La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean, a émis un communiqué dans la foulée de l’attentat de vendredi dernier de Bamako, au Mali, qui a touché directement l’organisation dont elle a la charge. Un membre de celle-ci a trouvé la mort, alors que la remise du Prix des 5 Continents de la Francophonie a été reportée à une date ultérieure.
Plusieurs personnels de l’OIF, des membres de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie et de l’Université Senghor, une autre important institution de la Francophonie, étaient déjà sur place vendredi 20 novembre, à l’hôtel Radisson, quand au lever du jour, les terroristes lourdement armés s’y sont introduits pour perpétrer leur sinistre besogne. Tous étaient réunis pour les préparatifs du Forum francophone sur la diversité des expressions culturelles qui devait ouvrir deux jours après, ainsi que pour un séminaire de renforcement des capacités des fonctionnaires parlementaires maliens, et de la gouvernance, un des programmes de la reconstruction du Mali.
Michaëlle Jean devait arriver le lendemain dans la capitale avec le reste de son équipe pour y participer ainsi qu’à une série de rencontres avec les autorités et les forces vives, à l’invitation du Président Ibrahim Boubacar Keïta. Une cellule de crise a immédiatement été constituée, les vols de cette délégation annulés, ainsi que ceux des auteurs qui devaient aussi faire le déplacement pour la remise du Prix des 5 Continents de la Francophonie, reportée à une date ultérieure. « Nous ne sortons pas indemnes de cette attaque, devait préciser la secrétaire générale dans ce communiqué, et c’est avec une profonde tristesse que je déplore le décès d’un de nos experts francophones, Goeffrey Alain Dieudonné, fonctionnaire au parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles, en Belgique, qui a trouvé la mort au cours de cette prise d’otages. » Saluant son courage, sa force de conviction et sa détermination, la secrétaire générale adresse ses condoléances à la famille et à toute l’équipe de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.
L’équipe restée au siège de l’OIF a maintenu le contact direct avec celles retenues au Radisson pendant l’attaque afin de coordonner les opérations de sécurisation. Condamnant ces actions dans les termes les plus fermes, Michaëlle Jean rappelle la longue liste des pays francophones qui ont été touchés par des attentats : « La France une semaine dernière, le Liban la veille, la Tunisie, le Tchad, le Cameroun, le Niger, le Canada, la Belgique, la liste est longue, malheureusement ». Rendant hommage au courage des forces de l’ordre maliennes, ainsi qu’aux forces extérieures (françaises, américaines et onusiennes) qui sont intervenues, elle conclut sur ces mots : « La Francophonie continuera à se mobiliser pour lutter contre le terrorisme international, et à demeurer solidaire avec les autorités et les peuples touchés par cette abomination. Que le peuple malien soit assuré de notre plein et indéfectible soutien. Il nous faut agir ainsi tous ensemble et faire front dans ce combat. »