ATHLÉTISME – APRÈS L'ULTRA RUN : Un partenariat de travail établi 

Le Réunionnais Pascal Rivière souhaite accueillir l'entraînement Bhugeerathee chaque année jusqu'aux Jeux Paralaympiques 

L'expérience des handisportifs Noemi Alphonse et Denovan Rabaye, souffrant d'un handicap physique et intellectuel respectivement, à l'Ultra Run Réunion de septembre dernier, couru entre St Denis et Ste Suzanne, s'est avérée être très enrichissante. Au delà des performances, c'est l'invitation lancée par Pascal Rivière, ancien directeur technique national de basket-ball à Maurice et organisateur de cette course, qui ravi Jean-Marie Bhugeerathee, entraîneur national de la Mentally Handicapped Persons Sports Federation et entraîneur personnel de certains handisportifs souffrant de déficience physique, dont Noemi Alphonse. Pascal Rivière a, en effet, proposé d'aider ces athlètes en vue des Jeux paralympiques qui se dérouleront en 2020 à Tokyo au Japon. Reste que, la question devra maintenant être débattue au niveau de la fédération et du Magic Parasports Club de Quatre Bornes dont sont issus certains athlètes.
Mais d'emblée, on peut dire que Jean-Marie Bhugeerathee ne pouvait s'attendre à une meilleure proposition pour ses retrouvailles avec Pascal Rivière. « Pascal est quelqu'un avec qui nous avons toujours entretenu de très bonnes relations. Il m'a expliqué qu'il était disposé à nous aider et ce, après avoir suivi notre parcours depuis un certain temps. Il a des projets pour nous et je trouve que c'est vraiment très intéressant. Son objectif est de nous aider à être encore plus performant à l'avenir sur le plan international », a-t-il indiqué.
Selon lui, le Réunionnais est disposé à aider Noemi Alphonse, aussi bien que les autres athlètes de son groupe dans le cadre de leur préparation en vue des Jeux paralympiques de 2020 à Tokyo au Japon. « Pascal possède un gymnase aux normes européennes et son projet est de nous faire venir trois, voire quatre mois à La Réunion, tous les ans. C'est une proposition forte intéressante, mais il faudra d'abord qu'on discute au niveau de la direction du club de Magic Parasports de Quatre-Bornes avant de prendre une décision », a-t-il fait ressortir.
Jean-Marie Bhugeerathee relate que l'I-Motion Gym de Maurice, qui aide ses athlètes dans une large mesure, possède également des équipements de dernier cri. Selon lui, Pascal Rivière est disposé à travailler avec ce gymnase afin que le suivi puisse également se faire à Maurice. « Pascal a souhaité que notre gym instructor, Audrey Grandcourt, puisse se déplacer une fois à La Réunion afin de lui expliquer le programme à suivre dans le cas de nos handisportifs », a-t-il fait remarquer.
Pour en revenir à l'Ultra Run Réunion, Noemi Alphonse et Denovan Rabaye avaient tous deux terminés premiers dans leurs catégories respectives sur un 10 km. Mais, pour leur entraîneur, l'objectif était surtout de voir leur réaction par rapport à cette première compétition sur route. « Noemi était la seule à rouler dans un fauteuil de compétition, alors que les autres étaient dans des fauteuils normaux. Dans ces conditions, il est difficile de prendre en compte cette première place. L'important est que nos athlètes ont pu se faire une idée de ce genre de course de longues distances et, qui plus est, sur route », a déclaré Jean-Marie Bhugeerathee. A noter que Nitish Jhugursing, athlète valide et licencié de l'Association mauricenne d'Athlétisme (AMA), avait aussi participé à cette course, mais sur 21 km, où il avait terminé à la troisième place.
Par ailleurs, Jean-Marie Bhugeerathee n'a pas manqué de remercier Pascal Rivière, qui lui a donné l'opportunité de vivre cette expérience. Dans cette même foulée, Jean-Marie Bhugeerathee a indiqué que des démarches seront entreprises auprès de l'AMA, afin que ses athlètes souffrant d'un handicap physique puissent non seulement participer à des courses sur route, mais aussi aux compétitions sur piste. « Au niveau des handicapés souffrant d'une déficience intellectuelle, le problème ne se pose pas puisque la fédération organise déjà des compétitions chaque année », a-t-il conclu.