Le leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM), Pravind Jugnauth, a déclaré, hier en début de soirée, que le vrai danger pour Maurice ne vient pas de l’opposition « mais d’une mafia qui est installée à la tête de certaines institutions du pays ». C’était à Caroline, Bel-Air, lors d’un get together donné par le comité régional du MSM et l’inauguration d’un bureau.
Selon Pravind Jugnauth, « cette mafia se sert du pouvoir qu’elle a pour met baton dan larou gouvernman ki fin eli demokratikman ». « Ces gens-là bénéficient d’une certaine protection de la loi. Ils ont le droit d’avoir une opinion politique différente que la nôtre mais pa servi pouvwar pou met baton dan larou », a-t-il lancé à l’adresse de ceux qui sont à la tête des institutions concernées. « Sa se veritab lopozisyon sa », a-t-il déclaré, avant de vite ajouter : « Je ne citerai aucun nom de ces institutions en présence de la presse qui est présente, bien que nous ne l’ayons pas invitée. Mais nous l’avons quand même accueillie. »
Auparavant, le leader du MSM est revenu sur le Good Governance and Integrity Reporting Bill voté jeudi soir au Parlement. Il a assuré à la population que la majorité d’entre elle n’est pas concernée par cette loi. « Nous visons les trafiquants de drogue qui gagnent des millions de roupies et qui investissent dans l’immobilier. Pensez-vous que cette loi concerne les marchands de dholl puris et les chauffeurs de taxi, mais non, elle s’appliquera aux bandits qui pratiquent des activités illégales », a-t-il déclaré. Pravind Jugnauth s’est demandé quelle cause le PTr est en train de défendre en votant contre cette loi. Il a aussi dit qu’il ne comprenait pas la décision du MMM de voter l’amendement constitutionnel mais pas la loi sur la bonne gouvernance.
M. Jugnauth a aussi longuement commenté sa démission comme ministre suite à sa condamnation par la Cour qui selon lui, est « un accident de parcours ». « J’ai démissionné parce que je ne pouvais pas fonctionner comme ministre. Quel exemple j’allais donner ? Mo ti oule ki zot mars la tet ot lor simin e ki dimounn pa dir zot lider li fin kondamne », a-t-il fait ressortir. Il ajoute qu’il n’était attaché ni à un poste ni a un siège, avant de rappeler avoir démissionné comme ministre du gouvernement travailliste en juillet 2011 « ki ti pe amenn pei la dan enn trou ».
Revenant sur les résultats des dernières élections générales, il a déclaré que le peuple a donné le pouvoir à l’Alliance Lepep « pou balye zot e pou met lord dans pei ». « Nous nous occupons aussi de l’économie, nous avons introduit un no-tax budget et nous avons augmenté la pension de vieillesse. Là, nous allons accorder une subvention aux abonnés de la CWA qui utilisent moins de 6 m3 d’eau et à ceux du CEB qui consomment un certain volume d’électricité, au bénéfice de 64 000 et 70 000 personnes respectivement ». Il a terminé en assurant à la population que « ce gouvernement est responsable, il parle le langage de la vérité et mène le pays à bon port ».
Le ministre du Business et de coopératives, Sunil Bholah, ainsi que le député Sudhir Seesungkur ont également pris la parole à cette activité présidée par le député Kalyan Tarolah.