Le final de la saison 2015, avec la journée internationale — une compétition individuelle avec 12 jockeys invités à l’occasion —, a livré son verdict. Thierry Jarnet, pour sa première participation à l’événement, a fait étalage de toute sa classe en enlevant haut la main la compétition avec 26 points au compteur. Deux premières places et trois deuxièmes places.
Cette journée fut intéressante à suivre et on ne peut vraiment rien reprocher aux acteurs, sauf peut-être qu’ils ne connaissaient pas bien leurs montures. On doit aussi pointer du doigt le fait que Noel Callow n’a pu honorer toutes ses montes, la faute à une baisse de tension. Allez maintenant savoir ce qui en fut la cause. Il peut arguer qu’il faisait chaud, très chaud même et que le taux d’humidité était élevé. Pour notre part, on reste sceptique et cela ne fait pas honneur à son engagement vis-à-vis du Mauritius Turf Club et des turfistes. Il faudrait néanmoins reconnaître qu’il reste un très bon jockey quand il est au summum de ses possibilités.
Sinon, les autres jockeys ont fait ce qu’ils ont pu. Ioritz Mendizabal s’est montré mieux inspiré qu’Oscar Chavez par exemple. Trevor Patel n’a pas raté l’occasion qui lui fut donnée avec Roventas. Olivier Plaçais a démontré qu’il peut bien se tirer d’affaire quand il obtient les outils nécessaires. Rye Joorawon a pu sauver les meubles du côté des Mauriciens avec l’inattendu Absalom. Le champion 2015, Derreck David, a fait ce qu’il a pu, tout comme Darryl Holland. Ce dernier s’en est sorti avec un succès, associé à la nouvelle unité Kurundu.
La journée avait bien débuté pour Thierry Jarnet, qui ouvrait son compteur à sa première tentative. Une course tranquille à la corde alors qu’à l’avant Obama (Juglall) eut à compter avec Steel Of Approval (Tourneur). Il n’y eut pas de coupe-gorge entre ces deux chevaux, mais on savait qu’ils avaient eu à travailler et que cela aurait une incidence sur leur fin de course. Le mieux placé était Social Network (Randolph). Joyful n’était pas mal non plus. Par contre, It’s My Party (Holland) était en troisième épaisseur. On savait que les finisseurs se manifesteraient en ligne droite. On s’attendait à avoir Ek Tha Tiger et Saziwayo briller dans les derniers 200m, mais il n’en fut rien. Ce fut Social Network qui mit le nez à la fenêtre. Thierry Jarnet cherchait le jour avec Joyful. Dès que cela fut fait, le cheval de Vincent Allet se démarqua de ses adversaires et put toucher le but en premier. La troisième place fut amplement disputée et ce fut Obama qui conserva un léger avantage face à Data Controller et Ek Tha Tiger.
Le Français bénéficia des circontances de course pour s’offrir le doublé avec Hot Rocket (7e course), qui lui permit d’asseoir sa supériorité dans ce plateau 2015. Si Oscar Chavez ne fut pas inspiré avec Mister Brightside (4e course), la malchance fut au rendez-vous avec Chinese Gold, le favori de la septième course. La selle du Panaméen glissa vers l’avant dans la descente et il prit la décision de retirer ses pieds des étriers. Il essaya de composer avec les moyens du bord, mais ne put vraiment accompagner sa monture comme il se devait. Thierry Jarnet, en vieux renard, ne pouvait que demander mieux et se signala de fort belle manière avec Hot Rocket, qui confirma qu’il est plus à l’aise dans la fourchette de valeur 40-56.
C’est un Jarnet très pro dans ses propos raconte ses deux victoires à la presse. « Joyful a été très vite sur jambe. J’ai essayé de le monter en bonne condition tout au long de la course sans trop faire d’efforts. Cela s’est bien passé et il a fallu attendre que la course se décante un petit peu à l’entrée de la ligne droite. Et puis, quand j’ai pu accélérer, le cheval a très bien répondu à mes sollicitations. Il a été assez courageux et la victoire a été facile. Les chevaux nous aident énormément puisqu’ils sont habitués au profil de l’hippodrome. Cela facilite en fin de compte notre tâche et on essaie de les accompagner. L’atmosphère est très chaleureuse, les gens sont très accueillants. Je suis agréablement surpris de voir autant d’enthousiasme. Les gens sont très férus de courses visiblement et c’est très sympathique. Je suis très content d’être là. Quant à Hot Rocket, je pense que le fort d’un jockey c’est de s’adapter à tous les profils d’hippodrome. Les chevaux nous aident beaucoup, ils ont le pied sûr, ils sont habitués et ils connaissent très bien leur piste. On peut leur faire confiance, on a juste à les accompagner un petit peu pour pouvoir trouver les bonnes ouvertures au bon moment. Voilà, après on essaie de faire une bonne équipe et cela a très bien marché. »