ATTENTATS DE PARIS : La France riposte en bombardant l'Etat islamique

La France a riposté dimanche aux pires attentats commis sur son sol en bombardant massivement Raqa, le fief syrien du groupe jihadiste Etat islamique (EI) qui avait revendiqué les attaques. Au plan de l'enquête, la police recherche activement un homme soupçonné d'être impliqué dans les attaques, et poursuit ses investigations notamment en Belgique, où l'opération pourrait avoir été planifiée.
Moins de deux jours après les attentats qui ont fait 129 morts et plus de 350 blessés à Paris, des chasseurs-bombardiers français ont largué 20 bombes à Raqa, dans le nord de la Syrie, détruisant un poste de commandement et un camp d'entraînement, selon le gouvernement. Douze appareils, dont dix chasseurs, ont été engagés simultanément à partir des Emirats arabes unis et de la Jordanie, une première depuis le début de l'engagement militaire français en Syrie en septembre.
L'opération, coordonnées avec les forces américaines, a été “planifiée sur des sites préalablement identifiés lors des missions de reconnaissance réalisées par la France”, a précisé le ministère de la Défense. Après les attentats, le président français François Hollande avait dénoncé “un acte de guerre”, avertissant que son pays serait impitoyable sur tous les terrains, “intérieur comme extérieur”.
La police française a diffusé un appel à témoins pour tenter de localiser Salah Abdeslam, 26 ans, suspecté d'implication dans les attentats. Il est visé par un mandat d'arrêt international émis par la justice belge.  Présenté comme “dangereux”, il pourrait être l'un des kamikazes morts samedi ou avoir pris la fuite, selon des sources proches du dossier. Il résidait à Molenbeek, une commune populaire de Bruxelles où sept personnes ont été interpellées depuis les attentats.
Parmi les nombreux actes d'enquête, une perquisition, dont le résultat n'était pas connu dans la nuit, a été menée dimanche soir  à Bobigny, dans la banlieue nord de Paris. Les assaillants ont tiré des centaines de fois à la Kalachnikov sur des spectacteurs venus écouter un concert de rock dans la salle de spectacle Le Bataclan et sur des clients attablés à des terrasses de cafés. Ceux qui se sont fait exploser autour du Stade de France ont aussi tenté de pénétrer dans l'enceinte mais n'ont pas réussi, selon le gouvernement français. Dans la capitale, les Parisiens ont afflué dimanche, une rose ou une bougie à la main, vers le Bataclan pour rendre hommage aux victimes.
Dix mois après les attaques contre le journal satirique Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts, la Ville Lumière restait frappée de stupeur devant cette nouvelle vague d'horreur. Lundi, une minute de silence figera toute la France à midi et l'Union européenne a souhaité qu'elle soit aussi respectée dans tous les Etats membres. François Hollande l'observera à l'université de La Sorbonne, un choix de lieu lié au nombre important de jeunes victimes dans ces attentats. Dans la foulée, le chef de l'Etat, qui a appelé à l'unité nationale, réunira les deux chambres du Parlement à Versailles – une configuration rare.


 

