VIVIAN GUNGARAM

18 médailles d’or : un bilan très flatteur pour l’athlétisme mauricien à l’issue de ces 10es Jeux des îles. Ce nombre de médailles frise les 19 remportées en 2003, ici même au stade de Bambous, ce qui demeure la référence absolue. Mais la présente moisson dépasse quand même largement les espérances. Avis que partage le président de l’Association mauricienne d’athlétisme, Vivian Gungaram. « Les athlètes ont fait preuve d’un moral de vainqueur », se félicite-t-il dans le bilan qu’il nous dresse.

Vivian Gungaram, quel sentiment vous anime après ces cinq jours de compétitions d’athlétisme qui ont été marqués par un bilan de 18 médailles d’or chez les valides à ces 10es Jeux ?

Il y  a deux choses. En 2018, on visait l’objectif de 12 médailles d’or sans le handisport. Mais nous l’avons atteint déjà deux jours avant la fin des compétitions. Puis, nous avons essayé de battre le record des 19 médailles réalisé en 2003. Cela n’a pas été facile, car en 2003, nous pouvions compter sur les Éric Milazar, Caroline Fournier, Stephan Buckland, Arnaud Casquette et Jonathan Chimier. Mais avec le public, on n’est pas passé loin. Les athlètes ont malgré tout démontré une rage de vaincre exemplaire pour terminer leur moisson avec une de moins.

Mais 18 médailles d’or, c’est quand même largement au-dessus des espérances?

Effectivement, mais on voulait faire encore mieux durant les deux derniers jours. Mais on n’a pas réussi.

Comment expliquez-vous cette riche moisson d’orée?

Si nous avons atteint notre objectif, c’est parce que l’équipe a abordé la compétition avec le moral très haut. De plus, les autorités sportives nous ont vraiment accompagnés, sans compter le support des parents, l’appui des employeurs, de la fédération, du MJS et de nos sponsors, que je dois saluer, car ils ont aidé de manière subséquente à rehausser le niveau de athlètes. Pour tous ceux qui disaient ne pas connaître nos athlètes, ces Jeux ont contribué justement à leur popularité au sein de notre société.

Il reste maintenant à bien conserver cette popularité naissante en vue des prochains Jeux…

Exactement, je demande aux athlètes de bien savoir gérer leur image. Car ils sont devenus des role models aux yeux des plus jeunes et de notre société. Il faut savoir s’y prendre et on va les accompagner, tout en veillant à leur épanouissement.

Ces 10es Jeux ont-ils permis de jauger le niveau des athlètes dans notre zone ?

Oui, car ils ont révélé les forces et faiblesses de chaque pays. Il faut se remettre à l’ouvrage et travailler pour combler les faiblesses notées dans certaines spécialités. Par exemple, en demi-fond, on n’a pas suffisamment d’athlètes de bon niveau et capables de rivaliser. On n’a remporté que deux médailles d’or. Du 100m au 800m, on est dans une bonne dynamique, mais du 1 500m, 3 000m steeple à monter, si on excepte Mohammad Dookun, il n’y a personne de son niveau. Au 1 500m dames, on n’avait pas de concurrente. Mais les médailles que nous avons obtenues aux 800-1500m hommes ont été plus réparties entre nos représentants en demi-fond. Ce qui a apporté plus de variété.

Et ailleurs dans les autres épreuves ?

Dans les sauts verticaux, notamment au saut en hauteur féminin, on n’avait pas de représentante. Au saut à la perche aussi, on doit en former d’autres. Par contre, au saut en longueur, on a pu aligner deux filles au lieu de trois. Dans les lancers, on peut compter sur un bon groupe. Mais le bon côté, c’est de voir le nombre de jeunes qui ont pointé le bout du nez. Il faut les accompagner jusqu’aux prochains Jeux. Tout ne s’arrête pas ici, il faut se préparer dès maintenant pour 2023.

Au plan des performances, y a-t-il eu repli ou progression ?

Il y a eu progression au plan des médailles, mais avec le vent et les conditions climatiques qui ont prévalu durant les compétitions, on ne peut parler de performances. C’est assez évident.

Maurice pouvait-elle faire mieux que 18 médailles d’or en comptant, par exemple, le triple saut dames et le 400 m hommes ?

Il y a eu, certes, des déceptions là où on ne s’y attendait pas. C’est le sport, il faut respecter les résultats.

Et au 4×100 m hommes, où la déception a été immense avec la perte du témoin survenue au dernier passage, alors que le titre était largement à la portée ?

Je crois que les entraîneurs ont rempli leur tâche et je n’ai aucun reproche à leur faire. Mais au moment où j’ai eu la confirmation de la composition de l’équipe, j’en ai parlé à Sydney Laroulette (ancien sprinter de Maurice). J’ai trouvé drôle qu’on ait placé Jérémie Lararaudeuse en 3e position dans le virage, alors qu’il court toujours en ligne droite, étant spécialiste du 110m haies et du 100m. Pourquoi ce choix ? Je ne blâme personne. C’est mon point de vue personnel. Mais il faut revoir certains aspects. Il est clair qu’on apprend de tout cela.

Et des surprises, il y en a eu assurément ?

Cette médaille de bronze obtenue par CoralieTélémaque au 400 m de même que la médaille d’argent du quatuor 4x400m dames font plaisir. J’ajoute la médaille d’argent de Pascal Désiré au 400m haies. Au vu de ce qu’il aura démontré dans cette épreuve, pourquoi n’était -il pas au départ du relais 4×400 m hommes ? Mais le choix était fait. Il y a aussi Samuel Vieilleuse qui a fait une course intelligente au 800 m. Avant, il avait souvent mal couru, mais pas dans la finale. Il a su assumer. Bravo !

Ces 10es Jeux sont désormais du passé. Quel est votre souhait le plus cher ?

Je souhaite qu’il faut dès à présent commencer à préparer les Jeux de 2023 pour pouvoir mieux accompagner nos athlètes dans leurs études, dans leur travail, ainsi que dans leur préparation psychologique et au plan médical, dentaire et alimentaire. C’est cela l’accompagnement. C’est tout un ensemble de choses indispensables à la réussite.