Après un long périple, les voilà de retour au pays cou. Pour Merven Clair, le bonheur d’avoir fait d’un coup d’essai un coup de maître, avec également le visa olympique et l’obtention de la médaille d’argent. Pour Richarno Colin, la grande déception de n’avoir pu parvenir jusqu’au bout de son objectif en raison d’une blessure au genou. Pour Jean-Luc Rosalba, la frustration d’avoir été victime de circonstances malheureuses, la faute à une blessure au crâne qui a nécessité des points de suture.
Les quatre pugilistes mauriciens sont de retour du tournoi qualificatif continental tenu au Cameroun. Un tournoi précédé d’une participation à la Bocksai Cup en Hongrie pour trois d’entre eux et un stage à Cuba, suivi d’un autre au Cameroun pour le quatuor. À l’aéroport ce matin, rien que l’entraîneur national, Judex Bazile, était venu leur témoigner la reconnaissance voulue. Son accolade au conseiler technique, le Cubain Roberto Ibanez, était la parfaite illustration de leur entente et leur complicité au cours des séances d’entraînement tenues à Maurice. Un travail d’équipe, auquel doivent être associés Richard Sunee et Josian Lebon, qui a finalement porté ses fruits.
S’il se dit heureux de la qualification de St Pierre et Clair, Roberto Ibanez ne peut cacher son amertume face à la déveine de Colin. « Il était en très grande condition. À mon avis il était le meilleur de sa catégorie et la médaille d’or ne pouvait lui échapper. Malheureusement, sa blessure au genou contractée lors du round initial de son premier combat l’a considérablement gêné par la suite. »
Toutefois, il croit fermement en ses chances de qualification. « En Azerbaïdjan, ce sera sans doute plus compliqué. Cependant, j’ai confiance en ses qualités. » Revenant sur le stage de préparation à Cuba, Roberto Ibanez reconnaît que c’était la destination rêvée pour préparer une échéance d’envergure. « La qualité était au rendez-vous avec des sparring-partners de très bon niveau. C’était la classe au niveau de la préparation. »
Promesse tenue
Une préparation qui a ainsi permis à Kennedy St Pierre d’honorer sa promesse faite à Bruno Julie, unique sportif mauricien à s’être retrouvé jusqu’ici sur un podium olympique. « Je lui avais promis cette qualification et aujourd’hui je suis heureux d’avoir pu effacer la déception du tournoi qualificatif en vue des Jeux Olympiques de Londres, où j’avais perdu que de deux points. »
Reste que le boxeur de Tranquebar, qui a confirmé son statut de n°1 au niveau africain chez les -91 kg, a su trouver les ressources nécessaires lors des derniers rounds de la demi-finale et de la finale afin de renverser la situation en sa faveur. « Il me fallait tout donner et être très fort dans la tête. J’ai évolué avec beaucoup de confiance, avec le soutien de Roberto, tout en ne voulant pas décevoir ceux qui croyaient en moi. »
De ce fait, même des blessures à la main et à l’épaule n’ont pu contrecarrer sa volonté. D’où sa reconnaissance envers ses parents, le ministère de la Jeunesse et des Sports, le Club Maurice, le staff technique, Gaëtan Runghien et les autres responsables du club de boxe de Tranquebar.
C’est cette même reconnaissance qui anime Merven Clair. Lui qui a connu des débuts au club de Pompée à Rodrigues sous la férule de Laval Augustin. « Le staff technique, la fédération de boxe, le club de Tranquebar, Investec, le comité régional de Rodrigues, le MJS et le TFES sont autant d’instances que je voudrais remercier pour m’avoir permis d’accomplir mon rêve. Comment ne pas mentionner également la solidarité qui a animé notre groupe », souligne le médaillé d’argent de la catégorie -75 kg.
Désormais, il se dit prêt à se livrer à fond dans le cadre de la préparation pour les JO. « Il faudra rester concentré et adopter le même état d’esprit. C’est-à-dire en se serrant les coudes et en abordant toute compétition la tête haute et avec cette volonté de se battre jusqu’au bout. »
Par contre, Richarno Colin ne compte nullement jeter les armes dans sa quête d’obtenir une troisième qualification olympique. « Il faudra soigner ce genou encore enflé au plus vite. Certes, j’éprouve beaucoup de regrets, car le quart de finale face au Marocain était abordable. Toutefois, je demeure positif et motivé. »
Cette motivation anime également Jean-Luc Rosalba, qui veut encore croire en des lendemains meilleurs. « Il existe encore une chance de qualification et il lui faudra la jouer à fond. Dommage que cette blessure m’ait affecté », avance celui qui a une pensée particulière pour le Club Maurice et le Faucon Flacq SC.
Après l’euphorie de cette double qualification, place maintenant à une double tâche pour les dirigeants de la fédération locale. Soit accorder la meilleure préparation possible à ceux qui aspirent encore à la qualification olympique et également à ceux qui ont décroché le précieux sésame. Et ce, afin que le rêve olympique se transforme en podium olympique.