BET365 - OPÉRATION DHOBI DE KLAS : Me Hurhangee, « L’affidavit reflète ses aveux »

  •     L’homme de loi, dont les services ont été retenus par le dénonciateur Mohamad Husein Abdool Rahim, retourne au QG du Central CID cet après-midi pour compléter son interrogatoire
  •     Après trois jours d’interrogatoire Under Warning, aucune charge provisoire retenue contre les journalistes du groupe La Sentinelle, Nad Sivaramen, Axcel Chenney et Yasin Denmamode

Pendant cinq heures et contrairement à l’avouée Me Nanda Hurhangee, Me Ashley Hurhangee a été entendu pendant cinq heures dans les locaux du Central CID dans le cadre de l’enquête sur différents éléments de l’opération Dhobi de Klas avec des paris sur BET365. L’homme de loi a été « allowed to go » sur les instructions de l’assistant commissaire de police Devanand Reekoye, mais est de nouveau attendu cet après-midi pour compléter son interrogatoire. Me Hurhangee a soutenu, preuves à l’appui, que l’affidavit du 12 septembre ne contient que des éléments révélés par le dénommé Mohamad Husein Abdool Rahim, qui tente de se dédouaner de l’affaire. De leur côté, après trois jours d’auditions en tant que suspects dans le volet des allégations de Swearing False Affidavit, les trois membres de la rédaction du groupe La Sentinelle, à savoir Nad Sivaramen, directeur des publications, Axcel Chenney et Yasin Denmamode, ont pu rentrer chez eux sans qu’aucune charge provisoire ne soit retenue contre eux, même s’ils doivent rester à la disposition des limiers du Central CID jusqu’à la décision attendue de l’Office of the Director of Public Prosecutions sur l’ensemble de ce dossier comprenant divers volets.
« L’affidavit avec des allégations de blanchiment de fonds sur des paris de BE7365 reflète les aveux d’Abdool Rahim. À aucun comment, ni les journalistes du groupe La Sentinelle ni moi n’avons ajouté quoi que ce soit aux propos dictés par le dénommé Abdool Rahim au journaliste Axcel Chenney en vue de rédiger ce document légal de dénonciations. À aucun moment, nous avons été partie prenante d’un complot pour faire tomber l’ancien Attorney General Ravi Yerrigadoo ». C’est ce qu’a déclaré Me Hurhangee en substance aux enquêteurs du Central CID, hier après-midi.
L’homme de loi a également mis à la disposition des hommes de l’ACP Reekooye toute une série documents, notamment des échanges d’e-mails en provenance d’Husein Abdool Rahim pour étayer ses dires en vue de nier les allégations de complot contre lui. Ces Exhibits ont été « retrieved » des comptes e-mail de l’homme de loi par des spécialistes de la police et ont été également authentifiés formellement. « À aucun moment, je ne me suis départi des paramètres légaux dans le cadre de la préparation de cet affidavit », devait-il soutenir formellement. Il retournera aux Casernes centrales cet après-midi pour compléter l’exercice.
D’autre part, toujours hier après-midi, après trois jours d’interrogatoire Under Warning au Central CID dans l’affaire Bet 365, les trois journalistes de L’Express ont été autorisés à rentrer librement chez, eux, du moins à ce stade de l’enquête. Tout dépendra des nouveaux éléments qui seront versés au dossier. Le Central CID a déjà établi un calendrier de travail en vue d’entendre d’autres protagonistes, probablement à titre de témoin, avant de décider de la marche à suivre. Tout semble indiquer que la décision finale dans ce dossier devrait revenir au Directeur des Poursuites Publiques, qui avisera au moment opportun.
Comme l’a déclaré Axcel Chenney à sa sortie du CCID hier, « it’s not over yet !» D’ailleurs, aux Casernes centrales, on évoque « une enquête de longue haleine où plusieurs aspects de l’affaire doivent être vérifiés, et contre-vérifiés ». Ainsi, l’avocat Dick Kwan Tat, dont le nom a été cité dans l’affidavit d’Husein Abdool Rahim, était de retour au Central CID hier après-midi pour apporter des compléments d’informations sur son rôle dans cette allégation de montage financier pour blanchir l’argent. Très peu de détails ont transpiré quant à la nature des informations recherchées auprès de cet avocat d’affaires, présenté comme étant très proche de l’ancien Attorney General et du General Manager de Dry Cleaning Services Ltd, Sylvio Sundanum.
Dans un autre ordre d’idées, la police n’écarte pas la possibilité d’avoir recours à la justice, par le truchement de Judge’s Orders, pour avoir accès aux cellulaires et outils informatiques des trois journalistes. Jusqu’ici, ces derniers ont objecté à cette demande des enquêteurs du Central CID. Les enquêteurs sont déjà en possession du cellulaire d’Husein Abdool Rahim où il a évoqué les différentes communications échangées entre lui et les trois employés de La Sentinelle, qui selon lui, l’ont aidé à « monter » un affidavit.
« Ces Exhibits sont considérés comme un volet majeur de cette enquête », avance une source proche du dossier. En même temps, la police veut savoir qui a payé les frais de cet affidavit étant donné que le whistleblower a indiqué qu’il n’a pas dépensé un sou à ce sujet. L’option d’avoir recours aux Bank Statements des trois journalistes est étudiée par les enquêteurs.
Dans le même registre, le chauffeur de Nad Sivaramen a passé trois heures dans les locaux du CCID où il a été interrogé à titre de témoin. La police voulait obtenir de lui les différents déplacements de son patron à partir du 10 septembre, et s’il a transporté le whistleblower dans la voiture du directeur des publications de La Sentinelle. Le chauffeur a également dû participer à une parade d’identification où Husein Abdool Rahim l’a positivement reconnu.
« L’enquête n’est pas terminée. C’est une enquête assez complexe », affirme l’inspecteur Shiva Coothen du Police Press Office. Ce dernier ajoute qu’« après avoir enregistré toutes les versions des protagonistes, l’ACP Devanand Reekoye et ses lieutenants vont se concerter pour décider de la marche à suivre. Par ailleurs, le whistleblower a consigné une plainte au CCID hier pour menaces. Il dit avoir reçu des courriels lui demandant de retirer sa plainte contre les trois journalistes, sinon lui et sa famille seront en danger de mort. La police prend ces menaces très au sérieux et elle compte initier une enquête dessus ».

