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ATHLÉTISME : Le retour de Jonathan Chimier

Loin des projecteurs, Jonathan Chimier a su faire son chemin pour revenir cette année sur le sautoir fraîchement remotivé

Jonathan Chimier est de retour. Dans l’ombre ces deux dernières années, le sauteur mauricien se dit prêt à repartir à l’assaut. Cela ne pouvait pas mieux tomber en cette année olympique. « Je m’en sens capable. Mon objectif est de réaliser les minima pour Londres (B : 8,10 m). Il faut juste être sérieux à l’entraînement et bénéficier d’un bon suivi. Sinon, ce n’est pas aussi difficile que cela. Oui, je crois que c’est dans mes cordes », lâche-t-il avec une motivation retrouvée.
Il faut remonter à fin septembre-début octobre 2009 pour retrouver les traces de sa dernière participation à un événement international. C’était à Beyrouth, lors des Jeux de la Francophonie. Jonathan Chimier y terminait 8e au saut en longueur avec un bond de 7,09 m. Depuis, plus rien de concret. Discret, on l’avait presque oublié. Mais le sauteur poursuivait néanmoins son parcours en participant très rarement à des compétitions. Il était arrivé à la croisée des chemins et il y avait aussi l’incertitude quant à son avenir professionnel.
« J’avais besoin de m’arrêter pour réfléchir. J’avais alors 27-28 ans. La question que je me posais était : est-ce que je poursuis ma carrière où dois-je la mettre en veilleuse pour passer mon Brevet d’Etat ? Car, à l’époque, un froid s’était installé les autorités sportives de Maurice et moi. Nos relations étaient devenues un peu tendues. J’avais demandé de l’aide de mon pays pour mes études mais mon appel était resté sans réponse. C’est pourquoi j’ai arrêté. J’avais cependant fait le bon choix. Seul Vivian Gungaram m’avait conseillé de valider mes diplômes et s’il était possible de continuer à m’entraîner. Ce n’était pas évident, j’avais tous les jours mes cours », raconte Jonathan Chimier.
Mais il obtiendra au bout d’une année seulement et sans l’aide de son pays son diplôme d’entraîneur avec une spécialisation en athlétisme. Et en six mois, il passera du rang d’entraîneur-adjoint à celui de responsable de l’équipe d’animateurs à la mairie de Paris, « parce qu’on me considère comme un entraîneur professionnel », soutient-il.
Ainsi, avec ses diplômes en poche, il peut maintenant respirer. « Je suis doublement heureux car je ne suis plus craintif pour mon avenir. Je peux faire de l’initiation dans tous les sports confondus et être entraîneur d’athlétisme de haut niveau. Mais ce qui est réellement réconfortant, c’est de savoir que quoi qu’il puisse m’arriver maintenant, je sais que j’ai un emploi à plein temps et suis assuré d’un salaire mensuel. Je suis un professionnel, tranquille et serein. Je devais seulement être patient », se rejouit-il.

Nouveau défi
Sa réussite ne tarda pas à le ramener sur le sautoir. Après avoir renoué avec la préparation en septembre dernier, il effectua sa rentrée en salle en novembre avec un bond de 7,03 m. Une entrée qu’il juge satisfaisante, « sans préparation spécifique et après pratiquement une année sans entraînement. » Il lui reste, dit-il, à retrouver ses sensations pour s’améliorer.
Son retour, avoue-t-il, a aussi été motivé par l’intérêt que lui portent les jeunes qu’il entraîne, en particulier le sprinter junior Jimmy Vicaud, vice-champion de France du 100 m en 10”07 et finaliste aux mondiaux sud-coréens de Daegu en septembre dernier. « Il m’a vraiment poussé à revenir et je le remercie. »
À bientôt 30 ans, Chimier se lance donc un nouveau défi. Peut-il à cet âge encore nourrir des ambitions… olympiques ? « Quand je regarde à d’autres athlètes trentenaires qui sont encore sur le circuit mondial, je me dis que j’ai aussi la chance d’être là et que c’est dans la tête. Il faut juste être motivé pour y aller. J’aime l’athlétisme et si je reviens ce n’est pas pour le fun, mais pour m’y mettre à fond sans demi-mesure. »
Avant Londres (du 27 juillet au 12 août), il voudrait aussi se qualifier pour les championnats d’Afrique prévus du 26 juin au 1er juillet au Bénin. « À 7, 80 m, les minima sont encore plus abordables », estime-il. Fin décembre-début janvier, il avait passé 17 jours à Maurice et s’était entraîné avant de rentrer à Paris le 9 janvier. Il devrait revenir à Maurice en avril pour participer au meeting international en compagnie de son coach Franck Zio et deux-trois sauteurs français.
Premier sportif mauricien toutes disciplines confondues à atteindre une finale olympique (Pékin 2008), Chimier est déjà père d’une petite Jade. Marié depuis trois ans à Vasthi, le couple attend son deuxième enfant annoncé pour fin mars-début avril.

Petite correction : Jonathan etait en finale a Athene le 26 Aout 2004 et autant que je m'en souvienne, Stephane etait en finale du 200m le meme jour.
Anyway, manze ar li man...

Good to see you back. You certainly made the right choices to get your family's future sorted. Best of luck in getting the minimas for London.