Avec une population d’un millier d’habitants, Camp de Masque Pavé, village contigu à Camp de Masque, se trouvant non loin de Petit Paquet et de St-Julien, est entouré de montagnes et de champs de canne. Visiter cette région rurale du district de Flacq permet de découvrir un endroit à vocation agricole, quiet et plein de charme. En ce lundi matin, le village est paisible, les rues désertes, offrant un apaisement agréable. A première vue, rien ne trahit l’agitation de naguère et le coeur encore meurtri de ses habitants. C’est pourtant ici, dans ce hameau paisible, que la violence a fait soudainement irruption, frappant de deuil une famille entière et mettant ses habitants hors d’eux-mêmes.
Al’entrée de Camp de Masque se dresse, comme un énorme totem, une sculpture en béton représentant un ananas. Un rappel aux visiteurs que le village est réputé pour sa culture et l’excellence de ses ananas. Ici, on cultive la terre, sinon dans des champs, du moins dans sa cour. Pour les habitants, la prospérité est liée au labeur agricole. Champs de cannes, ananas, bananeraies couvrent une bonne partie de la surface arable et les hôtes des lieux tiennent à honneur de produire les meilleurs fruits et légumes.
La famille Proag est connue ici pour leur savoir-faire dans la culture d’ananas. Selon l’un des trois frères, représentent la troisième génération de cultivateurs et exportateurs d’ananas, Sudesh Proag que nous rencontrons dans les locaux de son entreprise, Ananas Victoria Ltée, leur production s’élèverait à 1000 tonnes par an et destinée à l’exportation, principalement la France (Paris, Marseille) ainsi qu’à une vingtaine d’hôtels à Maurice. L’ananas est cultivé sur 150 arpents disséminés sur plusieurs régions, dont Clémencia et St-Julien.
Dans cette entreprise, tous les employés s’activent, car, après la cueillette, il faut préparer les fruits pour les acheminer dans les vingt-quatre heures vers les différentes régions françaises. Ainsi, une fois les fruits sélectionnés selon leur poids, s’ensuivent les étapes de lavage, nettoyage, séchage et mise en boîte. Ils sont ensuite placés dans des boîtes selon 8 poids différents et conduits à l’aéroport.
Une chose est sûre, à Camp de Masque Pavé, les agriculteurs ne se tournent pas les pouces. Hors les cultures d’ananas, les bananeraies sont aussi nombreuses. Toutefois, il faut le reconnaître, elles ne sont pas toutes belles à regarder, certaines ont été touchées par les moucherons de bananes, nous dit-on, et qui sont destinées au rebut. C’est un mal qui s’est répandu un peu partout dans la région, dit-on.
Camp de Masque Pavé abrite aussi une autre petite entreprise familiale, spécialisée, elle, dans la production de grains secs et d’épices en poudres. Ananas Victoria, Dehydrating and Milling Ltd est aussi une affaire de famille. Ici, les matières premières (épices) sont en provenance de l’Inde, de Singapore, de l’Australie et de l’Argentine. Comme toute matière première agricole, le safran, l’anis, le curcuma, la cardamome, le poivre, clou de girofle, cannelle, coriandre, sont traités, nettoyés et broyés avant d’être emballés et placés dans les différents commerces à travers l’île. Le fumet de ses épices ne manquera pas d’ouvrir l’appétit de certains.