Rakesh Gooljaury a visiblement toujours la côte. Celui qui était un gros créancier d’une banque étatique qui est sous perfusion à grand renfort de fonds publics vient d’obtenir de celle-ci et d’un organisme financier contrôlé par le gouvernement d’importants crédits pour ses compagnies dont la rentabilité et la viabilité restent encore à prouver. Cette dernière affaire a pris des allures de scandale au sein des banques concernées où l’on s’étonne que ce soit les mêmes qui se servent, que les gouvernements changent ou pas.
Les employés de ces organismes ne manquent pas de rappeler que le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, avait, lors d’une conférence de presse tenue le 7 mai de cette année, annoncé une remise en ordre des institutions sous contrôle du gouvernement tout en affirmant sur un ton des plus catégoriques, « qu’à partir de lundi, nos hommes de loi vont s’asseoir avec Rakesh Gooljaury ».
Or, il semblerait que ce soit le conspirateur de la soirée du 3 juillet 2011 au campement de Navin Ramgoolam à Roches-Noires qui est en train de s’asseoir sur la tête du ministre des Finances. Non seulement n’est-il ni traqué ni pourchassé, mais il bénéficie d’une nouvelle manne de la banque.
De nombreuses questions sont posées sur cette banque et son Board Credit Sanctioning Forum où l’on retrouve la copine d’un ministre, un ancien du privé qui passe comme une lettre à la poste d’un gouvernement à un autre et d’autres nominés politiques récents.
Ceux qui connaissent le dossier veulent aussi savoir ce que compte faire la Banque de Maurice et son gouverneur Ramesh Basant Roi, toujours très volubile lorsqu’il s’agit de la British American Investment. Et les prêts toxiques des organismes d’État et l’argent des contribuables? se demandent-ils. Non sans avoir ironisé sur la « bonne gouvernance ».