Attentats de Paris: un suspect activement recherché, la Belgique au coeur de l'enquête

Un homme soupçonné d'être impliqué dans les attentats de Paris est activement recherché par les enquêteurs qui concentrent désormais leurs recherches sur la Belgique où l'opération pourrait avoir été planifiée.La police française a diffusé dimanche un appel à témoins pour tenter de localiser Salah Abdeslam, âgé de 26 ans, visé par un mandat d'arrêt international émis par la justice belge. 
Présenté comme "dangereux", il pourrait être l'un des kamikazes morts samedi ou avoir pris la fuite, selon des sources proches du dossier. Il résidait à Molenbeek, un quartier populaire de Bruxelles où au moins cinq personnes ont été interpellées depuis les attentats. Selon le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, le fuyard est recherché en Belgique. Les assaillants ont tiré des centaines de fois à la Kalachnikov sur des spectacteurs venus écouter un concert de rock dans la salle de spectacle du Bataclan et sur des clients attablés à des terrasses de cafés.
Ceux qui se sont fait exploser autour du Stade de France ont aussi tenté de pénétrer dans l'enceinte mais n'ont pas réussi, a indiqué le secrétaire d'Etat français aux Sports Thierry Braillard, sans plus de précisions. Au surlendemain des attentats qui ont fait au moins 129 morts et 350 blessés - le bilan pourrait s'alourdir en raison de la gravité des blessures des survivants - l'heure était au recueillement et au deuil national.
Dans la capitale, les Parisiens ont afflué, une rose ou une bougie à la main, vers le Bataclan pour rendre hommage aux victimes. "Il fallait toucher du doigt ce qui s'est passé", a confié Hervé, 38 ans, accompagné de son fils de six ans. Dix mois après les attaques contre le journal satirique Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts, la Ville Lumière est restée comme frappée de stupeur devant cette nouvelle vague d'horreur.
Stupeur et recueillement 
A 18H15, le glas de Notre-Dame a retenti dans la nuit. Personnalités et simples badauds se sont pressés pour une messe dans la cathédrale pleine à craquer. Lundi, une minute de silence sera observée dans toute la France à midi (11H00 GMT), et l'Union européenne a souhaité qu'il en soit de même dans tous les Etats membres.  
Parmi les sept assaillants recensés, tous tués par leur ceinture d'explosifs, les enquêteurs ont identifié trois Français, âgés de 20 à 31 ans. Deux d'entre eux résidaient à Bruxelles, dont l'un à Molenbeek, selon le parquet fédéral belge. Le premier a perpétré l'un des attentats suicide à proximité du Stade de France, l'autre s'est fait exploser boulevard Voltaire dans l'est parisien.Selon des sources proches de l'enquête, ce kamikaze est le frère de Salah Abdeslam et d'un autre homme interpellé samedi en Belgique. Le troisième kamikaze français avait été identifié dès vendredi: il s'agit d'Omar Ismaïl Mostefaï, 29 ans, pour l'instant le seul membre du commando du Bataclan formellement identifié.
Les enquêteurs commencent aussi à mettre au jour la logistique des opérations. Deux voitures utilisées par les assaillants avaient été louées dans la banlieue bruxelloise quelques jours auparavant.Des Kalachnikov ont été retrouvées dans l'une d'elles, une Seat noire aperçue par des témoins sur les lieux des fusillades contre des bars et abandonnée à Montreuil, dans la banlieue est de Paris.
Une Polo noire avait été auparavant découverte à proximité du Bataclan, théâtre du plus gros bain de sang avec 89 morts, où trois kamikazes sont morts en activant leur ceinture d'explosifs.
Molenbeek, carrefour jihadiste 
Les enquêteurs cherchent aussi à établir si certains assaillants figurent parmi les sept suspects interpellés en Belgique depuis samedi. L'un des frères Abdeslam avait loué la Polo noire utilisée par les kamikazes. Et c'est aussi l'un de ces frères qui avait été repéré lors d'un contrôle samedi matin à Cambrai (nord de la France), près de la frontière belge. Plusieurs auteurs d'attentats jihadistes ont déjà séjourné à Molenbeek, dont le responsable présumé de la tuerie au Musée juif de Bruxelles en 2014, Mehdi Nemmouche.
Les attaques de Paris, coordonnées, ont été revendiquées par le groupe Etat islamique, cible des chasseurs-bombardiers français depuis un an en Irak et depuis septembre en Syrie. En France, les enquêteurs entendent aussi depuis samedi sept membres de la famille de Omar Ismaïl Mostefaï. Le père ainsi qu'un frère et la femme de ce dernier sont notamment en garde à vue.Le kamikaze était fiché depuis 2010 pour radicalisation islamiste. Selon une source proche de l'enquête, il fréquentait assidûment la mosquée de Lucé, près de Chartres (centre).Les enquêteurs ont aussi mis la main, près du corps d'un kamikaze du Stade de France, sur au moins un passeport syrien appartenant à un migrant arrivé en Grèce le 3 octobre.
Le président socialiste François Hollande, qui a appelé à l'unité nationale, a reçu les chefs de partis à l'Elysée.Son prédécesseur et rival de droite Nicolas Sarkozy lui a demandé "une inflexion" dans sa politique étrangère et des "modifications drastiques de sa politique de sécurité". Il a réclamé que toutes les personnes signalées comme radicalisées soit "mises en résidence surveillées" chez elles avec un "bracelet électronique". La présidente du Front national (extrême-droite), Marine Le Pen, à qui les sondages prédisent des scores record aux régionales de décembre, s'est dite d'accord pour une "union nationale" mais a aussi demandé des "décisions fermes".