L’enquête du Central CID sur l’octroi du contrat jackpot de Rs 10 milliards alloué au groupe Bhunjun pour le fret pétrolier de la State Trading Corporation (STC) a vu le début ce matin de l’interrogatoire « under-warning » d’un des principaux protagonistes, l’ancien ministre travailliste Mahen Gowressoo. Les recoupements d’informations aux Casernes centrales tendent à confirmer que l’audition de cette personnalité politique, devenue tout dernièrement proche du gouvernement de l’Alliance Lepep, sera déterminante pour la suite des événements. Surtout après les dénonciations de l’ancien directeur général de la State Trading Corporation, Ranjitsing Soomarooah – inculpé de deux charges provisoires dans le scandale Betamax – à l’effet que Mahen Gowressoo était celui qui exerçait des pressions pour l’allocation du contrat.
Après s’être fait longuement fait attendre pendant ces derniers jours, l’ancien ministre du Commerce travailliste s’est finalement pointé au Central CID sur le coup de 10 h 15 dans la matinée en compagnie de son homme de loi Me Yash Bhadain. Faisant désormais partie de l’équipe Vire Mam, Mahen Gowressoo s’est refusé à tout commentaire aux membres de la presse alors qu’il s’engageait dans les escaliers menant à l’Interrogation Room du CCID. Les sources approchées indiquent que l’ancien ministre devra être d’abord interrogé sur son rôle dans l’octroi de cet important contrat au groupe Bhunjun sans avoir eu recours à des appels d’offres et surtout sera confronté aux dénonciations de Ranjitsing Soomarooah à l’effet qu’il a exercé des pressions pour allouer le contrat du fret pétrolier au groupe Bhunjun avec une prime de Rs 10 milliards.
Les éléments de réponse de Mahen Gowressoo pourraient mettre l’ancien Premier ministre dans une position des plus délicate compte tenu des pressions alléguées et exercées le vendredi 27 novembre 2009 pour la signature du contrat de fret pétrolier au nom de la State Trading Corporation (STC), au plus tard ce même jour. L’intérêt de la version des faits de Mahen Gowressoo s’explique par les événements du vendredi 27 novembre 2009 spécifiquement. Il devra confirmer aux hommes de l’assistant commissaire de police Heman Jangi comment il avait dû quitter la réunion du Conseil des ministres ce jour-là sur ordre du Premier ministre avec des instructions formelles pour la signature du contrat entre la STC et le groupe Bhunjun, représenté par Vikram Bhunjun.
À la mi-journée l’interrogatoire de Mahen Gowressoo se poursuivait au Central CID, mais aucune indication n’était disponible concernant le timing qu’adopteront les enquêteurs pour la suite des événements. Le dernier en date à être convoqué au Central CID, l’ancien directeur de la STC Ranjitsing Soomarooah, s’en est sorti avec deux inculpations provisoires pour le délit d’avoir ourdi un complot et pour avoir accordé un contrat public sans le feu vert du Central Procurement Board. Ranjitsing Soomarooah a été remis en liberté sous caution en fin de semaine dernière après deux nuits en cellule et le paiement d’une double caution totalisant Rs 50 000 devant le tribunal de Port-Louis. L’enquête se poursuit.