L’humoriste Smaïn a mis son talent au service de thématiques variées vendredi de la semaine dernière dans le cadre du premier anniversaire du Kafé T@ sun one-man-show hilarant, intitulé, « Mon dernier avant le prochain ». Cette création marque le retour de Smaïn sur les planches après des années consacrées au cinéma. Après George Mathieu, qui nous avait gratifié de son humour très particulier pour la seconde édition du Festival du rire, Smaïn, qui avait débuté sa carrière avec ce dernier, a provoqué l’admiration du public avec sa vivacité d’esprit.
Nous connaissions l’aisance scénique impressionnante de l’humoriste. Mias force et de constater que ses qualités d’acteur participent aussi à la réussite de la réprésentation. Il n’a rien changé de ce qui a faisait sa marque de fabrique. Smaïn évoque des faits de société graves dont, globalement, les gens prennent au sérieux. Avec une série d’histoires rocambolesques bien ficelées et acompagnées de grimaces et de mimics, l’acteur-humoriste dénonce, par exemple, le racisme dont il a été et est toujours victime. Derrière l’humour se perçoit le tragique de la vie sociale.
Smaïn sait être féroce sans être méchant. Il est très à l’aise lorsqu’il parle de l’adoption de son fils, Medhi, un Arabe et les réactions que cette décision a suscitées. Son enfance, ses relations avec ses amis, sont autant de sujets que Smaïn decortique avec un humour decalé ou caustique. Smaïn dit avoir grandi dans les cafés. « Au départ, on ne connaît personne ; puis très vite s’instaure un lien social. J’ai grandi dans les cafés. Le matin, j’étais là à jouer au baby-foot. On arrivait avec les copains à 8h30, on repartait à 18h30… le soir! Nous étions au café sans souci et sans un sou aussi. » Des jeux de mots qui ont fait rire l’assistance.
Smaïn raconte aussi le marriage de son meilleur ami, Kamel avec Solange. « Pour le mariage, Solange désirait un diamant ou une voiture, il lui a offert un diamant… vous avez déjà vu une fausse voiture, vous ? »
La police prend aussi pour son grade et il affirme que pour être un psy, c’est simple, « il faut un fauteuil, un chaise… un lit pour tes angroisses, un passport pour le rêve ».
Chez lui, l’humour n’est jamais si beau que lorsqu’il est acide. Lorsqu’il évoque le racisme, il se livre à coeur ouvert. « Je ne suis pas raciste, mais il y a trop d’Arabe en France, les gosses vont même à l’école et leur seule chance est de passer au cinquième : c’est de voler des voitures de sport. Tiens, tu as déjà vu un coureur cyliste noir gagner le Tour de France? »