La bande dessinée, c’est de l’art. C’est aussi des dessins, illustrant une histoire, des personnages, de l’émotion et des paroles dans des bulles. Considérée comme le neuvième art, la BD subsiste un intérêt chez les jeunes à la découverte de ces juxtapositions de dessins et de l’admiration chez les adultes collectionneurs de ces chefs-d’oeuvre. À Maurice, la bande dessinée demeure une forme littéraire connue, appréciée, mais sans figurer parmi les best-sellers des libraires.
Laval Ng, illustrateur réputé de l’île, est un connaisseur et un collectionneur. Il comptabilise aujourd’hui plus de 1 500 bandes dessinées. Dans son Top  figurent Dark Knight et Salammbô. Des univers de superhéros, où les types aux allures geek changent le monde en enfilant leurs costumes. “Toutes ces BD m’ont poussé à devenir illustrateur. Cette pratique fait appel à l’imagination et à la créativité. Dans une bande dessinée, contrairement à un roman, il faut plus de dessin et beaucoup d’action. Il faut donner aux lecteurs l’impression d’être dans le scénario et de pouvoir imaginer la suite des événements uniquement en regardant une image”, confie l’illustrateur de la dernière bande dessinée mauricienne Paul et Virginie, réalisée avec Shenaz Patel.
Technique.
Créée au XIXe siècle, la bande dessinée a été expérimentée presque au même moment que la photographie et le cinéma. Notre interlocuteur explique qu’il en existe trois types. La franco-belge, cartonnée, qui contient 46 pages, l’américaine, haute en couleur avec 22 pages et la japonaise, des mangas en noir et blanc avec une centaine de pages.
“Chaque bande dessinée est différente. Différente dans la technique de dessin. Mon style, c’est plus la BD franco-belge. Je griffonne sur du papier avec des crayons, des plumes, des feutres et des pinceaux. Mais aujourd’hui tout est plus informatisé. Certains dessinent directement sur l’ordinateur”, explique Laval Ng.
En tant que collectionneur, ce dernier confie qu’une bande dessinée, le lecteur l’achète pour la vie, car une BD a un intérêt physique.
Sensibilité.
Un fait que soutient également Michel Coquet, directeur d’IPC et producteur de Paul et Virginie. Également passionné de bande dessinée, il confie qu’une bande dessinée doit projeter de la sensibilité. “Paul et Virginie a été un véritable succès. Le vécu de Laval Ng a donné un rendu extra. Lorsqu’on feuillette cette bande dessinée, on comprend instinctivement l’histoire, car les illustrations sont fortes. C’est ce qui fait une bonne BD, au même titre que les classiques tels que Tintin et Astérix”, soutient Michel Coquet.
Si ce dernier apprécie autant les bandes dessinées, c’est parce qu’elles lui permettent de se relaxer. La lecture est facile, elle développe l’esprit et permet d’apprendre beaucoup de choses. Mais en tant que producteur, Michel Coquet avoue que l’objectif est de maintenir une bonne qualité d’impression afin que le lecteur soit satisfait dès qu’il tient son livre en main.
Intemporelle.
“Une fois le livre en main, le lecteur doit avoir un coup de coeur”, explique Laval Ng. Pour un collectionneur, cela se produit en regardant l’illustration de la couverture et en lisant le résumé.
Du côté de Bookcourt, Jinny Lam, responsables des librairies Bookcourt à travers l’île, confie que la vente des bandes dessinées est intemporelle. Dès 8 ans, les enfants se ruent vers les étagères pour découvrir les best-sellers tels que Tintin ou Astérix. “C’est ce qui fait le charme de la bande dessinée, il n’y a pas d’âge pour la lire. Il n’y a pas de clientèle particulière, mais quelques collectionneurs, qui réservent d’avance leur BD ou qui en achètent chaque semaine”, explique la responsable. Elle soutient cependant qu’à Maurice, bien que les bandes dessinées soient très prisées, la section ne fait pas partie des best-sellers, contrairement aux romans ou aux livres pour enfants.
Concernant les prix, Jinny Lam explique qu’une bande dessinée peut varier entre Rs 400 et Rs 700.