BUSINESS MAURITIUS : « Nos appels ont été entendus »

« La taxe réduite à 3% des profits réalisés à l’exportation dynamisera le secteur de l’exportation », déclare Arnaud Dalais

« On est sorti de l’hémicycle en ayant l’impression que nos appels ont été entendus. » Telle a été la première réaction d’Arnaud Dalais, président de Business Mauritius, organisme regroupant les différentes associations sectorielles du privé, lors d’un point de presse suivant la présentation du budget 2017/18.
Arnaud Dalais, avec à ses côtés le CEO de Business Mauritius, Raj Makoond, et les dirigeants des organisations sectorielles, s’est appesanti sur le fait que les propositions émises de part et d’autre lors des consultations prébudgétaires ont eu « un écho favorable » chez le Premier ministre et ministre des Finances. Il s’est référé en premier lieu à la décision d’appliquer un taux d’imposition réduit de 3% sur les profits réalisés par les sociétés sur leurs exportations, faisant ressortir que cette mesure donnera « un coup de pouce » aux entreprises exportatrices, surtout à un moment où les exportations du pays semblent être en panne. Business Mauritius est d’avis qu’avec cette taxe réduite, le pays sera dans une position d’élargir son « export base ». À la question de savoir si la baisse du taux d’imposition des profits s’appliquera à l’ensemble des entreprises exportatrices, les dirigeants de Business Mauritius ont laissé entendre que, selon les notes explicatives annexées au discours du budget 2017/18, et qui portent sur les principales dispositions que contiendrait le Finance (Miscellanoeus Provisions) Bill 2017, mention est faite de l’application de cette taxe de 3% sur les « profits derived by any company from exportations of goods ».
Outre la possibilité que cette réduction de taxe encourage les entreprises domestiques à se tourner vers l’exportation, Business Mauritius considère que le budget 2017/18 contient une « panoplie de mesures en faveur de la facilitation des affaires » et qui vont dans la direction préconisée par le secteur privé lors des discussions prébudgétaires. Raj Makoond a fait état, entre autres, de la création d’un Economic Development Board (EDB) qui regroupera le Board of Investment, Enterprise Mauritius, la Financial Services Promotion Agency et le Mauritius Africa Fund. « L’EBD comprendra trois directoires, dont l’un spécialisé dans la planification du développement économique. Nous avons toujours plaidé en faveur d’une institution dont la tâche consisterait à faire de la planification du développement économique, et cela dans la durée. Maurice va donc renouveler avec une approche qui avait cours dans le passé », a expliqué le CEO de Business Mauritius.
Le secteur privé se réjouit également de la décision de créer une unique agence pour s’occuper de toutes les questions ayant trait à l’octroi des permis d’opération. « Nous savons que nous devons faire mieux au niveau de la facilitation des affaires car il ne faut pas oublier que nous avons perdu 17 places dans le dernier classement de la Banque mondiale sur l’Ease of Doing Business », souligne la direction de Business Mauritius, qui pense qu’avec la mise en place d’une platefore d’e-licensing, les conditions sont réunies pour que Maurice grimpe dans ce classement.
Business Mauritius note avec satisfaction le renouvellement du National Skills Development Programme (NSDP) et considère que le budget 2017/18 contient des mesures d’incitation à la formation professionnelle. Le secteur privé, a annoncé Raj Makoond, est prêt à jouer son rôle pour la réussite du NSDP.
Arnaud Dalais a observé pour sa part que le budget 2017/18 met aussi l’accent sur le prolongement de la politique d’ouverture de l’économie avec l’introduction de mesures en faveur du recrutement de la main-d’œuvre étrangères, notamment dans le secteur de la construction. La transformation du Mauritius Research Council en un Mauritius Research and Innovation Council est aussi bien accueillie par le secteur privé, qui affirme qu’il peut jouer un rôle important dans la promotion de l’innovation.
Faisant référence aux prévisions macroéconomiques annoncées hier par le grand argentier, Business Mauritius soutient que la baisse du déficit budgétaire de 3,5% du Produit intérieur brut (PIB) en 2016/2017 à 3,2% en 2017/2018 est « la bienvenue » et trouve que la réduction de la dette publique consolidée de 66,1% du PIB en juin 2017 à 63% en juin 2018 est « une nécessité ».
Par ailleurs, Business Mauritius se dit « heureux de constater » l’introduction d’une mesure fiscale à forte portée sociale, plus précisément le système de « Negative Income Tax » sous lequel le gouvernement prévoit le paiement d’une assistance financière à des personnes économiquement faibles et qui sont en « full time employment ». Selon les nouvelles dispositions qui seront contenues dans le Finance Bill, des paiements gradués et sur une base semi-annuelle seront consentis à des personnes : de Rs 100 à un employé touchant plus de Rs 9 750 (mais moins de Rs 9 900 par mois); et jusqu’à Rs 1 000 à celui dont les salaires mensuels ne dépassent pas Rs 5 000. Arnaud Dalais a qualifié cette mesure de « très courageuse » et « qui est la bienvenue ».
Le président de Business Mauritius conclura en soulignant que le « budget 2017/18 va dans la direction de faire de Maurice une “high-income economy” », ajoutant que le budget « favorise la formation et l’ouverture de l’économie ». Le secteur privé est d’avis que le budget boostera l’exportation et la diversification de l’activité économique.
À une question concernant l’introduction d’un « solidarity levy » de 5% sur tous les revenus imposables (incluant les dividendes obtenus) en excès de Rs 3,5 millions, Arnaud Dalais a déclaré que Business Mauritius accueille favorablement l’introduction de la « Negative Income Tax » et qu’il faut démontrer une certaine solidarité. « Nous prenons note de l’application de la “Solidarity Levy” et nous pensons qu’elle va s’arrêter là », a-t-il ajouté.