La possibilité que les employés de la Barclays Bank of Mauritius Limited, qui opérera à l’avenir sous la marque ABSA, aient bientôt recours à une grève se précise de plus en plus. Ce serait une grande première si les employés de cet établissement bancaire se lancent dans une telle confrontation avec leur employeur.

Toutefois, selon le syndicat des employés, la direction de la banque aura néanmoins la chance de l’éviter si un dialogue prévu dans le courant de la semaine parvient à décanter la situation. Selon Jack Bizlall, responsable du comité technique de la Fédération des syndicats progressistes (FPU) que les employés concernés ont désigné pour être leur porte-parole, lors d’une assemblée générale tenue le 28 février dernier, des propositions de la direction concernant les salaires et autres allocations ont été examinées.

Or, selon Jack Bizlall, « les employés ont été choqués de la décision de la nouvelle direction installée en Afrique du Sud de n’octroyer qu’une moyenne de 7% d’augmentation basée sur les salaires en vigueur en janvier 2011. Rien n’a été prévu en termes de révision des allocations et des arriérés dus depuis le 1er janvier 2016 ne seront remboursés qu’à 50%. » C’est en prenant connaissance de ces dispositions que les employés de la Barclays ont voté à l’unanimité pour le principe de la grève.

Depuis le 7 mars, leur syndicat a averti les autorités qu’il passera bien par l’étape de la Commission de conciliation et de médiation imposée par la loi, mais que si aucun accord n’est conclu et au cas où les parties ne soumettent pas le litige à l’arbitrage, d’ici un mois au plus tard, une grève deviendra « inévitable. » Le syndicat dit «  déplorer que la Banque centrale reste insensible au fait que les employés attendent leur révision de salaires depuis le 1er janvier 2016. » Jack Bizlall rappelle que Barclays Bank PLC d’Angleterre a vendu ses intérêts dans le groupe BAGL en Afrique du Sud et que ce sont des Sud-Africains qui ont désormais le contrôle de la branche mauricienne, laquelle est d’ailleurs appelée à changer de nom pour prendre celui d’ABSA.

Une réunion entre les techniciens du syndicat et ceux de la direction est programmée dans le courant de la semaine, soit entre lundi et mardi, pour tenter de trouver une issue au conflit. Cependant, Jack Bizlall appréhende un durcissement de la part du syndicat si, comme l’indique la tendance, la direction de la banque campe sur ses positions. La direction de la Barclays à Maurice aurait affirmé que sa maison-mère a déjà budgété une somme et qu’elle ne comptait pas aller au-delà de l’enveloppe accordée pour les salaires et autres révisions.