BRAQUAGE DE LA MCB: Ceux qui se sont aimés se retrouvent…

La juxtaposition de deux jugements de nos cours de justice dans l’édition du Mauricien du 19 août 2017 ne peut qu’interpeller le citoyen. Leur simultanéité est fortuite, leur asymétrie frappante. En effet, nous y apprenons d’une part qu’un policier a écopé de 18 ans (oui, dix-huit) de prison ferme pour complicité de viol, ce crime ignoble. Il aurait consenti à ce qu’un collègue ait des relations sexuelles avec son épouse contre paiement, allant même, semble-t-il, jusqu’à faire le guet tandis que leurs enfants (à lui et à son épouse) dormaient.
D’autre part, deux autres accusés, trouvés coupables de complicité lors du braquage de la MCB de Port-Louis en 2005 – et qui débouchera sur le meurtre atroce de Gérald Lagesse – sont condamnés à 2 ans de prison ferme… Sentence que d’aucuns estiment légère et qui sera de surcroît convertie en 300 heures de travaux communautaires. Nous laissons au lecteur le soin d’apprécier la valeur à laquelle est ramenée, par extension, la vie de ce père de famille, employé de banque dont tous les collègues louent la gentillesse exemplaire. Ceux qui dispensent la justice comprendront aisément l’incompréhension du citoyen non rompu aux énigmes juridiques et qui s’interroge: la société mauricienne devrait-elle réclamer des dispositions légales plus sévères pour assurer sa protection? Le juge ne fait-il qu’appliquer la loi, votée, rappelons-le, par les parlementaires dûment mandatés par les citoyens lors des scrutins électoraux? La loi prévoit-elle une fourchette de punitions? Ces questions commandent une vulgarisation de ces subtilités par le biais des enrichissants Newsletters du DPP.
En attendant, nous partageons la douleur d’une famille qui, pouvons-nous imaginer,  voit son drame prolongé, confrontée à une difficulté décuplée pour faire son deuil. Qu’elle nous permette donc de rappeler les mots du missionnaire Pierre Thivollier qui, dans son magnifique livre ‘Toi qui cherches, toi qui doutes’,  expliquait que bien que le ‘départ’ d’un être cher puisse conserver un visage de souffrance, l’immense tristesse doit céder à l’espérance, celle d’une aurore, une sortie du tunnel qui débouche sur un horizon baigné de clarté, le seuil où ceux qui se sont aimés sur terre se retrouvent dans une atmosphère de famille. Éternellement.