Il y a eu le nouveau record du meeting signé Jonathan Drack au triple saut (16,66 m), le 1500 m euphorique de Mohammad Dookun qui bat le légendaire record de Maurice de Jacques Legrand qui date de 36 ans et la victoire au bout du suspense de Guillaume Thierry au décathlon. Et bien que le sprinter lesothan du Ciam Mosito Lehata soit passé à 2/100es des minima olympiques au 100 m en 10″18 et que le Mauricien Nicolas Li Yun Fong soit le seul à avoir décroché hier sa qualification au lancer du marteau en atteignant 59,53 m aux prochains championnats d’Afrique à Durban (22-26 juin), on peut dire que l’édition 2016 du Meeting international a tenu ses promesses samedi et dimanche au stade de Réduit.
Jonathan Drack s’est révélé exact au rendez-vous. Mais il faut dire qu’il a dû attendre son 5e essai pour décoller et ravir ainsi au Namibien Roger Nikanor Haitengi la tête du concours. Celui-ci menait avec un bond de 16,48 m à son 3e essai. Mais Drack ne pouvait repartir du meeting sans obtenir ce qu’il était venu chercher : au moins une victoire pour gommer sa déception des mondiaux en salle de Portland (13e avec 16,04).
« Cela fait plaisir et c’était une pression supplémentaire de sauter devant le public. Je n’avais pas d’autre choix que de bien faire. Je ne pouvais pas refuser l’occasion. Après Portland, le moral en a pris un coup. Il fallait confirmer que je pouvais gagner ici. Le Namibien m’a poussé à m’accrocher. Je suis satisfait. Je vais rester m’entraîner avant de partir faire le meeting à La Réunion le 24 courant. Après je rentre en France faire les interclubs à Limoges (mai), avant les championnats d’Afrique à Durban et enfin les JO de Rio », confie le Toulousain, n°1 au classement mondial de l’IAAF en janvier (16,44 m).
Mais il avoue que la fatigue s’est aussi fait sentir hier. « Il y a une semaine, j’étais aux États-Unis (19 mars), puis en France avant de débarquer ici vendredi. Cela fait beaucoup. » Cela faisait cinq ans qu’il n’avait sauté à Maurice (2011 à Bambous) et neuf ans qu’il n’avait pas sauté à Réduit (2007).
Après le triple saut, Mohammad Dookun n’allait pas tarder à forcer l’admiration au 1500 m. Pris dans un tiroir derrière deux Kenyans et un Zimbabwéen sur la majeure partie de la course, il finira par les mettre dans le vent à 200 m de l’arrivée pour s’envoler seul vers la victoire, porté par les acclamations du public.
Parti sur des bases élevé, il arrêta le chronomètre à 3’46″22, un temps jamais couru à Maurice. Le record mythique de Jacques Legrand en 3’50 le 18 juin à St Maur (France) était pulvérisé. Tout comme la référence électronique de Christopher Blackburn, 3’50″42 réalisées à Vannes le 17 juin 1994. « Je sais que j’ai fait une superbe course », admet-il, euphorique.
« Les Kenyans, je les connais, car je me suis entraîné avec eux chez eux. Cela ne m’a pas surpris de les voir partir sur ce rythme. En fait, c’était la course idéale pour battre le record. C’était mon objectif. Il fallait passer aux 1200 m en 3’00 et j’ai réussi. Après, il fallait les lâcher si je voulais gagner… » Si Mohammad Dookun a atteint son premier objectif, il dit maintenant rester celui des minima (3’39) qui le permettront de se qualifier pour Durban ainsi que celui du 800 m (1’47″30).
Enfin, dans les épreuves combinées, Guillaume Thierry a dû se contenter d’une marque de 7481 pts. Et bien qu’il soit passé à plus d’une centaine de points de son record national (7591 pts), cette victoire lui donne quand même beaucoup d’espoir dans la qualification olympique (8100 pts). « Le suspense a duré jusqu’au bout. Cette victoire s’est vraiment jouée in extremis », constate-t-il.
« J’étais à 46 pts derrière l’Italien avant le concours du javelot, après je suis passé à un point devant, malgré un essai non validé et une chute qui m’ont fait craindre le pire. Il fallait assurer au 1500 m et j’ai réussi. Dans l’ensemble, je suis satisfait et confiant dans les minima. Si j’ajoute toutes mes meilleures marques réussies dans chaque épreuve, je totalise 8265 pts. Je dois me qualifier pour Rio. Je vais travailler encore plus dur, quitte à souffrir encore plus. Mais je dois réussir », martèle-t-il. Il aura l’occasion de le faire les 28-29 avril au Meeting Multi Star des épreuves combinées à Firenze en Italie et aux championnats d’Afrique.
Ailleurs, les performances ont été parfois valables tant au plan international que national. Nous y reviendrons.