BLANCHIMENT DE FONDS—OPÉRATION DHOBI DE KLAS: Le cas de l’AG Yerrigadoo 
à l’ICAC, à la FIU et au CCID

Le PM confirme avoir « parlé de cette affaire » avec Ravi Yerrigadoo 
et qu’il s’attend à voir « les autorités compétentes faire leur travail »

Avec l’affidavit de dénonciations de plus d’une centaine de paragraphes et les 33 documents en annexe au sujet de l’opération Dhobi de Klas, des comptes bancaires étant opérés à Dubaï et en Suisse, juré hier par le Whistleblower Mohamad Hussein Abdool Rahim, l’affaire est maintenant entre les mains des autorités. En effet, une des premières initiatives entérinées par le panel de conseils légaux, comprenant entre autres Mes Ashley Hurhangee et Roshi Bhadain, a été d’adresser des copies de ce document légal, rédigé par les soins de l’avouée Nirmala Hurhangee, à une série d’institutions, dont le Prime Minister’s Office, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC), la Financial Intelligence Unit (FIU) et le commissaire de police, Karl Mario Nobin, à l’intention du Central CID.
L’objectif de cette démarche consiste à démarrer une enquête à plusieurs niveaux sur les allégations formulées à l’encontre de l’Attorney General, Ravi Yerrigadoo, l’homme d’affaires Sylvio Sundanum, et encore Me Dick Kwan Tat, membre de la profession légale et proche de Ravi Yerrigadoo. Entre-temps, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a fait comprendre au Mauricien qu’il ne compte pas pour l’instant commenter cette affaire, laissant les autorités faire leur travail. De son côté, dans la matinée, Hussein Abdool Rahim, 46 ans, agent immobilier de son état, se préparait pour se rendre au QG du Central CID en vue de consigner une Precautionary Measure Statement au sujet de sa sécurité personnelle dans la conjoncture. Pour sa part, l’homme d’affaires et General Manager de Dry Cleaning Services Ltd, Sylvio Sundanum, riposte en niant toute transaction avec de l’argent sale tout en soutenant être en mesure de prouver « the sources of funds ». Dans sa stratégie de riposte, il a déjà consigné une déposition au Central CID concernant des allégations de Swindling de Rs 1 million contre le dénonciateur Abdool Rahim.
L’intention de Hussein Abdool Rahim et de ses hommes de loi avec l’affidavit de dénonciations est de pousser l’ICAC à initier une enquête dans cette affaire, qui risque de faire grand bruit et susciter par là même des secousses dans les jours à venir. Toutefois, ce n’est pas la seule ICAC qui en a été avertie de manière formelle hier après-midi. Le Prime Minister’s Office est déjà en présence des détails des allégations allant de complot de blanchiment de fonds à l’échelle internationale au trafic d’influence et tentative de corruption dans le volet du certificat de moralité en faveur du Whistleblower, d’autant plus qu’un membre du gouvernement, en la personne du Legal Adviser de l’État, est ciblé.
Le commissaire de police, qui dispose également d’une copie de ces allégations plus qu’accablantes, pourra tenir à l’écart des Police Headquarters cette Hot Political Potato. La raison est que les délits éventuels Under Investigation relèveraient davantage des dispositions du Prevention of Corruption Act et du Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act. Mais le commissaire de police ne pourra pas échapper au devoir d’ouvrir une enquête pour vérifier les allégations au sujet des événements du 16 février dernier en vue de l’obtention d’un Certificate of Character.
Trois paragraphes de l’affidavit sont pertinents à cet effet. « During that meeting of the 16th February, Hon. Yerrigadoo advised me to firstly get a certificate of character. Later that day, I aver that one of his advisors drove me in his white Nissan Juke to Line Barracks Police station for procedures to get the certificate of character. There, the advisor told the policeman that the process had to be “quick, because the Attorney General asked it to be so”. At 15 h 22 that day, through WhatsApp I sent the cause number of my case “400/16” to the advisor who replied “OK” as evidenced by WhatsApp screenshot », avance Hussein Abdool Rahim. Il ne fait pas de doute que les Police Headquarters seront tenues de diligenter une enquête départementale pour établir ces faits.
En ce qui concerne l’ICAC, une Preliminary Enquiry est présentée comme incontournable après réception de l’affidavit. Dans un délai de 21 jours avec une possibilité d’extension, les hommes du commissaire Navin Beekarry devront déterminer s’il y a matière à enquête formelle dans les faits avec une recommandation à la commission dans un sens comme dans l’autre. Même si l’affidavit contient la toile de fond du scandale, Hussein Abdool Rahim devrait être entendu formellement par l’ICAC pour des éclaircissements, des compléments d’information et l’authentification Beyond Reasonable Doubt des 33 Exhibits annexées au document légal. Des Judges’ Orders seront également nécessaires pour des contre-vérifications sous l’Information and Communication Technologies Act et même pour les besoins de Money Trail.
L’apport de la Financial Intelligence Unit se présente comme étant déterminant à cette étape de l’enquête au vu des demandes de Legal Mutual Assistance avec Dubaï, la Suisse et même la Grande-Bretagne pour le Tracking of Movement of Funds à partir des différentes sources et du BET365 Online Betting.
De son côté, interrogé par Le Mauricien en marge de la réception d’accueil pour le nouveau représentant diplomatique de la Grande-Bretagne à Maurice, Keith Allan, hier soir, le Premier ministre a fait comprendre qu’il ne comptait pas émettre de commentaires à ce sujet à ce stade. Pravind Jugnauth a laissé entendre qu’il « a déjà parlé de cette affaire avec l’Attorney General » et a exprimé le souhait de voir « les autorités compétentes faire leur travail ». De manière catégorique, Ravi Yerrigadoo a rejeté toute demande de démission du gouvernement, le temps de « clear his name » dans cette sinistre affaire frisant le blanchiment de fonds.
Pour sa part, le Whistleblower de la Swiss Connection de l’Attorney General avait l’intention de se rendre dans la matinée aux Casernes centrales pour une Precautionary Measure en vue de sa sécurité après les dénonciations en bonne et due forme. Changement de programme à la toute dernière minute avec Abdool Rahim préférant se rendre au QG de l’ICAC vu que le partenaire de l’Attorney General s’est rendu aux Casernes centrales pour le dénoncer dans un cas de Swindling de Rs 1 million, montant cité dans le cadre des paris sur le BET 365.
Affaire à suivre…