ATHLÉTISME—DE RETOUR DE JAMAÏQUE: Expérience à renouveler pour les sprinters mauriciens

Ils sont de retour du pays d’Usain Bolt, où ils ont passé ces huit derniers mois à s’entraîner et se perfectionner dans les meilleures conditions au High Performance Centre de l’IAAF à Kingston. Mary-Jane Vincent, Jonathan Permal et Thierie Ferdinand sont rentrés dimanche dernier et seront en piste samedi et dimanche à l’occasion des championnats de Maurice toutes catégories qui coïncideront avec la troisième et dernière manche du Circuit Vital prévu au stade de Réduit.
Vincent et Permal ont déjà validé leur place pour Nice où se tiendront du 6 au 15 septembre l’événement phare de l’année, les Jeux de la Francophonie. La première à la fois sur 200 et 400 m, et l’autre sur 200 m. Toutefois, Thierie Ferdinand ne perd pas pour autant espoir. « Les minima, surtout au 100 m (10”54), restent toujours possibles si j’exécute bien ma course. Et si je suis à l’aise dans la courbe, je courrai aussi le 200 m (minima 21”24) », confie-il. Cette saison, une blessure subie aux ischio-jambiers en février et une rechute survenue un mois de cela l’ont un peu ralenti. Il est resté scotché à un chrono de 10”72, son meilleur temps de l’année, et a même dû renoncer à courir récemment lors des sélections jamaïcaines en vue des mondiaux de Moscou (10-18 août).
« Sinon, tout s’y est bien passé. On a beaucoup travaillé le renforcement musculaire et j’ai beaucoup appris. Je me suis surtout adapté aux nouvelles méthodes. Là-bas, c’est le power sprinting qui prime. On met davantage l’accent sur la puissance que sur la vélocité et la technique qui sont une combinaison assez difficile à maîtriser, surtout sur 100 m, même si c’est une course très courte. Une fois que le corps arrive à s’adapter, on voit alors la différence sur la piste », explique-t-il.
Au centre de l’IAAF, l’entraînement se déroule en trois phases : « La matin, c’est technique et la pliométrie, puis de 10h à 11h30 on fait de la musculation. Dans l’après-midi, c’est la phase lactique avec des courses en vélocité. Notre coach nous a dit que le corps prend normalement un certain temps pour s’adapter à ce type d’entraînement. » Avec Patrick Dawson, l’adjoint du célèbre Glen Mills (coach d’Usain Bolt), le trio mauricien n’a pas vraiment eu le temps de chômer.
Jonathan Permal, qui est encore junior, abonde dans le même sens. Mais lui avoue qu’il est toujours dans la forme qu’il était le mois dernier lorsqu’il courut en 21”19 au 200 m (minima Nice 21”24). « Ma saison a été calquée sur 200 m et j’y resterai » confie-il. Il a également couru le 100 m en 10”66 mais ne sera engagé que sur le double de l’épreuve dimanche. « Mon objectif cette saison est de descendre sous les  21”. Je sens que je peux le faire », estime-t-il. Reste que dimanche, il pourrait souffrir d’un manque d’opposition, notamment en l’absence de Fabrice Coiffic, qui est reparti en France tenter les minima.
Enfin, dimanche toujours, Mary-Jane Vincent sera très attendue sur 200 m (12h25). Avant cela, elle a rendez-vous sur 400 m dont la finale est prévue samedi à 10h30. Avec 54”87 sur le tour de piste (fin mars) et 24”00 au 200 m (avril), la sprinteuse s’était offert sa place pour Nice. Mais après ce 200 m, une petite contracture aux ischio-jambiers l’a quelque peu freinée. « Après ce 200 m, on a eu trois semaines de repos et c’est dans cette intervalle que j’ai eu ce problème. On l’a vite traité, mais j’ai aussi découvert que j’ai un problème de sciatique au niveau du fessier et derrière le genou. C’est gênant, mais là-bas les soins médicaux sont excellents. Ici, je ne sais pas comment ce sera si j’ai le même problème », avoue-t-elle.
Après cela et environ deux semaines avant le début des sélections jamaïcaines le jeudi 20 juin dernier, elle avait été créditée de 12”11 et 11”96 à une semaine d’intervalle au 100 m dans des conditions régulières. « En fait, je voulais m’aligner au 100 m et 200 m à Nice, mais ce sera finalement aux 200 et 400 m, et peut-être au 4x100 m », fait-elle ressortir. À 25 ans, elle avoue qu’à Kingston tout s’est passé à sa satisfaction. « Toutes les compétitions sont de haut niveau et on n’a vraiment pas besoin d’aller ailleurs. Nous disposions d’un encadrement très professionnel et l’entraînement se déroulait à plein temps. Le plus gros travail foncier se fait sur le gazon avant de passer sur la piste synthétique. Je remercie mon sponsor ABC Motors d’avoir financé mon stage ainsi que le Trust Fund for Excellence in Sports de m’avoir toujours soutenue. C’est un stage à renouveler si possible. »