RÉACTIONS
Media Trust : « Pour une ligne de communication »
Le Board du Media Trust s’est réuni cet après-midi et a passé en revue les derniers développements concernant l’interrogatoire de Nad Sivaramen, Axcel Chenney et Yasin Denmamode du groupe La Sentinelle.
Le Board déplore la tournure des événements, incluant la descente policière aux domiciles des trois journalistes aux petites heures de lundi matin.
Nous souhaitons qu’à l’avenir les autorités agissent avec plus de retenue et que la police établisse une ligne de communication avec ceux qu’elle souhaite interroger dans le cadre d’une enquête.

LE MEDIA TRUST
27 septembre 2017
Dis-Moi : « Solidaires des journalistes »
« La presse est l’outil garant de la démocratie, de ses valeurs et fondements mais la presse est surtout le garant de la liberté de chacun d’avoir des opinions divergentes ou pas, et de s’exprimer librement tout en étant dans le respect d’autrui. Ce privilège dont nous bénéficions au sein de notre démocratie n’est surtout pas à prendre pour acquis, il nous faut en tant que citoyen le chérir et être son “sauvegardeur”, telle est notre responsabilité. Que l’on soit d’accord ou pas avec ce qui a été dit, qu’ils aient oui ou non agi avec l’éthique journalistique ne doit en aucun cas nous empêcher d’être solidaires avec les journalistes de L’Express dans le cadre de leur arrestation. »