Le jugement de la Commission des droits de l'Homme des Nations unies est venu relancer le débat sur le Best Loser System et d'un point de vue plus large sur notre système électoral. Sans vraiment remettre en cause la méthode que nos législateurs ont mise en place pour choisir les députés correctifs, la Commission est d'avis que dans l'état actuel des choses, les droits de tous les citoyens mauriciens ne sont pas garantis. L'État mauricien est d'ailleurs tenu à montrer les changements qu'il compte apporter pour revoir le système électoral dans un délai de 180 jours à partir de la date du pronouncement.
A ce jour, rien ne semble indiquer que le pouvoir en place possède les solutions pour nous mettre en accord avec les observations des Nations unies. Le Premier ministre laisse le soin aux autres, le MMM, en particulier son leader Paul Bérenger et l'ancien ministre des Finances, reconverti en spécialiste du système électoral, Rama Sithanen, de faire propositions et contre-propositions. Et s'il ne vient toujours pas avec une proposition, si tant est qu'il en a une, Navin Ramgoolam se permet même d'interdire aux autres, comprenez son ancien allié, d'avoir voix au chapitre puisqu'il a fermement déclaré qu'il n'entend point discuter de la réforme avec le MSM.
Le silence du MMM sur l'intention de Navin Ramgoolam, alors même qu'il a conclu un accord électoral avec le MSM, participe d'une confiscation de la parole de nos dirigeants politiques qui souhaitent en fait venir de l'avant avec une réforme qui sous prétexte d'élargir le champ de la représentation nous semble plutôt destinée à mettre tous les copains on board.
Comment sinon comprendre alors même que notre pays subit de plein fouet les séquelles de la crise de la zone euro et que les indicateurs économiques virent au rouge, que toutes les propositions faites jusqu'ici visent à accroître le parc des élus de la nation; pourtant, nous avons un des ratios les moins élevés au monde en termes d'élu/population. Ainsi aux États-Unis, il y a 435 députés au Congrès pour une population de 311 millions d'habitants (1 député pour 714 942 habitants); en France il y a 577 députés pour 65 millions d'habitants (1 député pour 112 651 habitants) et en Inde avec une population de 1,24 milliard d'habitants, le Lok Sabha ne compte que 543 députés (1 député pour 2,28 millions d'habitants).
A Maurice, nous avons déjà 70 députés pour une population de 1,223 million de personnes soit un ratio de 1 député pour 17 614 personnes. Même en ajoutant les sénateurs dans les pays susmentionnés (100 aux USA, 350 en France et 245 au Rajya Sabha) on est loin, mais vraiment loin, du cas mauricien. Et maintenant l'on voudrait y ajouter encore entre 24 et 28 députés.
Comment ne pas y voir, une façon déguisée de pouvoir envoyer plus de membres des différents partis en place au Parlement qui autrement en seraient de facto exclus en raison du jeu des alliances désormais incontournable dans le système politique mauricien.
Nous sommes d'avis qu'à défaut de diminuer le nombre de députés, on devrait garder le nombre actuel mais en revoyant les modalités des élections à travers un redécoupage des circonscriptions notamment. Les 21 circonscriptions actuelles ne répondent nullement à un souci de représentativité juste et équilibrée. Il n'est pas possible qu'une circonscription ayant 20 000 électeurs ait le même nombre de députés qu'une autre avec 58 000 électeurs. Il n'est pas possible qu'un habitant de Pailles soit représenté par un député qui s'occupe également d'un habitant de Case Noyale ou de Palma.
Un découpage pourrait se faire en augmentant le nombre de circonscriptions de 20 à 25 (+1 à Rodrigues) avec deux élus par circonscription. Ce qui ferait une moyenne de 35 000 électeurs par circonscription (pour environ 860 000 électeurs sur toute l'île).
Restera l'épineuse question de la sous ou surreprésentation de nos différentes communautés. Comme il semble désormais acquis qu'aucun parti n'oserait revenir sur le recensement de 1972, il nous apparaît judicieux qu'une fois pour toutes que la case de communauté ou religion disparaisse lors de l'enregistrement des candidats.
Puisque les partis semblent plus préoccupés que la population elle-même de voir une représentation ethnique ou communautariste, nous proposons de leur laisser le soin de nommer eux-mêmes leurs députés correctifs à partir d'un pool de 15 députés pour garantir cette représentativité selon une proportion qui garderait l'équilibre du vote des députés déjà élus par le système uninominal.
Il restera encore trois places que nous souhaitons voir attribuer aux petits partis (en excluant tout regroupement ouvertement communaliste) qui pourraient réunir autour de 8% des votes à travers l'île. Nous pensons qu'aujourd'hui ceux-là même qui contribuent le plus au débat citoyen, que l'on partage ou pas leurs opinions, sont malheureusement privés d'une plateforme où leurs voix pourraient être mieux entendues. Des partis comme Lalit, Rezistans ek Alternativ, la mouvance de Jack Bizlall et les nouveaux comme Azir Moris, qui sont plus à même de porter la parole de la société civile à l'Assemblée nationale pourraient avoir une tribune officielle.
