding or investors to a project: as such, MTPA could play a vital role in a project: Today our island host about the same figure of tourists, per the same number of inhabitants on a year count, and we'll definitely migrate to new figures of growth: So tourism & local culture might end up as a mix, again flavoring the melting pot, with little or no differentiation in idea conceptions, along years . . . .

Popping out regular cultural activities all year round, making a capital city Port-Louis that is popular around the world, might open a world of opportunies ahead, bring us more visitors and new ways / ideas, and germ prosperity and enliven the capital with the only Port Louis Harbour . . .

To me, an idea goes first, only then commercial factors are added to it ( profitability, and respective fields) and as such 'culture' in mauritius has many more traits, perspectives, colors, values, traditions that have been achieved collectively since ago by all of us, and that is waiting to get known. Why not put all of the thrills together, in a tray to the open public (local & foreign)?

A healthy idea, will always open a world of opportunities, all together, we share a place, on our melting pot : )

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