Après un stage d’une dizaine de jours en Egypte en décembre dernier, le camp d’entraînement prévu au Centre Olympique d’Heidelberg en Allemagne constituera donc la prochaine étape de la préparation des boxeurs mauriciens en vue de la qualification pour les Jeux Olympiques de Rio. Les six ou sept pugilistes retenus auront ainsi l’occasion de côtoyer entre autres les trois Allemands déjà qualifiés pour les J.O. Ce sont Artem Harutyunyan (catégorie -64 kg), David Graf (-91 kg) et Erik Pfeifer (+91 kg).
Ce premier déplacement de la saison 2016, du 21 janvier au 2 février, réjouit le Conseiller Technique cubain, Roberto Ibanez. « Après le stage en Egypte où nous avons pu croiser les gants avec des boxeurs de très bon niveau, dont un déjà qualifié pour Rio et d’autres ayant évolué au sein de l’AIBA Professionnal Boxing, nous continuons donc notre préparation face à des boxeurs de niveau mondial. Ce sera l’occasion d’acquérir encore plus d’expérience et de s’améliorer en vue des rendez-vous décisifs », fait-il ressortir. Il existe également des possibilités qu’un élément féminin soit inclus au sein de la délégation. Et ce, dans le cadre de la préparation pour les championnats du monde prévus au Kazakstan en mai et qui seront qualificatifs pour Rio. Valeur actuelle, quatre boxeuses, à savoir Thessa Dumas, Isaura Ratna, Ketty Rousseau et Laeticia Ramdamy se retrouvent au sein de la présélection.
Tout en soulignant que le sérieux devra être de mise au cours de ce camp d’entraînement, Roberto Ibanez affirme que la participation à la Bocksai Cup en Hongrie du 2 au 6 février sera déterminante quant au degré de forme de ses protégés. « Le niveau sera à coup sûr élevé. Il faudra se donner à fond, c’est ce que nous recherchons d’ailleurs ». Par la suite, le stage prévu à Cuba permettra de peaufiner la préparation en vue du premier rendez-vous décisif de la saison que sont les championnats d’Afrique au Cameroun (8 au 20 mars). « Certes, notre souhait demeure qu’un maximum de boxeurs puisse se qualifier pour Rio. Cette préparation amorcée depuis le 28 octobre dernier devra porter ses fruits. Ce sera aux boxeurs d’être exacts au rendez-vous », indique le Cubain.
Même si les visas ne sont pas obtenus au Cameroun, il n’en demeure pas moins que nos représentants auront encore une dernière carte à jouer lors d’un tournoi qualificatif en Azerbaijan. Les cinq meilleurs de chaque catégorie seront alors retenus pour le périple brésilien. « Ce sera difficile, mais pas impossible. Quoi qu’il en soit, nous devrons axer notre préparation sur des stages de très haut niveau, soit en Europe ou en Asie. Nous ne pourrons ainsi que progresser davantage ». Il est à noter que valeur actuelle, 60 boxeurs venant de 24 pays différents ont déjà validé leur ticket pour Rio.
Une éventuelle brillante prestation de nos boxeurs pourra ainsi donner encore plus d’éclat à une discipline qui a connu quelques revers la saison dernière. Notamment aux Jeux des îles où une moisson moyenne de trois médailles d’or a été enregistrée, et aux championnats d’Afrique avec un zéro pointé. « Certes, nous nous attendions à mieux aux JIOI, alors que les boxeurs n’avaient pas réellement récupéré pour aborder les championnats d’Afrique. Néanmoins, des boxeurs à l’image de John Colin se sont bien défendus, ne s’inclinant que de peu face au médaillé d’or », souligne l’entraîneur national, Judex Bazile. Conséquemment, aucun boxeur ne s’était qualifié pour les championnats du monde, même si Kennedy St Pierre avait bénéficié d’une wild card, sans pour autant effectuer le déplacement par la suite pour des raisons de santé.
Au bout du compte, la consécration de St Pierre et la médaille de bronze de Jean-Luc Rosalba aux Jeux d’Afrique sont venues apporter une grosse bouffée d’air frais. Ce qui pousse donc Judex Bazile à espérer en des lendemains meilleurs. « En vue des échéances de cette saison, la présélection s’entraîne en conséquence. Cette phase préparatoire sera décisive et de gros investissements ont été consentis. À nous d’y croire », laisse entendre l’entraîneur national.