Fraîchement auréolé d’une médaille de bronze au 200 m à Nice, Jonathan Permal s’est déjà décidé à retourner au centre d’entraînement de haut niveau de l’IAAF à Kingston. « C’est là bas que je veux être pour continuer à progresser dans les meilleures conditions », clame-t-il. Même si son départ pour une deuxième saison en Jamaïque se concrétisera début octobre, il n’a pas de doute quant au fait que c’est bien son passage à Kingston qui l’a fait avancer.
« Définitivement, j’ai progressé avec plus de frottements. L’entraînement y est aussi différent », dit-il. Sa médaille de bronze remportée samedi dernier en finale du 200 m des Jeux de la Francophonie à Nice (21”35) lui donne aussi des ailes en vue des JO de Rio 2016 pour lesquels il a bénéficié d’une bourse intérimaire de la Solidarité Olympique. « Je crois que j’ai des chances de me qualifier. »
Il retournera donc à Kingston avec trois années d’avance de l’échéance au lieu de deux. La chasse aux minima pourra alors commencer.
S’il s’attendait à franchir le premier tour (demi-finales) à Nice, il avoue qu’il était loin d’envisager une médaille en finale.
« Mais une fois que j’avais passé les demi-finales et que mes adversaires ont paru avoir tout donné, j’ai alors pensé que j’avais des chances de médaille », raconte-t-il. « La médaille d’or ? Si j’étais au top, j’aurais pu la conquérir. Mais j’ai eu une grosse saison marquée juste avant par les championnats d’Afrique juniors à Maurice (deux médailles d’argent au 200 m et 4×100 m et une de bronze au 100 m) et j’étais un peu cuit. Autrement, j’aurais pu remporter l’argent », estime-t-il en sachant qu’il a couru cette année à Kingston en 21”19, sa référence personnelle.
Reste qu’à 19 ans, Jonathan Permal a réussi une sortie en beauté chez les juniors. Mais le sprinter de Bel Air remercie le ciel de l’avoir surtout épargné de blessures durant ce qui a été pour lui une longue et intense saison. Depuis son retour de Nice et jusqu’à son départ, il est en repos actif.
Son entraîneur flacquois, Nanda Chinapyel, avec qui il avait débuté sa carrière et qui le guide toujours lorsqu’il revient à Maurice, l’encourage à poursuivre sa route au pays d’Usain Bolt. « Je pense qu’il a besoin d’être là-bas pour progresser avec les ténors. Il a tout ce qu’il faut à sa portée : l’encadrement technique, les soins et l’alimentation. Il faut être réaliste, les gens de l’IAAF qui étaient présents à Nice parlaient de lui comme the guy we must follow coming from Mauritius. C’est très encourageant. Et j’espère que Jonathan continuera à combler nos attentes. »
L’idée ne serait pas mauvaise si le coach pouvait lui aussi avoir la chance de se perfectionner dans la matière, détenant depuis deux ans déjà son niveau 4 de l’IAAF Elite Coach en sprint. Il ne manquera pas de remercier le ministère de la Jeunesse et des Sports, Tharuda Jeetah, présidente du Faucon Flacq Athletics Club, ainsi que le Trust Fund for Excellence in Sports et l’Association mauricienne d’athlétisme.