Guy Blanko, un des chanteurs issus du quartier
Vous connaissez sans doute la chanson Laisse sot coze, un ragga à succès du début des années 2000. C’est l’un des premiers singles de Solda KazBad. Jean-François Lacharmante, aussi connu comme Guy Blanko, y chante avec les membres de son groupe. “C’est Blakkayo qui m’a donné ce surnom car j’ai le teint clair”, dit-il, le sourire aux lèvres.
Dans ce quartier, la question ne se pose pas. La musique fait partie des moeurs. “Quand les gens d’ailleurs parlent de Bois d’Oiseaux, ils pensent automatiquement à l’aspect festif, car nous avons l’habitude d’organiser de petites fêtes”, confie le chanteur qui compte quinze ans de carrière. La venue de Blakkayo dans le coin a ravivé l’amour de la musique auprès des jeunes. “Pour nous, c’était un rêve quand il est venu vivre ici. J’ai commencé à chanter d’abord avec le frère de ce dernier, Lom Topher. Nous fréquentions le même collège. Ce n’est que plus tard que j’ai commencé à chanter avec Blakkayo. C’est lui qui a écrit la chanson Laisse sot coze. Nous n’avions pas son talent pour l’écriture.”
Petit à petit, Solda KazBad a pris du galon. La formation a gagné le respect des autres, notamment avec son album, Linite mizikal. Le groupe a fait plusieurs concerts à Maurice, à Rodrigues et à La Réunion. “À l’origine, il n’y avait que moi, Lom Topher et Blakkayo. Les autres nous ont rejoints par la suite. Un de mes meilleurs souvenirs remonte à 2008, lors du concert La Nuit du Dancehall. Le public était conquis. Nou fer lamizik sinserman.”
Le chanteur s’est converti en contracteur car la musique ne le fait pas vivre. “J’aurais aimé organiser de petits concerts ici, mais nous n’avons pas l’autorisation de l’État pour le faire. Pourtant, il ne manque pas de terrains vagues par ici.”