BUDGET 2017/18—IVAN COLLENDAVELLOO: Faire du CEB une corporation pour le rendre plus compétitif

Faire revivre un plan de corporatisation du CEB datant de 2005 pour le rendre plus compétitif. Pour autant, le CEB ne sera pas privatisé. C’est ce qu’a annoncé le vice-Premier ministre et ministre de l’Énergie et des Services publics, Ivan Collendavelloo, hier, lors des débats budgétaires, à l’Assemblée nationale. Il s’est par ailleurs dit convaincu que « si nous n’étions pas retournés en 2014, le pays aurait été confronté à un black-out pour une longue période ». Le VPM devait aussi estimer que « le marché des ingénieurs n’est plus saturé comme avant ».
Ivan Collendavelloo a annoncé qu’il fera revivre le plan de faire du CEB une corporation et qu’il soumettra une telle proposition au premier ministre. S’agissant de la CWA, il a indiqué que la Banque mondiale et l’International Finance Corporation financeront la réforme du secteur de l’eau à hauteur de USD 875 000, soit quelque Rs 31,2 M. Le nombre de foyers qui bénéficient d’une fourniture d’eau 24/7, selon lui, est passé de 116 000 en avril 2015 à 211 000 en 2017.
« Quand j’ai pris le ministère de l’Énergie, les secteurs de l’électricité, de l’eau et du Waste Water étaient dans un état d’abandon », a commencé par dire Ivan Collendavelloo. Pour exemple, il devait citer l’Utility Regulatory Authority Act, promulguée en 2004, « lorsque l’honorable Ganoo était ministre de l’Énergie. Rien n’a été fait après 2005. Bien sûr, il y avait des difficultés. Finalement, le Board a été constitué en 2016. J’ai moi-même été en Inde et en France à la Commission de Régulation et les deux pays ont accepté de nous aider. Sous la présidence du Pr Goolamhussen Mohamedbhai, je n’ai aucun doute que nous allons atteindre notre objectif bientôt ». Cela, pour la réalisation, entre autres, des permis d’opération et de commerce de produits électriques et la promotion de la compétitivité et de l’efficacité.
Concernant l’Energy Efficiency Office, le ministre indique avoir donné le mot d’ordre d’être plus agressif. Pour Ivan Collendavelloo, « le marché des ingénieurs n’est plus saturé comme avant. Avec tout ce qui se passe, avec ce que le ministre Bodha est en train de faire… Je crois que très bientôt, nous aurons besoin de recruter des ingénieurs de l’étranger. Avec la réforme au niveau de l’eau à la CWA, nous aurons besoin de recruter des ingénieurs ».
Il a aussi parlé du recrutement d’ingénieurs d’Inde et de Madagascar pour travailler à l’Energy Efficiency Management Office, qui ne compte qu’un seul ingénieur.
Chaque année, selon le ministre, « nous importons environ 60 000 climatiseurs. Nous devons bannir ceux qui consomment beaucoup d’énergie. Nous devons les label ».
S’agissant de la Radiation Protection Authority sous la présidence de M. Maudarbocus, l’instance, selon le ministre, « contrôle 122 employés sur une base régulière. Un nouveau projet de loi sera bientôt présenté pour remplacer celui existant ».
Au niveau du secteur de l’énergie, « à partir de 2010, jusqu’à 2014, nous avons eu droit à des déclarations ostentatoires sur Maurice Île Durable. Ces déclarations n’ont pas duré. Nous avions des personnes très capables qui travaillaient au sein de MID. Malheureusement, les recommandations n’ont jamais été appliquées. Moi, j’ai pris le rapport Manraj ».
Concernant l’eau, « ce secteur était en désarroi », soutient le ministre. « Le moral du personnel était à zéro. Aucun projet ne démarrait. Il y avait toutes sortes de prétextes pour ne pas faire quelque chose ». A la CWA, poursuit-il, « il y avait un poor leadership, de l’ingérence politique à tous les niveaux, d’importantes pertes d’eau (60 %), un désordre délibéré parmi les ressources humaines. Les employés étaient rémunérés par des contracteurs. En fait, la CWA était privatisée sans que personne ne le sache. De petits contracteurs réalisaient du profit grâce au copinage et il n’y avait pas d’investissement dans les infrastructures d’eau. La plupart des projets prenaient du retard ».
Le ministre ajoute qu’en 2013, « des dettes de Rs 226 M étaient tout simplement rayées sans aucune explication. La CWA avait une dette de Rs 2,4 milliards. Le gouvernement apporte une subvention de Rs 200 M chaque année. C’est ainsi que j’ai vu la CWA quand je suis arrivé. Année après année, le directeur de l’Audit tirait la sonnette d’alarme sur l’argent gaspillé ». Il devait même se permettre un jeu de mots, disant que « there was no check but cheques. Dès que le contracteur fait une demande, tout le monde signe et le contracteur est content ».
Ivan Collendavelloo devait aussi citer le Plaines-Wilhems Sewerage Contract où il y aurait eu « Rs 500 M d’extra ». Malgré des retards dans les travaux, dit-il, « on a enlevé les pénalités et payé Rs 500 M d’extra ».
Lorsqu’il venait de prendre ce ministère, « le premier problème dont j’ai entendu parler était la peur d’un black-out. Il y avait la peur que le CEB ne puisse répondre à la demande. Nous aurions eu à faire des délestages ciblés. Je suis convaincu que si nous n’étions pas revenus au pouvoir en 2014, nous ferions face à un black-out pour une longue période ».
Il devait lancer une pique au député de la majorité Bashir Jahangeer, disant qu’il ne faut pas confondre entre black-out et black-out accidentel. Ivan Collendavelloo a aussi annoncé que la production énergétique à travers le photovoltaïque croîtra de 400 % en 2018.




