Yousouf Salarun, un maçon de 47 ans, était poursuivi en Cour intermédiaire sous une accusation d’agression avec préméditation. Il lui était reproché d’avoir aspergé de l’acide sur un certain Nadeem Beegoo le 2 août 2007 rue Dupère, à Quatre-Bornes. La magistrate Darshini Gayan, qui a présidé ce procès, a rendu un verdict de culpabilité en raison des aveux de l’accusé, consignés dans ses dépositions à la police, et des preuves à charges présentées.
Lors de son procès, Yousouf Salarun avait plaidé non-coupable. Il avait de fait contesté l’admissibilité de ses dépositions à la police. Il avait avoué dans ses dépositions avoir aspergé de l’acide sur la victime sur les instructions d’une autre personne contre paiement. «  Mo dakor, mo mem qui finn jett lasid lor Nadeem. Ce Naushad ki ti dir mwa fer sa e li finn pai mwa Rs 2 000. » En cour, Yousouf Salarun avait soutenu qu’il avait été forcé par la police à faire des aveux, ajoutant qu’il ne sait ni lire ni écrire. La cour devait toutefois juger que les dépositions prises avec l’accusé étaient admissibles en cour, ayant trouvé que ce dernier n’a pu établir qu’il avait été maltraité et forcé de signer sur les “statements” pris par la police. La cour a aussi tenu à rappeler que Yousouf Salarun avait été positivement reconnu lors d’une parade d’identification lors de laquelle il avait présenté ses excuses à la victime.
La magistrate avait pris en considération le fait que l’accusé ne savait ni lire ni écrire mais qu’il avait été informé des allégations portées contre lui et avait décidé de coopérer avec la police. De ce fait, la magistrate a conclu que l’accusé « avait pleinement conscience des faits qui lui étaient reprochés ». En plus des aveux de l’accusé, la magistrate l’a reconnu coupable d’agression avec préméditation. Yousouf Salarun comparaîtra à nouveau en Cour intermédiaire le 19 avril pour la plaidoirie avant la sentence. La poursuite était représentée par Me Kevina Mootien.