L’on n’est certainement pas prêt à oublier la terrible tuerie survenue à Christchurch en Nouvelle Zélande, vendredi dernier, 15 mars, faisant 50 victimes, dont un Mauricien. L’horreur qui caractérise cette agression a pris le monde entier de court. En Nouvelle Zélande, comme aux quatre coins du monde, l’on peine toujours à se remettre de cette barbarie inimaginable et qui, pire, a été relayée via des réseaux sociaux en direct. Puisque Brenton Tarrant, cet Australien de 28 ans qui a ouvert le feu sur les personnes se trouvant, à ce moment-là, dans les mosquées qu’il a ciblées, n’a trouvé guère mieux que de se coller une caméra sur le torse pour capter chaque seconde de son « forfait », tandis qu’il mitraillait tout ce qui bougeait devant lui, quand il a pénétré les deux mosquées de Christchurch !

Voilà où nous en sommes en 2019 : un décérébré appartenant à un mouvement extrémiste, décide, un beau matin, de prendre les armes, au nom de cet « idéal ». Et pour rendre immortel son acte, il se filme et diffuse son action, instantanément. Alors même qu’il pointe ses armes sur hommes, femmes, enfants, vieux, handicapés… puisque rien ne lui échappe, l’homme a, dans sa folie meurtrière, tenu à partager avec le monde entier la démesure de son acte. D’aucuns peinent, évidemment, à comprendre cette indicible horreur qu’a nourrie et cultivée cet humain pendant plusieurs jours et semaines. Acte d’une atrocité à la limite de l’imagination, qu’il a mis à exécution avec un sang-froid glaçant. Ni plus, ni moins. La bêtise, autant que l’horreur, semblent ne plus avoir de limite, hélas !

Parmi les victimes de la boucherie de Christchurch, un ressortissant mauricien : Mohamad Moosid Mohamedhosen, 54 ans. Ces dernières années, nombreux sont nos compatriotes qui ont été recensés comme faisant partie des victimes de drames internationaux : tremblement de terre, incendie, attentat, accidents, fusillade… Le monde étant devenu un village global depuis plusieurs décennies déjà, les Mauriciens se retrouvent partout, autour de la planète, dans les recoins peut-être les plus inattendus !

Par ailleurs, le drame des ex-ouvriers de l’usine Palmar Ltée se poursuit. Mauriciens comme étrangers qui y travaillaient ne savent plus vers qui se tourner, en retour d’un peu de compassion, l’espoir de retrouver un emploi et un salaire, et d’une sortie de crise. Leurs larmes, aux femmes autant qu’aux hommes, car le désespoir ne connaît pas de genre, nous rappelle le drame réel qu’ils vivent.

Et quand on sait que ces difficultés économiques n’ont pas fini de faire de victimes, on ne peut que s’interroger sur comment le pays parviendra à absorber ces secousses ? Combien d’autres mères et pères de famille vont se retrouver à la rue, sans recours ni moyens pour faire vivre les leurs ? Auront-ils des alternatives à proposer à ces personnes, ou est-ce que celles-ci seront contraintes à mendier, vivoter de petits boulots, alors qu’une large frange de la population vit déjà dans une grande précarité sociale ?

Heureusement, cependant, un éclair d’espoir a ramené un beau coin de ciel dégagé : ce sont nos jeunes qui sont descendus dans la rue, la semaine dernière. Pour prendre position en faveur d’une vigilance et d’une prise d’actions relative aux changements climatiques. Cet élan et cette fougue illustrés par les jeunes marcheurs insufflent un quantum d’espérance certain que tout n’est finalement pas pourri au paradis ! Et par incidence, en prouvant qu’ils sont conscientisés et prêts à agir sur ce plan et sur d’autres, ces jeunes envoient, dans le même temps, un signal fort : il faudra compter avec eux. Et c’est tant mieux. L’on ne peut que prier pour que cet élan gagne le plus grand nombre de nos jeunes, à travers le pays, pour qu’une nouvelle génération prenne les devants et des initiatives qui mèneront la vie dure aux dynasties interminables et autres népotismes indécrottables.

Husna RAMJANALLY