Le nombre de touristes voyageant en avion est appelé à s’accroître davantage. Les statistiques révèlent qu’ils sont 1,2 milliard de touristes qui ont voyagé l’an dernier. Une personne sur six voyage annuellement et l’industrie du tourisme est la troisième au monde contribuant d’une manière significative à la croissance économique mondiale. Pour sa part, Air Mauritius a transporté 1,2 million de touristes en 2016 et projette d’en transporter plus. Face à cette tendance à la hausse, le tourisme durable est devenu un élément essentiel pour les compagnies d’aviation.
L’aviation et le tourisme durable est un sujet sur lequel s’est penchée la compagnie d’aviation nationale, Air Mauritius, dans le cadre de ses 50 ans à travers une conférence tenue à Landscope Mauritius mardi matin à Ébène. Le secrétaire général de l’Organisation Mondiale du Tourisme, Taleb Rifai, qui a fait le déplacement à Maurice pour cet événement, estime que le tourisme est l’avenir de l’Afrique, tout comme l’avenir se trouve en Afrique. « Il faut en tout temps développer la marque Maurice », dit-il en parlant de l’industrie locale. Pour lui, le secteur du tourisme peut contribuer à la richesse du pays et offrir des opportunités d’emplois pour les jeunes s’il est présenté comme il le faut. Si la croissance touristique est de 10 % annuellement, Taleb Rifai regrette que moins de 6 % d’étudiants choisissent le voyage et le tourisme comme matière d’études. « Les étudiants n’ont pas une bonne image du secteur et il faut le changer », dit-il. Dans un monde où le voyage prend plus d’ampleur, il souligne l’importance de la durabilité socio-économique pour qu’on puisse offrir un monde meilleur pour les générations à venir. « La durabilité n’est pas uniquement la protection de l’environnement mais également la préservation de la vie et de la richesse », pour que tout le monde puisse sortir gagnant, dit-il. Taleb Rifai estime qu’il n’y a aucune limite quant à la croissance du secteur du tourisme à Maurice ni sur le tourisme durable. Le plus important, selon lui, est de trouver l’équilibre entre la croissance et rendre le tourisme durable. Il se réjouit de la croissance de l’industrie du voyage malgré les conflits dans le monde.
Si Maurice veut continuer le développement du secteur touristique, le pays pourra-t-il accueillir jusqu’à 4 millions de touristes dans les années à venir ? C’est la question que pose le ministre du Tourisme, Anil Gayan, présent à cet événement. Il a pris l’exemple de Singapour, qui attire 16 millions de touristes, soit quatre fois sa population, et qui continue à améliorer ses infrastructures pour attirer encore plus de touristes. Selon lui, l’agrandissement de l’aéroport, la construction de six nouveaux hôtels dans le pays sont des moyens déployés pour que Maurice puisse davantage faire croître le secteur. Toutefois, il se demande si l’on peut construire des édifices pour accommoder les touristes comme cela se fait dans les autres pays. Trouver la densité idéale touristique pour Maurice sans compromettre la diversité culturelle est également un point à examiner, dit-il. Anil Gayan est d’avis qu’il faut consolider les marchés traditionnels tout en cherchant de nouveaux marchés. La question corollaire à cette démarche est de trouver l’équilibre entre les touristes venant des marchés existants et ceux qui viennent des marchés émergents. « Il nous faut de la diversité parmi les touristes pour que la société ne devienne pas hostile », dit-il. Par ailleurs, il indique que certaines compagnies aériennes chinoises veulent desservir Maurice, et de ce fait ajouter au nombre de touristes chinois dans le pays. Mais pour le ministre du Tourisme, des discussions sont nécessaires avant que cela se réalise. Au niveau du tourisme dans la région, il souligne que des travaux seront réalisés sur Agaléga, notamment avec l’agrandissement de la piste d’atterrissage et d’autres facilités. Il estime qu’Agaléga peut devenir un « hub » pour les bateaux de croisière. Si le tourisme est un moteur de croissance, Anil Gayan estime qu’il doit être soutenable.
Pour Somas Appavou, CEO d’Air Mauritius, l’entreprise continue son envol et a mis en place des actions soutenables pour la préservation de l’environnement et également sur sa flotte. En ce sens, il soutient que les nouveaux avions qu’Air Mauritius réceptionnera jusqu’en 2023 seront de 25 % plus « fuel efficient » que les avions conventionnels. De plus, la campagne « one take off one plant » lancée par la compagnie permet de mettre en terre 6 000 plantes chaque année. Par ailleurs, il avance que 95 % des touristes ont voyagé par MK l’an dernier. Somas Appavou, qui vient de prendre les rênes d’Air Mauritius, souhaite que le nombre de pilotes mauriciens augmente par rapport à celui des expatriés. En ce moment, le nombre de pilotes mauriciens est de 49 % contre 51 % d’expatriés. Lors de cet événement, la campagne Travel. Enjoy. Respect de l’UNWTO a été lancée par Taleb Rifai.