BŒUFS CRÉOLES : Une espèce unique à Casela

Le Casela Nature Park a deux nouveaux pensionnaires depuis la semaine dernière. Zanzak et Zaninn, deux bœufs créoles, ont rejoint le zoo dans le cadre d’un programme de conservation et d’éducation. Aussi blancs que le lait, les deux bœufs font partie d’une espèce unique à Maurice et au monde. L’espèce a évolué pour s’adapter aux conditions locales.
Les cabris, les cerfs et les cochons ont deux nouveaux voisins. Deux bœufs tout blancs font désormais partie des attractions à la mini-ferme de Casela. Outre sa blancheur intégrale, cette race a également la particularité de ne pas avoir de cornes. Elle a été introduite dans les années 1800 et ses origines demeurent inconnues. La seule chose certaine est qu’elle vient d’Europe. Elle est devenue unique en raison des changements qui se sont opérés en elle pour qu’elle s’adapte au climat local.
Cette adaptation a résulté en des particularités qui font de ces animaux une race bonne pour l’élevage local. Le bœuf créole possède une forte résistance aux maladies et aux parasites et s’adapte aux conditions extrêmes. Comme le souligne Mathieu Malherbe, Observation & Research Officer à Casela, “cette espèce a la faculté de résister aux périodes de fortes sécheresses. Avec le changement climatique, cette vache peut être très importante dans le long terme. Elle peut représenter un avantage exceptionnel pour Maurice.”
Cette race a la particularité d’avoir un bon rendement à la fois pour le lait et pour la viande, contrairement à la friesian ou Holstein friesien et à la boran ou des brahman croisés, qui sont utilisés pour des besoins spécifiques. En revanche, les éleveurs les ont quelque peu délaissées parce que le rendement de leur lait, comparé à la friesian, et celui de leur viande, comparé à la boran ou aux brahman croisés, sont moindres.

Rendement intéressant.
Les bœufs créoles ont besoin de moins de nourriture et d’eau, comparés aux deux autres espèces mentionnées plus haut. “Leurs besoins, comparés à des vaches importées et améliorées, sont moindres et ils sont plus résistants et adaptés aux conditions locales”, souligne Micheline Pillay, Assistant director du département de recherche en élevage au Food and Agricultural Research Extension Institute (FAREI). “Les vaches importées ont besoin de nourriture de bonne qualité pour avoir un bon rendement, tandis que les vaches créoles peuvent avoir un bon rendement, même sans ce type de nourriture”, précise Régis Lam, Research Scientist au FAREI.
La population des bœufs créoles a considérablement diminué au cours des derniers siècles. Estimés à environ 30,000 à un moment, ils ne sont désormais plus qu’une cinquantaine à représenter l’espèce. Ce qui les met en danger critique d’extinction. Le projet de conservation qui est entrepris par le Food and Agricultural Research Extension Institute (FAREI), en collaboration avec Casela, vise à faire grandir cette fragile population et la sortir de cette tendance déclinante. Une campagne de reproduction a été entamée. Par ailleurs, les éleveurs sont encouragés à se tourner vers cette espèce unique à Maurice mais qui a également un rendement intéressant s’ils veulent produire à la fois du lait et de la viande.