L’été touche enfin à sa fin. L’un des plus chauds et des plus secs que notre pays aura connu, prouvant ainsi, s’il le fallait encore, que notre planète était bel et bien engagée, et pour longtemps encore, dans le processus du réchauffement climatique. La faute, faut-il le rappeler encore, à notre trop forte dépendance aux énergies fossiles.

Aussi les scientifiques, experts du climat et activistes de tout bord préviennent-ils : l’heure du changement de paradigme énergétique est arrivée. Pour y arriver, disent-ils, la seule solution est d’opter pour une société totalement décarbonée, et donc d’investir de plus en plus massivement dans les énergies vertes.

Le problème, comme nous l’avons d’ailleurs déjà plusieurs fois évoqué dans ces mêmes colonnes, c’est qu’en sus d’un évident manque de volonté politique généralisé, nos décideurs étant indécrottablement persuadés qu’ils pourront éternellement capitaliser sur un développement soutenu et continu, au détriment de la viabilité de notre « Système Terre », il est un fait évident que nous ne sommes malheureusement pas tous logés à la même enseigne à travers le monde. Car si quelques pays, comme le nôtre d’ailleurs, bénéficient sur ce point à la fois du soleil, du vent et des marées, la majeure partie des autres ne dispose pas des mêmes facilités naturelles. Sans compter qu’il s’agit, pour le solaire et l’éolien, d’énergies intermittentes, et donc non disponibles à tout instant.

Qui plus est, ces énergies sont aussi fortement consommatrices d’hydrocarbures. Éoliennes et panneaux photovoltaïques ont en effet besoin, pour leur construction, de beaucoup d’énergie, fossile comme de bien entendu. Et il en est de même pour le stockage de l’énergie produite, autrement dit les batteries et autres accumulateurs. Un cercle vicieux duquel il apparaît dès lors difficile de sortir. Du moins à première vue…
Une solution existe cependant : le stockage hydraulique. Si cette technique n’est pas nouvelle (loin de là), elle s’avère en effet bien plus profitable, car bien moins coûteuse et, surtout, totalement en accord avec cette transition énergétique si nécessaire. Mais comment fonctionnent ces stations de transfert d’énergie par pompage ? En fait, le procédé est assez facile à comprendre. Ces stations sont composées de deux bassins séparés par un dénivelé. En cas de surplus énergétique, une pompe est alors actionnée pour puiser dans le bassin inférieur. Et lorsque la demande augmente, l’eau du bassin supérieur est simplement relâchée vers le bassin inférieur, alimentant une turbine, laquelle produit de l’électricité.

Quant au rendement, il est tout simplement remarquable. Non seulement quelques minutes suffisent pour produire de l’énergie lorsque le besoin s’en fait sentir, mais le coût de ce type d’installation serait 20 fois moins élevé que celui des batteries lithium-ion par kWh. Un système, qui plus est, facilement reproductible à l’échelle de la planète. Pour preuve, des chercheurs australiens viennent de publier un atlas de tous les sites potentiels susceptibles de pouvoir accueillir de telles stations. Et devinez quoi : il n’y en aurait pas moins de 530 000 à travers le monde, avec une capacité de stockage chacune située entre 2 et 150 GWh. Le directeur de cette étude, Matthew Stocks, fait d’ailleurs ressortir qu’à peine « 1% des meilleurs 530 000 sites suffirait à couvrir une production à 100% d’énergies renouvelables ». Un scénario qui, selon les chiffres avancés, pourrait être réalisé en générant 20 GWh de stockage par million d’habitants.

Il va sans dire que cette technologie, quoique facile à mettre en place, ne suffit pas. En parallèle, il convient assurément de poursuivre nos efforts afin de développer les sources de production énergétique vertes, optimisant nos « dernières » réserves d’hydrocarbures afin de favoriser l’expansion de l’éolien et du solaire à l’échelle mondiale. Une autre étude, américaine celle-là, fait d’ailleurs ressortir que l’on pourrait pourvoir 100% d’énergie renouvelable à environ 140 pays de la planète à l’horizon 2050.

Inutile de préciser que Maurice, de par son positionnement, est directement concernée.

Que l’on ne se méprenne toutefois pas : ces projets cumulés, bien que mis en pratique de manière individuelle – chaque pays étant en effet tributaire de son propre environnement climatique, géographique et budgétaire –, ne stopperont pas les effets du réchauffement climatique dans le court terme, ni même probablement dans le moyen. Néanmoins, à terme, ils pourraient permettre de sauver l’humanité d’une extinction assurée si l’homme persiste, malgré les avertissements, à poursuivre sa course folle sans se soucier des impacts de son développement sur son environnement. L’heure du changement a sonné. La rater équivaudrait à condamner l’humanité. Ne nous resteront alors plus que nos yeux pour pleurer !