Le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, à l’issue de la réunion du Conseil des ministres hier, a annoncé à la presse les mesures qui ont été prises pour permettre à ceux ayant investi dans le SCBG de recouvrer leur capital. Un premier groupe de personnes qui ont investi jusqu’à Rs 500 000 seront remboursées au plus tard le 15 mai alors que ceux ayant investi plus de Rs 500 000 bénéficieront chacun d’un remboursement maximum de Rs 500 000 au plus tard le 30 juin prochain. Pour la différence, le gouvernement prévoit des émissions de debentures en cinq tranches échelonnées sur cinq ans à partir de 2016. SAJ s’est dit satisfait d’avoir sauvé le pays d’un désastre financier. Il a par ailleurs maintenu qu’il y a eu un « Ponzi de très vaste proportion » et a annoncé que les autorités « poursuivront les escrocs et leurs coffres partout, où qu’ils se trouvent » dans le monde.
Le Premier ministre a, d’entrée, rappelé la déclaration qu’il avait faite le 3 avril dernier pour faire état du méga scandale BAI concernant la mise en place d’un mécanisme « monstrueux » pour « arnaquer les Mauriciens ». La Financial Services Commission et la Banque de Maurice avaient eu à bouger très vite, selon lui, pour prendre leur décision en raison du risque qui pesait sur le système financier. « L’intérêt national était la première priorité du gouvernement », a-t-il soutenu.
L’autre priorité du gouvernement était de sauvegarder  l’intérêt des déposants à la Bramer Bank et les détenteurs de polices d’assurance à la BAI. « J’avais promis que nous irions jusqu’au fond de ce scandale et de faire le nettoyage nécessaire. Mon gouvernement a sauvé le pays d’un  désastre financier qui aurait pu atteindre des proportions inimaginables si nous n’avions pas pris les décisions nécessaires. Le système financier aurait dégringolé », a-t-il dit. SAJ s’est dit « attristé » de voir certaines personnes essayer de « communaliser la situation » afin, dit-il, « d’en retirer un capital politique ». Il s’est attaqué surtout à certains du Parti travailliste qui, selon lui, sont « complices des arnaques » qui ont fait des milliers de victimes. « Ils ont utilisé le pouvoir pour empêcher les institutions de fonctionner et laisser leurs proches faire tout ce qu’ils veulent sur le dos de la population. Ils sont tous aussi coupables que Dawood Rawat et les autres personnes. Je maintiens qu’il y a eu un Ponzi de très vaste proportion », a-t-il lancé.
Sir Anerood Jugnauth a souligné que le Super Cash Back Gold a pris son envol en 2007 lorsque le gouvernement travailliste avait décidé de taxer les intérêts touchés par les épargnants sur leurs placements bancaires. C’est ainsi que les gens ont cherché d’autres moyens pour placer leur agent afin de ne pas payer la taxe sur les intérêts, dit-il. C’est depuis ce moment, a-t-il soutenu, que la BAI a lancé sa campagne concernant le SCBG. Selon SAJ, quelque 14 570 personnes sont tombées dans le piège  de la BAI, ce qui représente 24 690 polices d’assurance.  Il a fait remarquer qu’alors que les intérêts bancaires variaient entre 3 et 4% , la BAI, elle, en offrait allant jusqu’à 14,5% alors que le retour sur investissements tournait autour d’à peine 1%. De plus, a expliqué SAJ,  les détenteurs des polices d’assurance étaient  invités à  renouveler leurs polices d’assurance lorsqu’elles arrivaient à maturité. En même temps, de nouveaux épargnants étaient recrutés « parce qu’il n’y avait pas suffisamment de retour » sur investissements.  
Jusqu’à 85% des fonds recueillis des polices d’assurance étaient investis dans les compagnies appartenant à la BAI alors que la loi stipulait le plafond à pas plus de 10%. De plus, des transferts de l’ordre de Rs 6 milliards ont été effectués sur le compte personnel de Dawood Rawat. De même, selon lui, l’argent a également été utilisé « pour l’achat de châteaux et de biens immobiliers à Rome, en Roumanie, à Londres, aux Etats-Unis et ailleurs ».
