AU JT DE 20H DE TF1 HIER SOIR : Yan Hookoomsing dénonce l’accaparement des plages et le tourisme de masse

Dans un reportage diffusé hier soir durant le JT de 20 heures (23h à Maurice) de TF1, le porte-parole de la coalition Aret Kokin Nu Laplaz (AKNL), Yan Hookoomsing, a dénoncé l’accaparement des plages par de grands groupes hôteliers et le tourisme de masse à Maurice. Intitulé « Île Maurice : Comment gérer le flux touristique », ce reportage de quelques minutes a été réalisé par les journalistes français Catherine Combe et Barthez.
« Le gouvernement a décidé de faire ici des centaines de chambres, des villas de luxe. Tout ça pour un promoteur sud-africain alors que nous, à Maurice, plus ça va, plus la côte est bétonnée. On n'a plus de place pour nous. On ne peut plus pique-niquer en famille sur nos plages. Le tourisme de masse, on ne peut plus continuer. C'est la saturation ! » a lancé Yan Hookoomsing en commentant l'accaparement de la plage publique de Pomponette dans le reportage de Catherine Combe et Barthez, diffusé hier soir sur TF1.
« Il ne faut pas oublier que le premier marché touristique de Maurice est la France. Si des Français ont jugé utile de faire un reportage sur le tourisme à Maurice, c'est qu'ils ont compris qu'il y a une limite au nombre d'hôtels que l'on peut mettre sur nos plages. Ils réalisent aussi qu'on est en train de bétonner nos côtes et s'alarment ki pe kokin laplaz ar Morisien ek zot pa dakor ar sa. Mo espere ki gouverma pou konpran ki zot pe touy la poul o ze dor si zot kontinie sa kalite developma touristik-la »,  a ajouté le porte-parole d'AKNL ce matin au Mauricien.
En effet, d'entrée en matière dans le reportage, Catherine Combe explique, avec à l'arrière-plan des images de touristes sur une de nos plages, que Maurice compte plus de 300 km de côtes paradisiaques. « Voilà ce que viennent chercher les touristes. 80% d'entre eux résident dans de grands complexes hôteliers, qui se sont approprié le littoral », ajoute-t-elle.
La journaliste avance que ce tourisme génère plus d'un million d'euros par an et emploie plus de 25% de la population locale. « Mais cette médaille à un revers : l'impact environnemental ! » dit-elle. « Les plages publiques disparaissent, comme ici à Pomponette, un endroit pourtant décrit en 2006  inconstructible. D'ici un an, les bulldozers devraient être à l'œuvre ! » s'alarme encore Catherine Combe.
La journaliste soutient notamment que les Mauriciens perdent un peu plus de leur territoire d'année en année. « 74% des plages sont privatisées par des résidences et les grands hôtels. Les Mauriciens n'y ont pas accès ! » ajoute-t-elle, graphiques à l'appui. Catherine Combe aborde ensuite le problème de l'eau et celui de la gestion des déchets dans le contexte du tourisme à Maurice. Elle présente les explications de deux responsables d'hôtels, qui avancent qu'ils ont mis en place leurs propres systèmes pour gérer ces problèmes.
« Bien qu'ils en vivent, les Mauriciens déplorent ce tourisme de masse qui sépare la population des visiteurs ! » s'indigne la journaliste avant de rappeler les mesures du gouvernement pour promouvoir le développement durable : « Le gouvernement mauricien a mis en place un programme appelé “Maurice île durable” (MID). Son but : développer un tourisme écoresponsable. Mais l'instabilité politique sur l'île rend parfois cette tâche bien difficile », termine Catherine Combe.