BREAD & ROSES DE META-MORPHOSIS : L’art s’affiche dans la lutte syndicale en Belgique

Paru en juin 2017 à travers l’European Trade Union Institute, Bread & Roses est un livre conçu et réalisé entièrement par les Éditions Meta-Morphosis. Il raconte l’histoire artistique du syndicalisme belge et la vision des affiches de 2036 imaginées par 40 artistes belges et internationaux. Rencontre avec Axel Ruhomaully, le cofondateur de Meta-morphosis.

Bread and Rosesraconte la dimension militante et artistique des affiches syndicales et politiques. “Avec Franck Depaifve, artisan de Meta-morphosis, nous nous sommes intéressés à l’histoire des syndicats, qui est née en Belgique en 1886. On s’est rendu compte que toutes les luttes syndicales et sociales qui ont été menées depuis cette époque ont été réalisées avec la collaboration d’artistes qui à l’époque réalisaient des affiches qui étaient placardées sur les murs”, précise Axel Ruhomaully, qui est derrière l’initiative Moris Dime. Les affiches en ce temps-là ont évolué en fonction des influences artistiques.

Le livre révèle également la vision des artistes d’aujourd’hui pour les combats de demain. “Nous avons eu la collaboration d’une quarantaine d’artistes pour imaginer les affiches de 2036/2037.” Raison pour laquelle cette date a été choisie car ce sera les 100 ans de la semaine des congés payés et les premières vacances ouvrières en Belgique. “Les artistes ont eu le choix entre dix thèmes comme la robotisation, la réduction de temps de travail, l’égalité entre homme et femme, ou carte blanche pour imaginer les affiches.”

L’art véhicule l’émotion.

Le titre très évocateur de l’ouvrage fait écho à la grève de 1912 dans le Massachusetts aux États-Unis pour une réduction du temps de travail et a un sens particulier pour les Belges. “A la même époque la Fédération générale des syndicats luttait pour avoir la journée de huit heures et la semaine de 48 heures en Belgique”, souligne le Belgo-mauricien. De plus, Meta-morphosis a travaillé avec Sarah Oskarsson, une artiste plasticienne et peintre islandaise et aussi membre du Parti Pirate en Islande (un collectif d’artistes). “Elle est le symbole de l’art et voit la politique comme une expression artistique. Voilà pourquoi on a fait appel à elle pour le besoin du livre.”

“Nous nous sommes rendu compte que le lien qu’il y avait entre les syndicats et les artistes a été rompu à partir des années 80. C’est valable partout et également à Maurice. Sur les affiches syndicales, des revendications sont faites par des agences de communication, tandis qu’avant c’était vraiment l’artiste qui s’impliquait et s’exprimait à un désir de changement”, conclut-il.


Un livre sur l’histoire du patrimoine de Maurice

“Nous pensons faire un livre sur l’histoire du patrimoine et le savoir-faire mauricien. Notre but est de mettre en lumière les artistes et les talents bien de chez nous. Ce livre deviendra une sorte de carte de visite séduisante pour montrer le savoir-faire des Mauriciens, et il y en a beaucoup”, confie Axel Ruhomaully.