Belingo Faro a tenu la basse au sein du prestigieux Ernest Wiehe Jazz Quartet. Du clavier, ce musicien passe au piano avant de se consacrer à la composition et d’en proposer le fruit dans une trilogie dont le deuxième volet, La traversée, est dans les bacs.
Scope propose une traversée du parcours d’un musicien pas comme les autres.
Un gamin de quatorze ans course sa petite soeur dans leur maison à Saint Patrick. Querelle d’enfants. Il pousse la porte violemment. La vitre se brise et lui taillade l’avant-bras. Les tendons sectionnés sont recousus, mais Belingo ne retrouvera pas l’usage entier de sa main droite.
Un mal pour un bien, notamment lorsque Belingo se mettra au clavier quelques années plus tard. Il sera amené à développer un jeu différent. “La main gauche des pianistes droitiers est généralement moins agile que la droite.” Le musicien doit s’adapter. Ce qui aurait pu être un handicap deviendra un atout.
Ses grands frères sont guitaristes. Il n’a pas le droit de toucher aux instruments ni aux amplis. L’interdiction suscite l’intérêt du garçon. Des groupes viennent répéter dans le garage. Lorsque le batteur ou le bassiste ne sont pas à l’heure, Belingo remplace au mieux de ses possibilités. Guitare, basse, batterie… Les seuls instruments disponibles dans les années soixante-dix.