Alors que le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a expliqué qu’il présente le Build Operate Transfer Projects Bill dans le sillage de sa Vision 2030 pour moderniser les infrastructures de Maurice, le leader de l’opposition, Paul Bérenger, a affirmé que ce projet de loi n’a aucun autre objectif que de « contourner le Central Procurement Board ».
« L’année dernière, j’ai présenté ma Vision 2030. J’avais alors parlé de la recherche d’alternative pour moderniser les principales infrastructures de Maurice. Mon gouvernement s’est engagé à moderniser les infrastructures du pays. En tant que ministre des Finances, je m’assure pour que de tels investissements n’affectent pas nos dettes, ni les futures générations. C’est le principal objectif du Build Operate Transfer Projects Bill », a expliqué le Premier ministre et ministre des Finances, sir Anerood Jugnauth.
Selon SAJ, des études de grandes universités de par le monde ainsi que d’institutions comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement recommandent un approche « Build Operate Transfert (BOT) ». « Malheureusement, Maurice est en retard dans ce domaine », a-t-il soutenu. « Ce projet de loi a pour principal objectif d’établir un cadre légal pour la réalisation des projets de développement selon des accords BOT ».
Le PM a ensuite élaboré sur les divers articles de ce projet de loi, mécanisme du BOT, les fonctions de la BOT Projects Unit, celles de la « contracting authority » et sur l’implication du Central Procurement Board (CPB) dans ce mécanisme.
Succédant au chef du gouvernement, le leader de l’opposition, Paul Bérenger, a insisté que ce projet de loi n’a d’autre objectif que de « contourner le CPB quand il s’agira de projets de gouvernement à gouvernement ». « Je ne serai pas surpris que le gouvernement ait en tête le projet de Heritage City. C’est mauvais et dangereux », a-t-il martelé. Il s’est indigné qu’à la place il y ait un « fast-track High Powered Committee ». « Désormais, quand il s’agira de projets gouvernement à gouvernement, on contournera le CPB », a-t-il insisté.
Paul Bérenger ajoute qu’il y a toujours une Public Private Partnership (PPP) Act en vigueur. « Le PPP offre un plus large éventail de possibilités de financement public-privé que le BOT qui n’en est qu’une petite partie ». Par ailleurs, poursuit-il, le PPP tombe sous l’égide du ministère des Finances tandis que la BOT Projects Unit tombe sous un Procurement Policy Office. « Sous la PPP Act c’est le Conseil des ministres qui approuve un projet, tandis qu’avec ce projet de loi, on ne fait qu’informer le Conseil des ministres à travers le ministre concerné », s’est-il offusqué. « Au moins l’ancien Premier ministre avait-il le courage de dire qu’il voulait tout contourner parce que cela prenait trop de temps ».
Paul Bérenger a d’autre part estimé que le gouvernement n’a pas écouté les conseils du Fonds monétaire international qui mettait en garde contre certains manquements dans ce type de financement pour la santé économique du pays. « Gare à un crash d’une proportion massive en cas de problème », dit-il.