BET365 — OPÉRATION DHOBI DE KLAS — CCID : défilé des contacts de Husein Abdool Rahim

Me Hurhangee produit aux enquêteurs de la police un message WhatsApp du dénonciateur se vantant que « Am the guy who can make the Attorney General fall down »
  • Me Shakeel Mohamed : « Mo panse FIU bizin ankete en Suisse et à Dubaï lor sa zafer blansiman la »
  • Roshi Bhadain est également entendu depuis ce matin au sujet de ses contacts avec Abdool Rahim avant la préparation de l’affidavit

Depuis ce matin, le QG du Central CID accueille un véritable défilé des contacts établis par Mohamad Husein Abdool Rahim avant la rédaction de l’affidavit du 12 septembre dernier incriminant l’ancien Attorney General Ravi Yerrigadoo dans l’opération Dhobi de klas avec des gains du BET365. Outre l’ancien AG, Me Ashley Hurhangee, dont les services avaient été retenus pour les besoins de cet affidavit, Me Shakeel Mohamed et Me Roshi Bhadain sont entendus de manière séparée sur des échanges avec le dénommé Abdool Rahim dans le cadre de l’enquête sur le délit éventuel de Conspiracy pour « faire tomber Ravi Yerrigadoo en tant qu’Attorney General ». A la mi-journée, l’audition de ces protagonistes se poursuivait avec des sources policières autorisées affirmant que la liste de témoins pourrait s’allonger davantage au fil des dépositions.

Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès de sources concordantes indiquent que Me Hurhangee, qui a pris ses distances d’Abdool Rahim pour avoir été « maliciously misled » par son client, détiendrait une pièce maîtresse. Dans cet exhibit sous forme de message WhatsApp, Husein Abdool Rahim se vante d’avoir le pouvoir de faire tomber l’ancien Attorney General. Dans ce document remis aux hommes de l’assistant commissaire de police Devanand Reekoye, il est fait mention que « Am the guy who can make the Attorney General fall down ».
Il va de soi que l’auteur de ce message envoyé à son ex-copine, Lynn Ahfat, et « pregnant with meaning » comme dirait l’Anglais, devra être de nouveau entendu par le Central CID au cours de la semaine prochaine avec de nouveaux développements en vue. Me Hurhangee, qui a retenu les services de Me Yousuf Mohamed, Senior Counsel, était toujours entendu à la mi-journée.
De son côté, Ravi Yerrigadoo, accompagné de son avocat Me Ravin Chetty, consigne un “further statement” suite à sa déclaration de vendredi dernier, où cette fois-ci, il est question de la notoire attestation, portant l’en-tête du bureau de l’Attorney General, qu’il avait délivrée à Husein Abdool Rahim, l’autorisant à voyager. Il devra aussi apporter des précisions sur les messages échangés avec le whistleblower. À ce stade, l’interrogatoire de Ravi Yerrigadoo ne se déroule pas under warning, indique-t-on du côté du CCID. 
L’autre protagoniste convoqué par le CCID est l’ex-ministre Roshi Bhadain. Il a retenu les services de Me Paul Cheong Long. Tout sourire, il n’a fait aucune déclaration avant de grimper les escaliers menant à l’interrogation room de la police. Très peu de détails ont transpiré ce matin sur la teneur de sa déposition. La seule certitude est que son interrogatoire devrait s’étaler sur plusieurs heures. 
Entre-temps, Shakeel Mohamed s’est présenté à la police où il a été entendu à titre de témoin. Dans un premier temps, Husein Abdool Rahim avait sollicité ses services comme avocat pour défendre son cas. Étant donné qu’il est membre du comité parlementaire de l’ICAC, il avait refusé. « Mons Rahim ti vinn get moi dans mo biro vendredi 8 kot li montre moi bann document. Mo ti estimé ki sa case la bizin ale ICAC. Par éthique, monn refusé. C’est alors ki Rahim inn dir moi li pe ale get Roshi Bhadain pou defand li. Monn dir li OK. Bann fait ki li dir dans so affidavit me concernant sont totalement vrais. Pas ti ena okenn journaliste dans mo biro quand li ti vinn joind moi. C’est le lendemain ki li tourne vers L’Express. Concernant les allégations de blanchiment d’argent, mo penser FIU bizin ankete en Suisse et à Dubaï », devait-il dire à sa sortie du CCID dans la journée. La police compte enregistrer la version de Me Veda Baloomoody, qui avait lui aussi décliné de prendre le cas du whistleblower.