Le CCID enregistre une déposition du ministre Etienne Sinatambou contre ses « détracteurs » hier à son bureau.

La “Bater Bis Saga”, avec ses factures d’hôtel au nom du ministre de la Sécurité sociale et de l’Environnement Etienne Sinatambou, est loin d’être classée. Un nouvel élément s’ajoute à la controverse entourant les “Billing Instructions” de “Free of Charge” pour le fameux dîner du 30 juin 2019, qui avait réuni six personnes, incluant le ministre du MSM. En effet, un document qui circule sur la place publique vient alimenter la thèse que l’élu de la circonscription No 16 (Vacoas-Floréal) aurait pu obtenir cette faveur de la direction de l’hôtel Martitim, à Balaclava. Le document, qui représente les “Daily Morning Minutes” de l’établissement hôtelier en date du 1er juillet 2019, confirme ainsi la présence des six personnes dans la soirée du 30 juin. « Minister Sinatambou came for dinner at LMR (6 pax) yesterday. To check with RR if bill has been sent to the Ministry or if they had the dinner FOC », avance le document en question.

Si le ministre Sinatambou a justifié jusqu’ici son séjour de deux nuits en septembre 2018 sous la forme de “complimetary accomodation”, dont « the amount to be absorbed by the hotel » comme étant un hébergement officiel aux frais de l’État pour sa participation au conseil des ministres de la Commission de l’océan Indien, il n’a cependant pas fourni d’explications quant au dîner du 30 juin. De ce fait, à en croire les “Daily Morning Minutes” du 1er juillet du personnel de l’hôtel Maritim, il n’était vraisemblablement pas question de dîner officiel ou ministériel le soir du 30 juin à Balaclava.
Pour l’heure, Etienne Sinatambou persiste et signe en affirmant qu’il n’a ni séjourné, ni dîné gratuitement dans cet établissement hôtelier, dont il précise être un client habituel. Le ministre a soutenu qu’il détient un compte personnel en tant qu’habitué du Maritim et qu’il jouit d’une facilité pour « régler (ses) factures ultérieurement ». Le hic, c’est qu’alors que le dîner “Free of Charge” s’est déroulé à la période où la Maritim Mauritius Ltd était en contact administratif avec le ministère de l’Environnement du même Sinatambou dans le cadre de sa demande d’Environmental Impact Assessment pour son « proposed extension and refurbishment works within the hotel premises of Maritim Resort and Spa » à Balaclava.

Le ministre affirme ne rien savoir de cette demande de l’hôtel déposée à son ministère. Toujours est-il qu’à l’éclatement de cette “Bater Bis Saga” samedi dernier, il n’avait toujours pas réglé sa facture du 30 juin.
Par ailleurs, de sources concordantes indiquent que le ministre Sinatambou a reçu des officiers du CCID hier à son bureau pour consigner une déposition contre ses détracteurs, de même que des articles de presse. On laisse entendre que les officiers du CCID ont fait le déplacement chez le membre du gouvernement MSM-ML, qui a voulu rester loin des photographes de presse. Il aurait fait état d’une violation de la Data Protection Act à son encontre, avançant qu’il s’agirait d’un « complot », et ce de connivence avec certains employés de l’hôtel, avec pour objectif de lui nuire en cette période de fin de mandat.

À noter aussi qu’à ce stade, l’ICAC de Navin Beekarry n’a donné aucune indication quant à ses intentions d’enquêter sur cette “Bater Bis Saga” qui, pour certains, serait un cas correspondant à l’article 15 (a) de la Prevention of Corruption Act. Affaire à suivre…