AURORE PERRAUD: « Perte de confiance dans le système tertiaire »
La députée du PMSD, Aurore Perraud, est d’avis qu’en deux ans, il n’y a eu que des « effets d’annonces » dans le secteur éducatif et que le gouvernement « stagne » dans ce domaine. Elle a relevé que « de plus en plus de jeunes préfèrent se tourner vers des institutions étrangères » ou encore privilégier le “distance learning”. Selon elle, « il n’y a aucune volonté politique pour développer le préscolaire », résultant au fait que « les enfants accumulent du retard » et que « cela entraîne les mauvais résultats ».
Aurore Perraud a rappelé que « depuis deux ans, l’Early Childhood Care and Education Authority n’a pas de directeur », déplorant « qu’il n’y a pas de plan stratégique pour la petite enfance et aucune mesure pour repenser » ce secteur. « Le MSM, le ML et ses transfuges ont trahi le peuple, provoquant la déception. Ils n’ont plus le droit moral de diriger. »


VISHNU LUTCHMEENARAIDOO: « Nous sommes une nation de bâtisseurs »
L’ancien ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo a livré sa vision de l’avenir du pays lors de son allocution, aux petites heures du matin. Selon lui, Pravind Jugnauth est le Premier ministre « dont le pays à besoin » en sus d’être « entouré de l’équipe qu’il faut pour maintenir le cap sur leurs objectifs » pour le pays. « Nous devons réinventer notre vision du futur. Nous sommes une génération de génies, un pays uni. Nous avons réussi la où plusieurs pays africains n’ont pas réussi. Nous devons voir plus devant, élargir notre économie avec les nouveaux piliers, comme l’économie océanique. Nous devons en profiter. Nous sommes une nation de bâtisseurs ! » dit-il. Et ajouter de plus que « nous devons apprendre à être heureux avec moins », rappelant que « les ressources ne sont pas illimitées et que l’environnement mondial ne joue pas en notre faveur ».



VEDA BALAMOODY: « Le budget manque de clarté »
Le député mauve Veda Balamoody a fustigé l’Alliance Lepep lors de son discours sur le budget, soutenant que « le MSM n’a pas tenu ses promesses, faites en 2014 », avec sir Anerood Jugnauth au poste de Premier ministre pour cinq ans et Vishnu Lutchmeenaraidoo en tant que ministre des Finances. Pour lui, « c’est désormais un gouvernement de transfuges, comprenant un Premier ministre qui n’a pas été choisi par le peuple et qui préfère garder le portefeuille des finances, parce qu’il ne peut faire confiance à personne ». Veda Balamoody soutient que le nouveau budget « manque de clarté et n’a aucune cohérence », rappelant les nombreux projets qui n’ont toujours pas vu le jour. Il a aussi déploré « la mafia » qui a infiltré les institutions, le cas du senior advisor au PMO Prakash Maunthrooa, qui répond d’une accusation de corruption en cour, les « interférences politiques » et les « abus de fonds publics ». Autant d’items, selon lui, qui démontrent que le gouvernement « n’a plus aucune crédibilité ».