CAMPAGNE ÉLECTORALE — À SIX SEMAINES DU SCRUTIN : Le N°18 ne fait pas exception

  • La logique des partielles respectée avec un nombre élevé de candidats, soit 40 pour un siège à pourvoir à l’Assemblée nationale
  • Six femmes, 13 candidats âgés de plus de 60 ans, seulement deux dans la trentaine, et 17 indépendants engagés dans la bataille électorale
  • L’alliance MSM-ML, qui avait remporté ce siège lors des législatives du 10 décembre 2014, confirme son forfait
  • Avec l’échéance des désistements de mardi à 15h, l’Electoral Supervisory Commission se réunira ce même après-midi pour approuver et procéder à l’allocation des symboles aux candidats

À la clôture du dépôt des candidatures pour l’élection partielle du dimanche 17 décembre, la circonscription de Belle-Rose/Quatre-Bornes (N°18) ne fait pas exception. Les 40 candidats encore en lice s’inscrivent dans l’engouement pour les partielles, avec notamment un nombre similaire pour le scrutin de 1998 à Flacq/Bon-Accueil (N°9) avec Satish Faugoo du Parti travailiste faisant son entrée en politique, les 38 de 2009 à la partielle de Moka/Quartier-Militaire (N°8) avec Pravind Jugnauth bénéficiant du soutien actif du PTr pour effectuer son come-back à l’Assemblée nationale, les 37 candidats de décembre 2003 à Piton/Rivière-du-Rempart (N°7) avec l’élection de Rajesh Jeetah face à un dénommé Prakash Maunthrooa. Toutefois, les 26 candidats de septembre 1999 à Beau-Bassin/Petite-Rivière (N°20) et l’ombre d’Éric Stauffer de triste mémoire font pâle figure. L’on notera également pour les besoins de comparaison que pour les élections générales du 10 décembre 2014, le nombre de candidats pour les trois sièges à pourvoir à l’Assemblée nationale était de 46.
L’alliance gouvernementale MSM-ML, qui avait remporté les trois sièges, avec la présence du PMSD dans ses rangs lors des dernières législatives, a confirmé son forfait dans cette élection partielle, intervenant techniquement à deux ans de la prochaine échéance législative. À hier, rares étaient les dirigeants de la majorité à s’aventurer à visage découvert pour donner les raisons de cette décision politique, alors que dans les rangs de l’opposition, l’argument est de toute évidence, comme l’a dit l’ancien Premier ministre et leader du PTr, Navin Ramgoolam, dont le parti au gouvernement avait séché la partielle du N°8 de début de 2009 pour faire le jeu du même Pravind Jugnauth. « MSM koné li pou gagn enn bon raklé dans N°18 », devait-il faire comprendre, entre autres.
Du côté de la Commission électorale, la satisfaction est de mise devant le déroulement du Nomination Day à la Sodnac State Secondary School, avec le Returning Officer, le Senior Magistrate, Raj Seebaluck, et ses proches collaborateurs assurant un quasi sans-faute. D’abord, tous les 40 candidats ont souscrit volontairement aux dispositions du Code of Conduct, qui a été avalisé par l’Electoral Supervisory Commission, présidée par Me Yousouf Aboobaker, Senior Counsel, lors de la réunion de mardi dernier.
D’autre part, en vue d’assurer une plus grande transparence dans cet exercice démocratique et pour être dans l’air du temps, le commissaire électoral, Irfan Rahman, a procédé au lancement, hier matin, d’une nouvelle application informatique permettant à la population de suivre les derniers développements en temps réel. Ainsi, avec cette application accessible sur byelection2017.govmu.org, l’évolution du dépôt de candidatures a pu être suivie en direct, avec le nombre total de candidats en lice de même que des premiers renseignements disponibles dans les minutes suivant la fermeture du Nomination Centre. Tout semble indiquer que le même dispositif informatique sera disponible le jour du scrutin pour des détails sur l’évolution du taux de participation dans les 13 centres de vote de la circonscription, avec un potentiel de 42 052 électeurs ou encore le dépouillement des bulletins de vote le lundi 18 décembre en prévision de la proclamation officielle des résultats.
Commentant l’étape du Nomination Day, le commissaire électoral se félicite de la maturité dont ont fait preuve les différents stakeholders et exprime le souhait que « la campagne se déroule dans le calme et le respect de l’adversaire jusqu’à la proclamation officielle des résultats et même après. » Il a également fait allusion aux grandes lignes du code de conduite pour cette partielle et la nécessité pour les candidats et leurs lieutenants de les respecter et de les mettre en pratique. Le commissaire électoral prévoit également d’animer une réunion avec les candidats et leurs Campaign Managers dans les jours à venir pour mettre au point les détails pratiques sur le plan électoral.
Nouvelle
tournure
Le prochain rendez-vous de la Commission électorale est fixé à mardi à 15 heures, échéance pour le retrait des candidatures. Des désistements sont possibles au cours de ces deux prochains jours avec les candidats se rendant en personne au QG de la Commission électorale. À ce jour, sur les 40 candidats inscrits, six sont des femmes, soit 15%, alors que 13 des candidats sont âgés de plus de 60 ans. Seuls deux candidats sont dans la trentaine, avec 25 dans la fourchette d’âge de 31 à 60 ans. 23 d’entre eux ont bénéficié de l’investiture d’un parti politique et les 17 autres classés en tant que candidats indépendants. À ce stade, il est prématuré de s’aventurer pour avancer un chiffre sur le nombre de retraits et encore sur le nombre de candidats qui seront en mesure « sov zot kosyon » de Rs 1 500, montant remis au Returning Officer hier.
Après 15h mardi, la Commission électorale devra enclencher d’autres procédures. L’Electoral Supervisory Commission, qui se réunira ce jour-là à partir de 15h30, devra approuver et allouer les symboles à chacun des candidats sur le bulletin de vote. À ce stade, l’impression des bulletins de vote ne devrait pas poser de problèmes. Des consultations seront engagées entre la Commission électorale, l’Imprimerie du Gouvernement et les Police Heaquarters pour mettre au point le calendrier d’impression. « Un fois les bulletins de vote imprimés et livrés à la Commission électorale, ils devront être placés sous surveillance des membres de la Special Mobile Force 24h/24 jusqu’au jour du scrutin. Sur avis de l’Electoral Supervisory Commission, nous allons prendre la décision la plus appropriée », a fait comprendre Irfan Rahman à Week-End. L’impression des bulletins de vote pourrait se faire au plus tôt vers la fin de novembre, avec une partie des locaux de la Commission électorale transformée un no go area jusqu’au vendredi 15 décembre, quand interviendra le transfert ds urnes avec des bulletins de vote dans les postes de police situés dans les limites de Belle-Roose/Quatre-Bornes.
En tout cas, dès ce week-end, la campagne électorale amorcera sur le terrain une nouvelle tournure, avec une lutte sans merci entre les partis d’opposition, alors que les observateurs politiques seront en quête de la moindre indication au sujet de la consigne de vote que pourrait donner l’alliance gouvernementale aux électeurs du N°18 à la veille du vote…