« Les agents de la BAI ont encouragé les gens à emprunter de la Bramer Bank pour investir dans le SCBG. » Selon lui, l’argent a « quitté la Bramer Bank pour aller à la BAI avant d’être transféré à BA investment au profit de Dawood Rawat ». Il poursuit : « Je ne comprends pas comment des gens peuvent encore défendre Dawood Rawat. Tout cela démontre qu’il y a eu un Ponzi Scheme de grande envergure. » Et d’observer que des « structures complexes » ont été mises en place. « Il y a eu une escroquerie préméditée avec la complicité du pouvoir travailliste. Depuis 2012, la BAI était déjà en faillite. GLAD Investment, incorporé à Malte, démontre qu’en 2012, il y avait un trou de plus de Rs 10 milliards. Ses auditeurs avaient reconnu que la BAI allait vers la faillite », a expliqué SAJ.
Le Premier ministre a accusé le gouvernement travailliste d’être resté « inactif » parce que Navin Ramgoolam était proche de Dawood Rawat. « Mon gouvernement est venu en aide à ceux qui se sont retrouvés en difficulté par la faute du gouvernement travailliste », a-t-il soutenu. Et de rappeler les mesures prises par son gouvernement, dont la création de la National Commercial Bank, ayant ainsi « rassuré les épargnants » de la Bramer Bank. Les 135 283 détenteurs de polices d’assurance réguliers ont également été protégés.
Le Premier ministre a ensuite annoncé la décision du  Conseil des ministres de proposer un package en faveur des déposants du Super Cash Back Gold de la BAI, soit un total de 14 570 personnes, pour 24 690 polices d’assurance et pour un montant de Rs 19,2 milliards. Ainsi, ceux ayant investi jusqu’à un maximum de Rs 500 000 chacun, seront remboursés intégralement au plus tard de 15 mai. Quelque 8 240 personnes se trouvent dans cette catégorie, vu qu’elles ont placé leurs Lump Sums, VRS et autres économies dans ce Scheme avec des promesses de taux d’intérêt de 14,5% l’an. Le coût est estimé à Rs 2,5 milliards.
Le deuxième volet de ce package concerne 7 846 anciens clients de la BAI, qui ont investi plus de Rs 500 000. Au plus tard le 30 juin prochain, ils bénéficieront d’un remboursement maximal de Rs 500 000 chacun. Le coût est évalué à Rs 3,9 milliards. Pour le reste des sommes investies, le gouvernement prévoit des émissions de debentures en cinq tranches annuelles à partir du 30 juin 2016.
Le gouvernement compte par ailleurs mettre sur pied un National Property Fund dans le cadre de ce package en faveur des victimes de « l’arnaque de Dawood Rawat ». Un administrateur sera également nommé en vue de recouvrer les fonds nécessaires avec l’écroulement de l’empire Rawat. Le Premier ministre a remercié le ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo, le ministre des Services financiers Roshi Bhadain et l’Attorney General Ravi Yerrigadoo « pour le travail accompli » avec ce package en vue de sauvegarder les intérêts des clients du Super Cash Back Gold.
Sir Anerood Jugnauth a confirmé la détermination du gouvernement d’aller au fond du BAI Ponzi Scheme avec les coupables, où qu’ils se trouvent, et de « traîner ces derniers en justice ». Le Premier ministre a insisté sur le fait que le gouvernement est means business. « Le transfert des avoirs de la BAI dans le NPF et dans la compagnie d’assurance se fera dans le respect de la loi et des procédures existantes. Aucun escroc ni leurs complices ne sera épargné. Nou pou alle tir tou coffre kotte zot ete a travers le monde. Les châteaux achetés avec l’argent des Mauriciens devront revenir aux Mauriciens et l’argent transféré sur les comptes personnels devra être remboursé. Les arnaqueurs devront payer pour le mal fait à la nation mauricienne », a lancé le Premier ministre. Répondant à des questions, il a notamment indiqué « qu’il n’y a et n’aura pas de négociations » avec la BAI.