Au Bataclan, dans le 10ème et au Stade de France - Multiples attaques à Paris 120 morts

Des tireurs ont ouvert le feu dans plusieurs bars à Paris, tuant plus 120 personnes et faisant faisant plus de 200 blessés dont 80 graves. Après l'assaut du Bataclan, une centaine de victimes ont été constatés.
 
Dans une allocution télévisée vendredi à 23h50, le Président de la République François Hollande a décrété l'Etat d'urgence en France et la fermeture des frontières après des «attaques terroristes». «Des attaques terroristes d’une ampleur sans précédent sont en cours. Il y a eu plusieurs dizaines de tués, il y a beaucoup de blessés, c’est une horreur. Nous avons, sur ma décision, mobilisé toutes les forces possibles pour qu’il puisse y avoir la neutralisation des terroristes et la mise en sécurité de tous les quartiers concernés. «J’ai également demandé des renforts militaires. J’ai également convoqué le Conseil des ministres. Deux décisions seront prises : l’état d’urgence sera décrété, ce qui veut dire que plusieurs lieux seront fermés, la circulation sera interdite dans certains endroits. L’état d’urgence sera décidé sur l’ensemble du territoire. «La deuxième décision que j’ai prise, c’est la fermeture des frontières afin que les personnes qui ont commis ces crimes puissent être appréhendées. Nous savons d’où vient cette attaque. Nous devons faire preuve de compassion et de solidarité, mais nous devons également faire preuve d’unité. «Face à la terreur, la France doit être forte, elle doit être grande. Nous devons aussi appeler chacun à la responsabilité. Ce que les terroristes veulent c’est nous faire peur, nous saisir d’effroi. Mais il y a face à l’effroi une nation qui sait se défendre. Nous n’avons pas terminé les opérations. C’est en ce moment que les forces de sécurité font assaut notamment dans un lieu à Paris.» a conclu le Président de la République d'une voie blanche. Des fusillades ont éclaté vendredi soir vers 21h20 dans le Xe puis dans le XIe arrondissement de Paris, près de la rue Bichat, puis au Bataclan, faisant 42 morts selon la préfecture de police, et des dizaines blessés. Un journaliste de Libération, sur place, évoque un «cauchemar». La police est sur les lieux. Boulevard Voltaire, plusieurs coups de feu ont été entendus. Des témoins évoquent cinq à six tireurs, non cagoulés. Au sujet de l'attaque du Carillon, notre journaliste sur place évoque deux tireurs, au moins, qui auraient commencé à tirer dans le bar, avant de prendre la fuite. Celle-ci aurait eu lieu vers 21h20, quand un homme a tiré à l'arme automatique deux salves, l'autre visant «le Petit Cambodge», en face. «Ça a duré terriblement longtemps» raconte un témoin. «Il a levé sa kalachnikov, il a tiré dans le Carillon. On entendait que les gens crier, on n'entendait pas le tireur, il y a une dizaine de corps à terre». Une jeune femme qui était au café Le Bichat, non loin de là , a entendu "une première rafale vers 21 h30 venant de la zone de l'hopital Saint-Louis. Tout le monde pensait qu'il s'agissait de pétards. Mais environ dix minutes après d'autres rafales se sont fait entendre de l'autre côté rue du Faubourg du Temple" témoigne-t-elle à Libération. Au Bataclan, la salle de concert, où jouaient les Eagles of Death Metal, une «grosse détonation» ainsi qu’une vingtaine de coups de feu ont été entendus par des témoins sur place. Des tireurs seraient restés sur place, selon l'AFP qui évoque une prise d'otages en cours. Une quinzaine de policiers supplémentaires sont arrivés sur les lieux, armés de fusils à pompe, selon l'un de nos journalistes sur place. Un assaut serait en cours selon une source policière citée par Le Monde. Un témoin raconte : «j'étais dans la fosse devant, c'était un concert où la musique était forte, j'ai entendu des pétarades, je me suis retourné, et j'ai vu une silhouette avec une casquette qui se détachait vers la porte du fond, il tirait dans ma direction. Les gens ont commencé à tomber et se jeter au sol. Je pensais que le mec à côté de moi était mort. Je pense que c'est le cas. 'ai couru, j'ai sauté la barrière et je suis sorti dans le premier mouvement de foule près de la scène. Je suis sorti par la sortie de secours à l'extrémité opposée de la salle. On est réfugiés dans un café, barriquadés au premier étage. Les gens nous ont cru tout de suite. C'est la guerre ici, ça tirait encore tout récemment, on n'entend que les sirènes, on attend pour être évacués dans un café boulevard du calvaire». D’autres rapportaient, au même moment, que deux hommes avaient ouvert le feu rue de Charonne sur une terrasse de café, précisant : «On a entendu plus de 100 balles». L’attaque visait le coin de la rue Charonne et de la rue Faidherbe. Par ailleurs, deux ou trois explosions ont retenti presque au même moment près du Stade de France, dans deux snacks, sans que l'on sache pour l'instant si ces deux évènements sont liés. Le stade a été bouclé. François Hollande était sur place, il a quitté la tribune pour rejoindre une cellule de crise ouverte place Beauvau, au ministère de l’Intérieur, où il suit actuellement la situation en présence du Premier ministre Manuel Valls, et du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. A la mairie de Paris : «La consigne, c'est chacun reste chez soi», a indiqué Bruno Julliard, le premier adjoint d'Anne Hidalgo. (extraits du site de Liberation)