La croissance du Produit intérieur brut de Maurice aux prix du marché (calculés en dollars) s’élèverait cette année à 3,3 % contre 4,1% en 2011. Elle devrait rebondir en 2013 pour se situer à 4,3 %. C’est ce que prévoit la Banque mondiale dans l’édition 2012 des Perspectives pour l’économie mondiale qui a été rendue publique cette semaine (voir Le Mauricien d’hier).
Dans ses nouvelles prévisions économiques, la Banque mondiale (BM) a revu à la baisse son estimation de la croissance de l’économie mondiale en 2012, la ramenant à 2,5 % (au lieu de 3,6 % comme indiqué en juin 2011). Pour les pays en développement, le taux a aussi été corrigé : 5,4 % par rapport à 6,2 % estimé en juin 2011.
S’agissant de l’Afrique subsaharienne, groupe auquel appartient Maurice, la croissance devrait tourner autour de 5,3 % cette année. Mieux que les 4,9 % de 2011. Cependant, plusieurs pays de la région vont enregistrer des taux inférieurs à ceux de l’année précédente. Maurice (de 4,1 % à 3,3 %), l’Afrique du Sud (de 3,2 % à 3,1 %), le Botswana (de 6,8 % à 6,2%), le Ghana (de 13,6 % à 9 %), entre autres, sont parmi les rares pays de la région dont la progression du Produit intérieur brut (PIB) serait en repli comparativement à 2011.
Parmi les autres pays d’Afrique subsaharienne, ceux qui vont, selon la BM, faire mieux qu’en 2011 sont plus d’une vingtaine. Les taux de croissance élevés des pays suivants sont à souligner : l’Angola (8,1 % contre 7 % en 2011), les Comores (2,5 % contre 2,3 %), la Côte d’Ivoire (4,9 % contre -5,8 %), le Lesotho (5,1 % contre 3,1 %), Madagascar (3 % contre 2,6 %), Mozambique (7,6 % contre 7,4 %), les Seychelles (4,7 % contre 4 %) et la Sierra Leone (44 % contre 5,6 %). Ce dernier pays a organisé dans le passé une mission de promotion commerciale et des investissements à Maurice.
Dans sa revue de la performance de l’Afrique subsaharienne, la BM affirme que malgré les turbulences qu’a connues l’économie mondiale en 2011, la croissance de la région est restée solide, progressant de 4,9 % (4,8 % en 2010). Excluant l’Afrique du Sud, la croissance régionale est encore plus vigoureuse (5,9 %), fait ressortir la BM. « Ce qui en fait l’une des régions en développement dont l’expansion est la plus rapide. En effet, un tiers des pays de la région ont progressé au rythme d’au moins 6 % et 40 % des pays ont enregistré une croissance comprise entre 4 et 6 % », écrit la BM.
Selon le rapport de la BM, « le principal moteur de croissance en Afrique subsaharienne a été la demande intérieure (la hausse de la consommation, des investissements et des dépenses publiques consacrées à des activités productives), la demande étrangère, conjuguée au renchérissement des produits de base, fournissant elle aussi une forte impulsion ». Les investissements directs étrangers (IDE) vers l’Afrique subsaharienne ont augmenté de 25 % l’année dernière ; les IDE allant surtout au secteur des industries extractives (exploitation minière).
La BM soutient que « les facteurs sous-jacents qui ont favorisé la dynamique de croissance en Afrique subsaharienne devraient persister dans les années à venir », la croissance devant être de 5,6 % en 2013. Maurice réaliserait un meilleur taux l’année prochaine (4,3 %). Au total, la BM prévoit des taux plus élevés pour une trentaine de pays.
Toutefois, l’institution de Bretton Woods met en garde contre les risques de dégradation, de la croissance pour cette année, laissant comprendre que « l’intensification des incertitudes liées à la crise de la dette dans la zone euro pourrait en effet grever la croissance en Afrique subsaharienne de 1,3 point de pourcentage en 2012 ». De plus, les exportations de marchandises, les recettes du tourisme, les cours des produits de base, les IDE et les envois de fonds des travailleurs émigrés sont très vulnérables dans une situation de crise.
La BM recommande dans la conjoncture une gestion efficace des dépenses budgétaires, une diversification accrue des produits et marchés d’exportation et un assouplissement des taux d’intérêt directeurs notamment dans les pays qui sont en mesure de maîtriser l’inflation et qui disposent d’une marge de manoeuvre pour la politique monétaire. Un tel assouplissement, ajoute-t-elle, devrait aider à stimuler la demande intérieure et soutenir la demande globale surtout face à un repli anticipé de la demande extérieure.