Une salle comble, accueilli en fanfare par ses partisans, reboosté par les siens, le leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, était visiblement dans un mood de la bataille lors du congrès de son parti à Vacoas, vendredi dernier. “Ena enn bondié pou PTr. Pena sime effas PTr dan listwar pei. Ena ankor sa laflam-là dan mo leker. Mo laflam ankor lamem”, lança-t-il comme pour rappeler à son principal adversaire politique, le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth qu’il faudra compter avec lui aux prochaines législatives. D’ailleurs, le prédécesseur de SAJ a laissé entendre que celui-ci “voudrait l’affaiblir au PTr pour permettre à son fils d’accéder au poste de Premier ministre.” Le leader des rouges a rappelé à SAJ qu’il “a de la chance que le peuple ait oublié ses dérives et l’a quand même conduit au poste de Premier ministre à 85 ans.” Toutefois, SAJ, a t-il dit, préfère se consacrer à une politique de vengeance. Convaincu de sa popularité, Navin Ramgoolam a lancé: “Pei a la deriv. Pena premye minis dan sa pei-là! Badhain ki premye minis.”
Pour appuyer son constat, Navin Ramgoolam est revenu sur les déclarations, face à la presse, du ministre de la Bonne Gouvernance et de son collègue, Showkutally Soodhun, après l’arrestation de Shakeel Mohamed. “Il (ndlr : Roshi Badhain) lui coupait la parole. Il allait jusqu’à empêcher le VPM de parler!” Et de rappeler que  les critiques acerbes des deux ministres envers la police “est une motion de blâme contre Anerood Jugnauth.” Et de s’interroger: « Zot pa kone ki appel collective responsibility?” De l’arrestation de Shakeel Mohamed dans le cadre de l’affaire Gorah Issac, Navin Ramgoolam s’est aussi demandé pourquoi c’est maintenant, en 2015, que deux enquêtes policières ont refait surface avant de noter que SAJ était Premier ministre, 15 ans de cela. Pour Navin Ramgoolam, le Pm a agi avec lâcheté lors de l’arrestation du leader des rouges au Parlement. “Anerood Jugnauth n’est jamais au pays quand la décision est prise d’arrêter une personnalité politique (…), c’est ce qui s’est passé dans le cas de Gaëtan Duval.” Navin Ramgoolam, revenant sur le retrait de la licence d’opération de l’ex-Bramer Bank, a rappelé comment sir Anerood Jugnauth a expliqué à la presse qu’il avait choisi de sauver son argent avant “que le bateau ne coule.” Selon l’ex-Pm, SAJ aurait commis un “délit d’initié”, d’autant “que le MSM a touché Rs 19  millions de Dawood Rawat.” Navin Ramgoolam s’est aussi dit intéressé de savoir si le VPM Xavier Luc Duval votera pour “la loi Badhain” ou non pour une question de principe.
D’autre part,  s’agissant des récentes critiques virulentes du ministre des Terres et du Logement, Showkutally Soodhun, contre Air Mauritius, Navin Ramgoolam a exprimé son étonnement: “Zame monn trouve sa!”
Shakeel Mohamed, vivement acclamé, est revenu sur son arrestation. Le député, relevant des similitudes entre ce qui lui est arrivé en début de semaine et l’arrestation de sir Gaëtan Duval, a fait une sortie contre sir Anerood Jugnauth qu’il a aussi qualifié de “lâche.” Il a dit n’avoir pas peur d’affronter le Pm au Parlement. Et d’affirmer que celui-ci lui avait lancé: “Al okip zafayr Gorah Issac” quelque temps avant son arrestation par la police. De l’intervention policière chez lui, Shakeel Mohamed a parlé du traumatisme infligé à sa famille. En déployant une équipe renforcée pour perquisitionner son domicile, le Pm qui est aussi ministre de l’Intérieur l’a traité comme un terroriste. Pour le parlementaire rouge, il est clair que le gouvernement “pe rod dekapit enn par enn dan parti travayis.” Mais a-t-il prévenu, “mo na pa pou blie, mo na pa pou pardonné.” Et c’est dans cet état d’esprit que Shakeel Mohamed a lancé un défi au gouvernement. “Si zot sensé, mo demann zot pa donn konze parlmanter le 3, le 4. Je demande que nous travaillons jusqu’à la Noël pour voter le Police and Criminal Evidence Bill.”