Le temps de ce week-end de Noël et la dernière semaine de 2017 qui suivra et, aux oubliettes les tracasseries quotidiennes… Mais pouvons-nous véritablement nous offrir ce luxe ?

Ainsi que le souhaite le Cardinal Maurice Piat dans son message traditionnel, Noël, et par extension, cette période festive de la fin de l’année, dirons-nous, ne doit en aucun cas être, pour reprendre sa formule, « le Panadol » du Mauricien. Pourquoi ? Pour une foule de bonnes raisons ajoutées à celles, toutes aussi légitimes, que le religieux présente. Élaborons.

Déjà, 2017 aura été une des années les plus meurtrières sur nos routes. Au risque de se répéter, on ne cessera de réclamer sinon des sanctions, du moins des mesures appropriées et adéquates pour que nos compatriotes arrêtent de mourir aux détours des rues. La barre des 154 victimes a été dépassée, ce qui équivaut à 10 victimes de plus que 2016. Ce chiffre est sidérant ! Et c’est sans compter le nombre toujours croissant de blessés, graves pour certains, et d’autres qui se retrouvent handicapés à vie, parmi ceux qui en sont rescapés. Ainsi que le proposait le sociologue Ibrahim Koodoruth dans nos colonnes, il serait peut-être plus avisé pour les autorités concernées d’opter pour la répression pure et simple envers ceux qui commettent les infractions au code de la route. C’est certainement très triste d’en arriver là, mais aux grands maux les grands remèdes, ne dit-on pas…

Ensuite, il y a ces employeurs peu scrupuleux qui choisissent pile la fin de l’année, quand les employés pensent pouvoir enfin lever un peu le pied et souffler un peu avec les leurs, pour soit déclarer faillite et mettre la clé sous le paillasson, mais surtout, ne pas payer ces citoyens qui triment tout au long des mois, durant de longues heures ! Si dans le cas des 450 employés de la firme Texto Ltd, une solution semble être en voie de concrétisation, en revanche les 31 mères et pères de famille de Bedino & Sons Ltd, eux, sont toujours dans le flou… Et pour les travailleurs de l’usine Universal Fabrics/Kline Textiles, c’est encore pire, car ils ne verront jamais leur bonus pour cette année 2017. Triste fin d’année en perspective pour ces familles qui ne s’attendaient certainement pas du tout à ce coup dur du sort !

Vivement, en effet, que des amendements soient apportés aux lois du travail actuellement en vigueur afin que d’autres patrons n’aient plus recours à ces pratiques inhumaines qui équivalent à exploiter la main-d’œuvre et de s’en débarrasser de la manière la plus cavalière qui soit, en les mettant à la rue ! Du jour au lendemain, ces citoyens honnêtes et travailleurs sont contraints à une misère noire, car peu préparés à se retrouver au chômage. Et, du coup, leurs familles entières plongent dans cette spirale destructrice et souvent sans fin pour nombre d’entre elles. Surtout ceux qui ont plus d’une quinzaine d’années de service, et qui ont donc atteint la cinquantaine. Ceux-ci éprouvent toutes les peines du monde à retrouver du boulot. Autant de drames humains qui se répètent, année après année, sans qu’aucun gouvernement ne souhaite y trouver une solution décente…

Autre coup de massue : la hausse du carburant, survenant justement cette semaine. Décriée tant par l’opposition que le peuple, bien évidemment, cette augmentation fera certainement très mal au porte-monnaie du consommateur. Si, pour l’heure, le boni de fin d’année parvient à doper cette hausse des plus inattendue et surtout mal justifiée, dans les prochaines semaines, cela sera bien pénible d’encaisser avec la reprise et le retour aux affaires !

Et enfin, comment ne pas évoquer la fameuse partielle du No. 18 et le verdict des urnes qui, une fois encore, confirme que le démon politique Mauricien a encore de beaux jours devant lui. La présence des petits partis, surtout celle de Rezistans ek Alternativ, en lice pour cette partielle, avait injecté un peu d’espoir dans le ciel assombri par les dynasties politiques et autres partis ne prônant ni fraîcheur ni vision. Hélas, le score peu encourageant de ces petits partis, assorti du fort taux d’abstention qui a caractérisé cette partielle, revient à penser qu’il faudra encore beaucoup d’autres élections avant que le peuple Mauricien se libère du joug de ses partis politiques classiques.

De fait, ces derniers jours de 2017 ne riment pas forcément avec joie, allégresse et bonheur. Certains parmi nous se contenteront d’indifférence et seront blasés, face aux malheurs des autres : c’est un choix. Mais pouvons-nous décemment rester insensibles ? Alors non, pas de Panadol avec effet illusoire. Plutôt, prônons une action citoyenne qui pourrait, on le souhaite ardemment, aider notre pays à s’extirper du marasme qui le guette…