Un suspect activement recherché

Un homme soupçonné d'être impliqué dans les attentats de Paris est activement recherché par les enquêteurs qui concentrent désormais leurs recherches sur la Belgique où l'opération pourrait avoir été planifiée. La police française a diffusé dimanche un appel à témoins pour tenter de localiser Salah Abdeslam, âgé de 26 ans, visé par un mandat d'arrêt international émis par la justice belge.
Présenté comme “dangereux”, il pourrait être l'un des kamikazes morts samedi ou avoir pris la fuite, selon des sources proches du dossier. Il résidait à Molenbeek, un quartier populaire de Bruxelles où au moins cinq personnes ont été interpellées depuis les attentats. Les assaillants ont tiré des centaines de fois à la Kalachnikov sur des spectacteurs venus écouter un concert de rock dans la salle de spectacle du Bataclan et sur des clients attablés à des terrasses de cafés. Ceux qui se sont fait exploser autour du Stade de France ont aussi tenté de pénétrer dans l'enceinte mais n'ont pas réussi, a indiqué le secrétaire d'Etat français aux Sports Thierry Braillard, sans plus de précisions.
Au surlendemain des attentats qui ont fait au moins 129 morts et 350 blessés - le bilan pourrait s'alourdir en raison de la gravité des blessures des survivants - l'heure était au recueillement et au deuil national. Dans la capitale, les Parisiens ont afflué, une rose ou une bougie à la main, vers le Bataclan pour rendre hommage aux victimes. “Il fallait toucher du doigt ce qui s'est passé”, a confié Hervé, 38 ans, accompagné de son fils de six ans.
Parmi les sept assaillants recensés, tous tués par leur ceinture d'explosifs, les enquêteurs ont identifié trois Français, âgés de 20 à 31 ans. Deux d'entre eux résidaient à Bruxelles, dont l'un à Molenbeek, selon le parquet fédéral belge. Le premier a perpétré l'un des attentats suicide à proximité du Stade de France, l'autre s'est fait exploser boulevard Voltaire dans l'est parisien. Selon des sources proches de l'enquête, ce kamikaze est le frère de Salah Abdeslam et d'un autre homme interpellé samedi en Belgique.  Le troisième kamikaze français avait été identifié dès vendredi: il s'agit d'Omar Ismaïl Mostefaï, 29 ans, pour l'instant le seul membre du commando du Bataclan formellement identifié. Les enquêteurs commencent aussi à mettre au jour la logistique des opérations. Deux voitures utilisées par les assaillants avaient été louées dans la banlieue bruxelloise quelques jours auparavant.
Des Kalachnikov ont été retrouvées dans l'une d'elles, une Seat noire aperçue par des témoins sur les lieux des fusillades contre des bars et abandonnée à Montreuil, dans la banlieue est de Paris. Une Polo noire avait été auparavant découverte à proximité du Bataclan, théâtre du plus gros bain de sang avec 89 morts, où trois kamikazes sont morts en activant leur ceinture d'explosifs. Les enquêteurs cherchent aussi à établir si certains assaillants figurent parmi les sept suspects interpellés en Belgique depuis samedi. L'un des frères Abdeslam avait loué la Polo noire utilisée par les kamikazes. Plusieurs auteurs d'attentats jihadistes ont déjà séjourné à Molenbeek, dont le responsable présumé de la tuerie au Musée juif de Bruxelles en 2014, Mehdi Nemmouche.
 

Commentaires

On apprend que les frappes aériennes américaines ont tué, cette semaine, plus de 20 soldats irakiens dans leur pays. Pourtant, l’Irak n’a pas attaqué les Etats-Unis. Que serait-il passé si l’Irak avait tué des soldats américains sur leur sol ? Les médias internationaux auraient vite crié au terrorisme d’état et traité les Irakiens de barbares. Et la riposte américaine, appuyée par l’opinion internationale gonflée à bloc par ces médias, aurait été foudroyante, comme elle l’a été en Afghanistan, autre pays qui n’a jamais déclaré la guerre à l’Amérique.
Il y a pire. Russes et Français, par leurs bombardements, ont, eux aussi, tué ; mais, cette fois-ci, ce sont des civils syriens et écoliers irakiens respectivement qui sont les victimes. Et, comme il fallait s’y attendre, les médias internationaux sont restés muets comme des carpes. Encore une fois, ni la Syrie, ni l’Irak n’ont déclaré la guerre ni à la Russie, ni à la France.
A remarquer que les Etats-Unis, la Russie et la France sont des pays détenteurs de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU. Et ce sont précisément ces mêmes pays qui font la guerre aux autres pays et tuent impunément, sans avoir à en rendre compte. Les massacres que ces trois pays ont commis aux Amériques, en Afrique et en Asie respectivement depuis la Seconde Guerre mondiale dépassent l’entendement. Avons-nous donc affaire à un Conseil de Guerre plutôt qu’à un Conseil de Sécurité ? Le rôle des Nations-Unies est-il réduit à faire la guerre ? De surcroît, ces trois pays possédant l’arme nucléaire, la sécurité des peuples du monde ne reste-elle pas suspendue aux mains des dirigeants maniaques de ces trois pays ? Qui les sanctionnera ? Attendons voir !