• À prévoir, au moins deux heures pour la lecture du discours du Budget à partir de 16h le lundi 10
  • Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, donnera le coup d’envoi aux débats budgétaires le jeudi 13 avec, également au programme, le porte-parole du MMM sur l’économie, Reza Uteem
  • Le “summing-up” par le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, annoncé pour le lundi 24, et pas de Question Time pour la séance du mardi 25

À l’hôtel du gouvernement, la “Budget Cell”, menée par le secrétaire financier Dev Manraj, et comprenant également les Top Chefs de Lakwizinn du Prime Minister’s Office, aborde la dernière ligne droite des préparatifs autour du “Budget Speech”. À ce stade, très peu d’indications ont filtré quant à la teneur de la gamme de mesures envisagées pour le dernier budget du présent mandat de Lalyans Lepep, même si l’architecture globale de l’exercice a déjà été arrêtée. En parallèle, les consultations ont été déjà engagées en vue de définir le calendrier des débats à l’Assemblée nationale avec le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, intervenant le jeudi 13, et le même jour le principal porte-parole du MMM sur l’économie, Reza Uteem. Tout semble indiquer que l’objectif du gouvernement est de prévoir le “summing-up” du Grand Argentier pour le lundi 24 avec l’élimination de la séance du Question Time du mardi 25 vu que l’examen en “Committee Stage” des “Budget Estimates” aura été engagé.

D’ici le prochain week-end, les hauts fonctionnaires du Prime Minister’s Office et des Finances de même que les proches collaborateurs du Premier ministre sont appelés à mettre la dernière main au discours du Budget, des “Closed-Door Sessions” en série se déroulant jusqu’à fort tard dans la soirée. « Nous en sommes au stade de la “finishing touch” dans le discours du Budget. Le gros du travail a déjà été complété », fait-on comprendre du côté de l’hôtel du gouvernement en ce début de semaine, sans toutefois aller plus loin dans les détails.

Toutefois, l’un des dossiers brûlants qui surgira lors des débats demeure la problématique de la progression de la dette publique depuis décembre 2014 à ce jour, l’opposition faisant le procès du gouvernement à ce chapitre. Dans le camp du gouvernement, l’on se prépare à la riposte avec la liste des projets d’infrastructure et autres mis en chantier au cours de ces dernières années. Il y a encore le volet social, qui retient l’attention avec tout le débat relancé sur l’épineux problème du vieillissement de la population et du “targeting” de la pension de vieillesse, ou encore la révision à la hausse du taux de l’Old-Aged Pension.

Au chapitre des secteurs économiques, les principaux piliers, à savoir le tourisme, le textile, l’industrie sucrière et le Global Business Sector, demeurent “High on the Agenda” en raison de la conjoncture difficile. Il ne fait aucun doute qu’avec ce dernier budget avant les prochaines élections générales devant se tenir avant le 20 mai de l’année prochaine au plus tard, le leader de Lalyans Lepep, Pravind Jugnauth, tentera le tour de force de proposer des mesures susceptibles d’alléger le fardeau de la communauté des planteurs de cannes.

D’autre part, des mesures d’urgence s’imposent pour relancer la machinerie manufacturière, notamment les exportations. D’ailleurs, les “Minutes of Proceedings” de la dernière réunion du Monetary Policy Committee de la Banque de Maurice mettent en exergue les répercussions du dérapage de déficit des échanges commerciaux. « Preliminary estimates of Mauritius’ balance of payments have pointed to a worsening of the current account deficit to 6.3 per cent of GDP in 2018Q4, that stemmed mainly from the widening goods account deficit coupled with a lower surplus on the primary income account, but which were partly dampened by surpluses on both the services and the secondary income accounts. A wider deficit on the goods account associated with higher imports geared to major infrastructure projects would raise the current account deficit from 5.8 per cent of GDP in 2018 to 5.9 per cent of GDP in 2019. This would, however, be fully funded from higher net inflows on the capital and financial account », note ce document accessible sur le Website de la Banque de Maurice.

Le mauvais départ de l’industrie touristique, avec la Banque centrale révisant à la baisse les prévisions de recettes brutes pour cette année et les engagements fermes pris en vue de revoir le cadre fiscal du Global Business Sector, sont autant de facteurs devant être tenus en ligne de compte dans le cadre du budget 2019/20 par l’hôtel du gouvernement.
Avec un “Budget Speech” d’une durée de deux heures à partir de 16h lundi, l’hôtel du gouvernement a déjà esquissé le calendrier des débats à l’Assemblée nationale. Ainsi, le leader de l’opposition donnera la réplique aux propositions budgétaires du gouvernement le jeudi 13 avec également au programme Reza Uteem, et d’autres intervenants venant des rangs du gouvernement et de l’opposition. En principe, le PMSD disposera de cinq heures à être réparties entre ses parlementaires, le MMM quatre heures et demie, le parti Travailliste environ quatre heures. Il faudra également accommoder les députés Alan Ganoo, Jean-Claude Barbier, Kavi Ramano et Danielle Selvon.

À ce stade, le gouvernement ne prévoit pas de séances parlementaires le samedi mais des débats quotidiens sont prévus du lundi 17 au vendredi 21 avec le Summing-up le lundi 24. L’adoption des Budgetary Estimates, après l’examen en comité, est annoncée pour le vendredi 28.

Reeaz Chuttoo: « PRGF doit avoir un 1st Right Mortgage »

Reeaz Chuttoo, de la Confédération des Syndicats du Secteur Privé (CTSP), maintient l’urgence pour le gouvernement de faire adopter le Portable Retirement Gratuity Fund (PRGF) revu et corrigé. Et cela en priorité aux amendements à l’Insolvency Act. Toutefois, la CTSP conteste la posture adoptée par le gouvernement et le secteur privé que cette compensation à la retraite soit payée sur le salaire minimum.

« Nous sommes conscients que des lobbies exercent de fortes pressions pour que la formule du Portable Retirement Gratuity Fund ne tienne en ligne de compte que le salaire minimum de l’employé du privé. Nous rejetons cette démarche et nous sommes sur nos gardes à cet effet. Nous réclamons que le PRGF soit considéré comme une First Right Mortgage de même que le National Pensions Fund pour éviter toute surprise », affirme le dirigeant de la CTSP en attendant que le gouvernement ne dévoile ses batteries.