-LETTRE À M. NANDO BODHA, MINISTRE DES INFRASTRUCTURES PUBLIQUES ET DU TRANSPORT-

Plus de 85 morts sur nos routes cette année…  Mais est-ce vraiment « l’alcool » au volant et la vitesse qui sont les principales causes de ces accidents fatals. Une réelle étude a-t-elle été faite à ce sujet ? Certes il y a comme partout quelques abrutis ivres qui prennent le volant mais ceux-là sont les arbres qui cachent une forêt d’incompréhension….

Avez-vous, Monsieur le Ministre, circulé un peu sur nos routes, sans chauffeur comme Monsieur Tout-le-Monde, pour prêter attention à ce qui s’y passe ? Nous avons un gros souci de mentalité à Maurice. Les gens sont indisciplinés et n’ont aucune considération pour les autres à partir du moment où ils prennent la route avec n’importe quel moyen de transport. Ils ne savent pas conduire et font n’importe quoi. Ajoutez à cela un problème d’infrastructure routière énorme, surtout au niveau des petites routes, dans les villes, et les villages. Constructions en bordure de route, arrêts d’autobus mal placés, voitures garées n’importe où, pas de trottoirs, nids-de-poule qu’il faut éviter et j’en passe. Les piétons, cyclistes, motocyclistes font ce qu’ils veulent, et s’il y a accident, la faute incombe a priori aux conducteurs de 4 roues. La circulation sur nos routes est devenue dense et les gens s’impatientent et prennent des risques parce que certains refusent d’attendre leur tour.

S’il y a des lois, elles ne sont pas respectées et la Police semble avoir du mal à les faire respecter. Où sont les motards et les voitures de police banalisées qui pourraient patrouiller sur les routes et ainsi arrêter les têtes brûlées et les abrutis qui mettent la vie des gens en danger ? Je suis sur la route régulièrement et il y a des vidéos qui sont postées sur FB. C’est choquant ce qu’on peut voir. La Police est absente car elle passe son temps à tendre des embuscades sur les limites de vitesse (on les trouve en grand nombre agglutinés dans des buissons !!)   

Bannir l’alcool au volant est une mesure punitive et qui ne pourra pas tenir la route. Il fallait trouver un bouc émissaire et les autorités ont choisi la solution de facilité en ciblant de façon exagérée le Monsieur Tout-le-Monde qui est loin d’être un danger public lorsqu’il a bu deux verres, au lieu de faire un travail de fond afin de cerner le problème. Le Zéro alcool au volant est un Jackpot pour les caisses de l’État mais ne va rien résoudre au problème de fond.

Pourquoi ne pas instaurer « la prohibition », Monsieur le Ministre ? Plus une goutte d’alcool dans le pays, cela réglera le problème plus efficacement… Et pendant que vous y êtes, pourquoi ne pas abolir l’importation des grosses cylindrées ou faire passer une loi pour que tous (je dis bien TOUS) les compteurs de vitesse soient bloqués à quatre-vingt-dix !?

Ceux qui aiment bien se faire plaisir de temps à autre en allant au restaurant faire un bon repas et déguster 1 ou 2 verres de vin, auront donc à engager un taxi ou prendre un chauffeur. Ces petits plaisirs coûteront très cher. J’ai bien peur que cela incitera les gens à rester chez eux. Ce ne sera plus possible pour un touriste qui se promène dans l’île de s’arrêter prendre une bière. Les Restos/Bars et autres lieux sociaux n’auront d’autre choix que de mettre la clé sous la porte.

Quand vous sortez, M. Le Ministre, pour vous rendre dans les cocktails et autres fonctions et que vous prenez un verre et que votre chauffeur, et les motards (payés par les contribuables) vous ramènent tranquillement chez vous, pensez à ceux qui ne pourront plus en faire de même en conduisant leur propre voiture.

Le problème est que dans ce pays, Monsieur Le Ministre, on est incapable de faire respecter la loi ; donc on interdit tout ! Autant interdire les speed boats, les voitures, les feux rouges (puisque certains ne les respectent guère…), les chevaux (puisqu’on n’arrive pas à lutter contre le dopage) et j’en passe et des meilleurs…

On pourrait écrire un livre sur le sujet, mais je vais m’arrêter ici et espérer qu’il y aura une réelle réflexion et un peu de discernement dans cette histoire. De grâce, épargnez les Mauriciens de tous ces interdits et que les autorités assument tout simplement leurs responsabilités.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes sentiments distingués.

DIANE RANDABEL