En comptant les deux députés de Rodrigues, enfin représenté à part égale avec les autres circonscriptions, le compte y est. Les caisses de l'État feront l'économie de salaires de députés additionnels et nous serons débarrassés, du moins dans les textes, de l'embarrassante représentativité ethnique.
Commentaires
Due to the fact that the very premise of independence for Mauritius was based upon a communal footing, as well as the subsequent communal-based electoral system, before rash changes are made (which may create a disaster), a thorough analysis must be made. A fundamental issue which like it or not, must be addressed, is the communal make up of Mauritius. Grandiose speeches are made about 'Mauritianism' however, when ministers like Choonee, still believe in the 'divine right of leadership', we must be on our guard.
Any transparent census will prove that there isn't one community which has a overwhelming majority in Mauritius. This will have consequences when it comes to government funding for certain organisations, as well as for those who belive in 'majority rule'.
Le concept «Reforme Électorale» qui a été ballotté, utilisé et abusé pendent des années est tout simplement trop flou. (Comment réformer « Électorale », qui est un adjectif? ) . Il faut y apporter la notion de « système » pour rendre le débat, enfin, compréhensible. Donc nous avons besoin d’une « réforme du système », et à toutes fins et intentions pratiques cette réforme ne peut pas être conçue sans référence à notre « système politique ». Toute réforme doit être étayée par une philosophie de l'autonomisation efficace et l'engagement du peuple et des resources . Toutefois, comme dit Kant, les politiciens se concentrent trop sur le pouvoir de se voir confier la philosophie...
We do not want to form a government by paties which themselves are non-democratic, not subject to reform. More importantly we do not want inefficient and incompetent party leaders to dictate the terms of the reform. Ramgoolam and Berenger are not experts in the matter, and both of them as well as Sithanen have too much vested interest in the "process".
Je me demande quel rôle peut Democracy Watch et des groupes semblables jouer pour établir le bien-fondé d'un organisme indépendant à la présidence de cette réforme. (Je ne serais pas désireux de voir ceux qui bénéficient d’une Parliamentary Pension de siéger en qualité de conseillers indépendants).
Je suis très ému par la position prise par Robert Ahnee. Son ton à la radio reflète le mécontentement et la frustration qui existe déjà parmi les Mauriciens « ordinaires »….
Beaucoup de bon sens, merci. Il est évident que nous n'avons pas besoin de payer des experts étrangers pour ensuite mettre leurs rapports au placard... Il y a suffisament de mauriciens avec des idées intéressantes et des juristes qui sauront formaliser le tout.
Il est aussi évident que le seul obstacle, c'est la volonté politique de faire une vraie réforme utile et juste.
La meilleure chose à faire serait de laisser la population proposer ses idées (individus, partis, associations, université, youth councils, collèges...) de manière publiquement visible (internet)et laisser les gens découvrir et commenter.
Les objectifs doivent être clairs : plus de justice, de transparence, d'équité, de démocratie au sein des partis ; moins d'argent sale pour se faire élire, moins de division de la population à des fins strictement politiques ; des partis qui ont des comptes en banque et qui publient leurs comptes financiers, comme dans tous les pays 'modernes'...et surtout, donner envie aux citoyens de s'impliquer dans un environnement politique sain.
Si on sait pourquoi on veut une réforme, il y a plus de chances d'y arriver !
The main problem,it would appear is the need to replace BLS by a system that satifies everyone.As far as India is concerned,one must note that each state has its own elected goverment.This may well be the case for the USA too.Indeed a comprehensive reform of the electoral system in Mauritius need not increase the number of MP's at all!But then Mauritius Parliament needs the critical mass to make it fully representative and workable.One must avoid at all cost the Swiss system,before Switzerland adopted Parliamentary democracy only a few years ago.What we dsfinitely do not need is a Presidency term lasting seven years!
Mo depli en plis penser ki nou content dire ki nou moderne ek reformateur ek rassembleur tousala.
Mais eski nou pas fondamentalement communalistes/racistes?
The increase in the number of seats seems to be the price to be paid for an electoral reform to the parties. Otherwise it seems they are saying: No reform at all! The Mauritian population will again pay for this drastic increase in the number of deputies from their pockets and they may even after that not get the reform they need... All along they are like silent observers of the whims of their princes.Though this is the actual status of our democracy, we may hope that after the disappearance of the political dinosaurs, some real reform may occur.
"ouvertement communaliste"? Mais bien sur, cher monsieur, que personne ne revendiquerait d'etre communautariste. Et pourtant il suffit d'ouvrir l'oeil pour voir que les partis bien ancres sont communautariste. Nommez moi un parti politique bien etabli qui ne l'est pas?