L’enquête sur l’opération « Daylight Robbery » au vu du démantèlement de l’empire-Rawat, avec des Assets surévalués à Rs 33 milliards, a pris une nouvelle tournure depuis ce matin. Deux opérations distinctes ont été mises à exécution, d’une part, les dessous des transferts bancaires pour un montant de Rs 9 milliards, et ce depuis 1995, ont été dévoilés suite à un exercice de contrôle de la Banque de Maurice, se prévalant de ses pouvoirs et de ses prérogatives sous la Banking Act, et d’autre part, des éléments du Central CID, placé sous la supervision de l’assistant commissaire de police, Heman Jangi, accompagnés de membres de la Special Supporting Unit (SSU) armés, mènent des perquisitions simultanées en la résidence du Chairman Emeritus du groupe BAI, Dawood Rawat, dans le Diplomat Enclave à Floréal et également en son bungalow de La Preneuse, Rivière-Noire. À la mi-journée, l’exercice policier se poursuivait encore à Floréal alors qu’il avait déjà pris fin au campement de Rivière-Noire.
« Nous laissons la police faire son travail en exécutant le mandat de perquisition. Mais à cette heure-ci, aucun objet compromettant n’a été retrouvé. Je pense que le travail pourrait se poursuivre en l’absence des conseils légaux de la famille Rawat », a déclaré Me Shakeel Mohamed alors qu’il quittait la résidence de Dawood Rawat. Auparavant, Me Yousuf Mohamed, Senior Counsel, avait quitté les lieux après avoir assisté à une partie de cette opération policière, qui avait démarré dès 5 heures ce matin dans les deux endroits. En début d’après-midi, des renforts sous forme de membres de la Special Mobile Force ont débarqué dans l’enceinte de la résidence des Rawat, du jamais vu dans le Diplomat Enclave de Floréal, le quartier le plus huppé de Maurice.
Aux termes de ces perquisitions policières, il faudra s’attendre à assister aux premières convocations pour interrogatoire Under Warning. Mais qui sont les premiers du clan bancaire et familial Rawat à intéresser les limiers du Central CID ? À la mi-journée, aucune indication n’était disponible au sujet du plan de travail élaboré mais tout semble indiquer que dans un premier temps, des membres de la famille Rawat, dont ses deux filles Aleena et Laina, ne feront pas partie du groupe initial à moins que des développements plus conséquents n’interviennent.
Dans l’immédiat, le Central CID pourrait se préoccuper des explications des hauts cadres, dont le Chief Executive Officer de BAI, Oomeshsingh Sookdawoor. Ce dernier pourrait être acculé sur le mécanisme mis en place au sein du groupe BAI pour le transfert de fonds aux produits de Dawood Rawat, et ce depuis 1995. À cet effet, les hommes de l’ACP Jangi pourront bénéficier de la Documentary Evidence établie par la Banque de Maurice pour des transferts bancaires d’un montant de Rs 9 milliards au cours de cette période.
Les recoupements d’informations indiquent que le système pour alimenter les comptes à l’étranger de ce dernier décoré en date de la Légion d’Honneur de la République Française impliquait une autre banque commerciale de l’ex-Bramer Banking Corporation Limited. Dans un premier temps des sommes de Rs 5 millions étaient transférées chaque semaine des comptes du groupe BAI vers un compte spécifique dans cette banque commerciale avant tout Despatching bancaire vers l’étranger. Puis au fil des années, et avec des montants de plus en plus conséquents des contributions sous le Super Cash Back Gold de BAI, le rythme allait connaître une nette accélération pour être à des opérations de transferts de plus d’une fois par jour au cours de ces dernières années.
« Redirect » les fonds
Usant de ses prérogatives et de ses pouvoirs sous la Banking Act, la Banque Centrale a écrit officiellement à la banque commerciale, une enseigne considérée comme au-dessus de tout soupçon et très BCBG dans les milieux bancaires, pour des compléments d’informations sur ces opérations avec l’ex-Bramer. La mission de cette banque était de « Redirect » ces fonds sur des instructions précises venant de BAI. Le recours à cette tierce banque avait pour objectif de ne pas éveiller de soupçons des autorités sur ces cas de détournements et de blanchiment de fonds. La réaction de cette banque commerciale aux Queries de la Banque Centrale devra être connue en fin de journée, fait comprendre des sources bien informées.
Même si ces éléments d’informations confirmant les détournements de fonds et autres cas de Larceny devront constituer la Charge Sheet contre Dawood Rawat aussi bien que contre des membres de son clan dans ce que l’hôtel du gouvernement présente comme le Ponzi le plus historique de Maurice. Néanmoins, les enquêteurs de la police sont déjà en présence de Damning Evidence contre le Chairman Emeritus.
Des preuves flagrantes de transferts d’une somme de Rs 35 millions, puisée directement du Super Cash Back Gold, avec 24 000 clients luttant désespérément pour recouvrer leurs placements de Rs 19,2 milliards sans compter les intérêts et autres bonis. Cette somme de Rs 35 millions a été placée directement dans les comptes de Dawood Rawat. Ce seul détail devra constituer la base d’une motion à être présentée devant le tribunal de Port-Louis pour réclamer l’émission d’un mandat d’arrêt international contre B (h) AI, pour les intimes, Dawood.
Avec cet élément, l’étau se resserre davantage autour du Chairman de la BAI en déclin car tôt ou tard, Interpol devra se mettre de la partie pour appréhender celui qui a bénéficié de plus de Rs 1 milliard sous forme de Tech Fees ou de Management Fees, dans la fourchette de 3 à 5 %, imposés sur les compagnies du groupe BAI, dans les coffres d’un bureau à Piccadilly Circus à Londres…